Pour prendre la mesure de la malhonnêteté intellectuelle de Pierre Haski, je vous recommande la lecture de sa dernière chronique « La guerre permanente d’Israël » dans Le Nouvel Obs.
Tout n’est que prétexte – sur le mode de l’insinuation – pour accabler Israël et le désigner comme le fauteur de trouble au Moyen-Orient. Lorsqu’il évoque l’attaque du 7 octobre perpétrée par le Hamas, Haski la qualifie simplement : d’« énorme faillite de la sécurité israélienne », manière bien perverse de désigner le coupable en inversant l’agresseur et l’agressé. La violence du pogrom, les massacres de civils juifs, les kidnappings et les viols de femmes israéliennes passent à l’as. Le responsable de la situation, c’est bien sûr, Benyamin Netanyahu dont Pierre Haski nous enseigne qu’il est une « personnalité clivante ». Être « clivant », c’est en réalité le propre de tout leader politique dans une démocratie normale où une moitié des électeurs vous élit et une autre moitié vous rejette. Le chroniqueur du Nouvel Obs emploie à dessein ce terme vague mais très en vogue qui sert à stigmatiser le méchant et à désigner l’infréquentable. (Curieusement, je n’ai jamais lu sous la plume de Pierre Haski que Nasrallah, Sinwar, Khamenei… étaient « clivants »). Après cette entrée en matière, Pierre Haski dénonce l’« approche belliciste » de Netanyahu. Traduisez : la guerre dans la région, c’est la faute des Israéliens qui n’attendent que le premier prétexte pour envoyer leurs chars et leurs avions alors qu’il y a plein de solutions pacifiques qui marcheraient beaucoup mieux et qui d’ailleurs ont fait leurs preuves depuis des lustres. Haski, rajoute une pincée de complotisme et de diabolisation : C’est toujours l’affreux Netanyahu qui, dit-il, a « entraîné Donald Trump dans le piège de la guerre en Iran ». Pour Haski, le président américain et le Pentagone ne seraient que des marionnettes dans les mains des Israéliens qui les auraient intoxiqués en leur faisant croire à un danger iranien, totalement imaginaire. En conclusion, Haski procède à une nouvelle inversion : la puissance militaire israélienne, écrit-il, « enracine un peu plus les haines ». Israël, coupable de n’avoir pas su prévenir le 7 octobre est cette fois coupable de se défendre contre l’Iran et de l’emporter. Selon le chroniqueur, ce n’est pas parce qu’il est confronté à un ennemi mortel qui lui voue une haine irréductible qu’Israël est contraint de se défendre. C’est parce qu’il se défend qu’il suscite la haine. Une haine d’Israël que le raisonnement de
@pierrehaski semble vouloir légitimer, même s’il ne le dit pas explicitement.
