La déclaration d’un haut responsable du Hezbollah à la chaîne d’information américaine NBC est d’une clarté et sans aucune ambiguïté :
“Nous sommes satisfaits du cessez-le-feu et n’avons aucune intention de nous désarmer.”
En une phrase, tout est dit!
Que vaut un cessez-le-feu lorsqu’il ne s’accompagne d’aucune remise en cause de la capacité militaire de ceux qui, au nom d’un pays tiers qui est l’Iran, qui sont une milice terroriste au sein d’un État, mènent une guerre contre Israël ?
Que signifie une “pause” quand elle sert, de fait, à préserver intact l’outil de guerre ?
Ce type de déclaration ne relève pas de la provocation gratuite. Il s’agit d’une stratégie assumée : accepter le calme, refuser toute transformation pour continuer à exister, pour continuer à déstabiliser la région.
Le 16 avril 2026, Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien et figure influente de la République islamique, a déclaré que le Hezbollah au Liban et l’Iran “ne font qu’un”.
Le cessez-le-feu devient alors un instrument, non pas de paix, mais de gestion du temps.
Un temps utile pour se réorganiser, se renforcer, reconstituer ses capacités, consolider ses positions. L’histoire récente de la région montre que ces trêves ne produisent ni stabilité durable ni confiance mutuelle.
Plus encore, cette posture met en lumière une contradiction fondamentale :
Peut-on prétendre à un apaisement tout en sanctuarisant les conditions d’une future escalade ?
Refuser le désarmement, c’est refuser l’idée même d’un changement de paradigme. C’est inscrire le conflit dans une continuité, avec des interruptions tactiques mais sans horizon politique réel.
Pour les acteurs internationaux, souvent prompts à saluer chaque cessez-le-feu comme une avancée, la tentation est grande de se satisfaire d’un calme relatif. Mais la paix ne se mesure pas à l’absence temporaire de tirs. Elle se construit sur des engagements concrets, vérifiables, réciproques. Sans cela, elle n’est qu’un mirage diplomatique.
Ce type de déclaration devrait donc servir d’alerte :
Un cessez-le-feu sans désarmement n’est pas une solution, c’est un sursis.
Et un sursis, par définition, ne règle rien, il repousse simplement l’échéance.
La vraie question n’est pas de savoir si cette trêve tiendra dix jours ou davantage. Elle est de savoir si l’on accepte, collectivement, qu’un cessez-le-feu puisse être une fin en soi, ou si l’on exige qu’il soit enfin le début de quelque chose.
Shabbat shalom et bon week end à toutes et tous.
(Photo: Soldats israéliens sur un char dans le nord d’Israël, près de la frontière avec le Liban)
© Stéphane Gozlan סטפן זאב גולדין
