Bouts de souffle
J’ai peint sur les peaux de lézard de l’atelier de mon père maroquinier ces pauvres estropiés aux visages cachés par des masques à gaz . On distingue des femmes , des hommes des enfants . Ils sont alignés , ils seront bientôt entassés et nous tous devinons qui ils sont et où ils sont .Ils sont là qui nous regardent. Ils seront bientôt à « bout de souffle « et nous tous savons pourquoi . Je leur ai peut-être donné un peu de répit, un peu d’air , quelques bouts de souffle . Mes peinture ont voulu leur faire gagner du temps , les sauver , en vain . En cette période de déconfinement, j’enlève mon masque et je pense à eux. Kenigsman. 18 mai 2020
