Enfant, sachant à peine lire, j’ai vu un enfant en noir et blanc sur la couverture d’un livre. Il était maigre à en faire peur, avait les yeux très grand ouverts d’étonnement et de frayeur, et il portait un habit entièrement rayé. Je ne le connaissais évidemment pas, mais il avait, cousue sur sa veste-chemise, une étoile, la même que mon grand frère m’avait appris à dessiner et sous laquelle j’avais prié. J’ai donc spontanément vu en lui mon égal, je me suis vu égal à lui, j’aurais donc moi-même un jour cette maigreur et ce regard.
Des décennies ont passé, estompant mon cauchemar. Mais voilà que le monde est de nouveau atteint d’une haine déshumanisante, meurtrière, qui vise les Juifs, toujours les Juifs. La plupart d’entre nous l’observons attristés, découragés, nous savons comme on s’accorde depuis toujours à nous haïr.
Ces temps-ci, nous sommes nombreux à repenser en termes de pogroms, de valises en carton, et d’Auschwitz.
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Dès que nous avons fait connaissance, ma nouvelle compagne m’a proposé de nous rendre à Auschwitz. Plusieurs des siens y ont été assassinés et elle avait toujours reporté ce voyage, mais de nos jours, voilà ce qu’une Lévy demande à un homme, cette intime preuve de confiance. Cela m’a un peu inquiété, mais comment ne pas m’y obliger ?
Ariane et moi sommes veufs. Le deuil l’habite, moi il me hante encore. Tous deux avons un besoin presque encombrant de calme, de chaleur et de justice, car nous avons durablement fréquenté des maladies mortelles. Pourtant, notre premier voyage est pour Auschwitz.
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C’est le jour du départ. Nous nous y sommes à peine préparés, car sur quoi fixer notre attention ? Et comment dire ? Aussi positifs que nous soyons, aussi hermétiques à toute idée de malédiction, nous découvrons l’étrange consistance de ce que les grands penseurs et les poètes ont nommé l’impensable, l’indicible. Auschwitz après Auschwitz, est-ce inévitablement cela ?
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J’ai découpé quatre languettes de papier, deux pour Ariane qui, telle Nadejda, les cache sur son ventre, deux que je fourre au fond de mes chaussures. J’y ai écrit Je viens de vous et Je vous aime. Même si elle reste mutique, j’espère que ces messages parleront pour mon amie et que mes pas les imprimeront, qui sait, chamaniquement sur leur terreau. J’aurai au moins trouvé ça à leur dire.
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Muselant nos minuscules rumeurs de gens déjà âgés, nous nous prenons la main et nous mettons en marche. Le mot nous vient de pèlerinage. Au centre de l’Europe, de la terre, de soi-même, Ariane va vers sa famille morte, je viens pour elle, et sans doute à la rencontre de l’enfant sombre de mon cauchemar.
Bien sûr, ces rencontres sont paradoxales, grevées d’absurde, comme toutes celles que l’on s’invente avec les morts ! Et en Pologne ? Dans quelle fiction, ce vol pour Cracovie ?
Les guides de l’autocar nous font un cours d’histoire en mots lourds de sens mais délicats, presque élégants. Il y sera question de quantités, nous dit-on, d’un grand nombre de victimes, mais souvenez-vous-en, chacune était une personne, une vie.
Pourrions-nous seulement être capables d’avoir le souvenir d’un million cent mille morts tout ensemble, et d’un million cent mille fois chacune de leurs vies ? Physiquement, psychiquement, c’est impossible, d’où l’impensable. Tout le vertige est là, et il nous saisit tous, qui sommes incapables d’accueillir tant en nous.
Ariane et moi peinons déjà à retenir le souvenir d’un seul être perdu, nous écoutons quand même et méditons, hélas déjà à vide, chaque victime était une personne bien vivante.
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Du fond du bus, je peux voir une cinquantaine de chevelures, de nuques, sans doute pour la plupart de Juifs. Mais pourquoi relever cela, pourquoi déjà trier ? Des Juifs en route pour Auschwitz, rapprochement réflexe. Nous coulons nos petites vies, retroussant une manche, mouchant un gosse, pelant un fruit, bientôt ce sera le Seder et la récitation de notre sortie de l’esclavage puis de l’errance dans le désert. Mais soudain, tels que nous sommes, car nous sommes de la vieille tribu responsable du Bien, nous voilà captifs, transportés en responsables du Mal, en Juifs à Auschwitz !
Ariane craint-elle comme moi que notre naïveté-même appelle le danger ?
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Elle a le regard fixe, lointain. Est-elle absorbée ou vacante ? Est-elle traversée d’insaisissables traits, pensées auquel rien n’arrive à donner corps ?
Avant guerre à Cracovie, les Juifs ensevelissaient leurs tombes pour empêcher qu’elles ne fussent profanées. Est-ce cela qu’elle fait, à rebours des kilomètres que l’on parcourt vers le lieu du grand dévoilement ? Ariane va au cimetière sans tombes, sans noms, où tout a été sauvagement souillé et mélangé. Elle semble n’y apporter qu’un vague à l’âme où elle ensevelit Auschwitz depuis toujours.
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Nous roulons depuis une heure. Les paysages sont comme partout, routes bordées de panneaux, d’entrepôts, de commerces, points d’approvisionnement et de restauration, clameur visuelle de marques américaines connues aux quatre coins du monde. Est-ce seulement possible ? L’immense souffrance n’avait-elle pas besoin d’immensité, de toute la région, de toute l’Europe de l’Est ? Tous les Juifs ont été tués, il n’y en a plus, où est la terre brûlée pour toute éternité ? L’horreur a-t-elle été gommée après n’avoir frappé que ses seules victimes ? Que nous dit cet ordinaire ?
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Nous approchons, le voyage monte, devrait la contracter, mais Ariane est anormalement inerte, lèvres closes. Elle ne trouve pas dehors de quoi se desceller.
Les nazis projetaient d’organiser une grande exposition à Prague, Le Peuple disparu. Comprend-elle que ses morts ne sont nulle part pour l’accueillir, qu’il n’y a pas même mention de leur passage en vivants ou en morts ? Elle semble pleurer sans larmes, sa nostalgie tarie.
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On nous dit que nous commencerons par l’Alte Judenrampe, la première qui fut aménagée, à l’extérieur du camp d’Auschwitz II-Birkenau. Lui faisant face, quelques maisons modestes, plutôt coquettes, moulins à vent et aboiement de petit chien. Un monde qu’on voudrait innocent, de pur hasard, le temps n’a-t-il pas passé, les consciences n’ont-elles pas évolué ? Ou alors ces maisons, comme lorsqu’il neigeait des cendres et que l’on se bouchait les narines contre l’odeur de chair brûlée ?
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Signalisations habituelles des parkings, cinq bornes commémoratives enrichies de photos, la fin d’un chemin de rails avec, à mi-distance, un wagon de marchandises de moitié plus petit que ceux qui roulent de nos jours. Le moteur de l’autocar tourne encore, notre groupe se reflète en anamorphose miniature sur son flanc de métal brun. Je m’en veux de n’être pas pris de vomissements.
Car à part ça, ici il n’y a rien. Il n’y a personne. À l’arrivée d’Auschwitz, à l’ancienne Rampe des Juifs, il n’y a évidemment plus personne.
L’impression est horrible, sans raison apparente, car ce néant préside aux formes. Les jeunes sont-ils déçus, s’ennuient-ils déjà ? Espèrent-ils mieux du reste de leur journée ? Mais quoi ?
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Rien, ni personne, mais au moins nous y sommes, après tant d’autres venus du monde entier ! Ainsi ce vide ne cesse-t-il d’être empli de nos malaises, nos interrogations.
Je veux le croire, la plupart d’entre nous échapperont à la torpeur et sauront remettre leur esprit en mouvement ! Peut-être certains voient-ils déjà le vide qui nous entoure pour ce qu’il est, un lendemain de destruction et le creux d’une empreinte ? Nous errons, hagards, on le serait à moins, entre les bords intérieurs de l’empreinte. Nous marchons sur des cailloux dans leurs traces réelles, mais est-ce avec leurs jambes ? Saurons-nous ressentir quelque chose du passé avec tous ses possibles, rien qu’un instant, une bribe soudain s’actualisant ?
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Qui est submergé de signes ? Qui incarne, et comment ? Qui veut garder la tête froide ? Qui demeure médusée ? Ariane ?
Je tiens sa main, mais elle est vide. Ariane peut-elle être à Auschwitz ? Je savais qu’Auschwitz était en elle, son grand malheur, sa phobie, sa nécropole secrète. C’est à cette Rampe des Juifs que son arrière-grand-mère, que sa grand-mère, que ses tantes lui ont lâché la main et que, depuis ce temps qu’elle ne pouvait connaître, sa main est une main lâchée, celle d’une abandonnée autant que celle d’une lâche perpétuelle, siège d’un perpétuel procès en lâcheté, en imposture, en culpabilité. Pourquoi elles et pas elle, pourquoi elles sans elle ?
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Cet après-midi, dit notre guide polonaise, nous visiterons Auschwitz I, qui a surtout été un camp de concentration pour opposants et prisonniers, et leur bagne. On y mourait en trois mois, de maladie, d’épuisement et de mauvais traitements. On y expérimenta aussi le gazage sur le modèle de l’épouillage, et puis les fours. Mais ce matin, nous commencerons par ici, par Auschwitz II-Birkenau, mis en service en 42 pour être le lieu de l’extermination industrielle. Nous commencerons donc par la fin.
J’observe Ariane qui écoute, scrute, et me devient indéchiffrable.
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Notre groupe suit scolairement les quatre cents mètres de rails qui aboutissent au monumental portail-mirador et à la Neue Rampe, aménagée en 44 pour répondre aux quotas.
Là non plus, aucune âme qui vive. Sinon nous, aux statuts incertains.
Nous recevons d’autres explications, l’arrivée des convois, après trois jours depuis la France ou huit depuis la Grèce dans le gel ou la fournaise ; les wagons de vingt mètres carrés où l’on enfermait une centaine de personnes ; mille, mille cent personnes par train, parfois deux convois de part et d’autre de la rampe, une personne sur dix menée en esclavage, neuf sur dix envoyées à la mort ; en huit semaines, quatre cent mille Juifs hongrois triés, exterminés.
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Ariane est attentive, solennelle, mais elle se tient légèrement à l’écart, semblant vouloir n’être plus qu’une silhouette. Peut-être lui faut-il reprendre souffle, retrouver ses repères. D’autres les cherchent dans le paysage, ainsi cet homme qui pose son objectif à même le rail pour mieux dramatiser la perspective filant au mirador. L’art pour l’art n’a pas sa place ici, mais sans doute a-t-il trouvé l’image d’un inconscient besoin de fuir ?
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Les lieux ont toujours un endroit qui les représente, qui nous attire irrésistiblement et que nous devons absolument atteindre, sans quoi nous nous disons ne pas y être allés. Je me demande quel est cet endroit d’Auschwitz qui le représente tout entier. Pour Ariane, était-ce déjà la rampe de sélection qui signifiait la séparation des familles ? Aurait-elle préféré s’y asseoir à nous attendre, le temps que tout le monde ait trouvé le centre à son idée ?
Auschwitz, est-ce ces bouts de barbelés rouillés ? Qui n’a vu des photos de ces terrifiantes lignes électriques sur lesquelles certains choisirent de se jeter ? Parmi nous, j’en vois qui éprouvent le besoin de toucher les poteaux de béton recourbés, d’y attarder leur main. Car que faire ? En quoi consiste cette visite ? Doit-on avancer passivement ou s’immobiliser, baisser les yeux et tenter quelque imposition rituelle, murmurer quelques mots d’hommage ou de prière ? Si c’est un pèlerinage, comment voir derrière l’invisible ? Comment magiquement prendre un peu de leur douleur pour les en soulager ?
Auschwitz est-il cette étendue aride, l’emprise des trois cents baraques dont il ne reste qu’une seule vingtaine et des centaines de cheminées en briques ? Auschwitz est-il ces réduits où s’entassaient quatre cents à mille personnes sur ces châlits à trois niveaux, avec leurs lits en planches prévus pour cinq, où parfois vingt devaient coucher, avec en bas les rats et la pisse qui gouttait de plus haut ? Auschwitz est-il un seul de ces centimètres carrés de ces cent soixante-quinze hectares ?
Ou les latrines ? Le typhus et la merde sous le slogan gravé aux poutres, Sauberkeit ist Gesundheit, La propreté, c’est la santé ? Auschwitz est-il là où fut soufferte l’humiliation ultime à laquelle s’ajoutaient la torture des esprits autant que celle des corps ?
Arbeit macht frei, Le travail libère. Nous ne le verrons que cet après-midi, cet autre centre possible de l’abomination.
Mais si Auschwitz n’est ni aux rampes ni aux baraques, ni aux latrines ni au Zentral Sauna où l’on devait se dénuder et être poinçonné à l’avant-bras avec des chiffres hérissés de pointes, est-il là où il y a plus ultime encore ?
Qui l’ignore ?
Pour certains, il ne peut être qu’aux lieux des mises à mort, aux chambres à gaz et aux fours crématoires, qui se disputent le comble du monstrueux.
La visite est-elle terminée ?
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Que nous arrive-t-il ? Que sommes-nous devenus ? Sommes-nous les mêmes qu’il y a trois heures ? C’est impossible. Nous nous sommes emplis de trop de choses tellement plus réelles que ce dont les plus loyaux documentaires avaient pu nous instruire.
Mais un terrible soupçon me prend. Malgré les avertissements, ne sommes-nous pas finalement fascinés par l’organisation d’Auschwitz, son fonctionnement, ses nombres, ses flux, ses procédures, jusqu’à ses dirigeants, ces soldats en uniforme noir, bottés de cuir lustré, fumant la cigarette avec l’air supérieur et décontracté des vainqueurs ?
Auschwitz, est-ce finalement les nazis, leur livre des records, le conservatoire de leur haine et de leur cruauté ? Mais à faire d’Auschwitz la capitale du crime, n’offense-t-on pas tous ceux pour qui ce fut la capitale de la douleur ? Tout était primitif, délirant et trompeur chez ces hommes aux tenues impeccables, en premier lieu leur prétendue grandeur. Ils ne méritent aucune attention, sauf pour se convaincre qu’il fallait les détruire.
De là, comment rester centrés sur les victimes, et uniquement sur elles ? Et en amont, comment se les figurer, rendues à elles-mêmes, d’avant Auschwitz, libres et insouciantes ?
On devient fou sans s’en rendre compte, on dissocie si facilement ! On visite une usine, ses machines, ses objets, leurs accumulations nous charment visuellement. Lire Zyklon B sur tant de bidons vides après usage change-t-il quoi que ce soit ? Traverse-t-on les entrepôts du Kanada ou une exposition de Boltanski ou de Kiefer ? Devant ces milliers de paires de lunettes ou de souliers, qui a fait l’effort de se dire, ce sont les vrais, mais aussi, cet escarpin ou ce brodequin est à ma taille, ce qui est arrivé à Madame Lob ou au jeune Greilsamer aurait pu m’arriver, pourrait encore m’arriver ? C’est déstabilisant, poignant, mais à le rapporter à soi, on comprend un peu mieux.
Je vois un homme pleurer à la dérobée. Le meilleur d’entre nous, sans doute.
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Nous passons par les ruines des chambres à gaz et des crématoires IV et V, le lieu des bûchers, des fosses communes et du Lac des cendres. Je marche pesamment avec un jeune pompier rouennais qui a entrepris ce voyage par intérêt pour les choses militaires. Ses yeux inspirent confiance, mais je me demande bien où il en est !
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Le guide du Mémorial de la Shoah nous regroupe pour une brève cérémonie d’hommage. Je crois qu’il était temps qu’on nous parle, ne serait-ce que pour nous convier à une minute de silence, puis à une prière en hébreu comme un ouï-dire du fond des temps. Ariane s’est rapprochée, je couvre sa tête de ma main.
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On garde des plaies, rarement le souvenir précis des douleurs. L’herbe jaune, les briques, les troncs, les murs dynamités des Gaskammern n’ont rien gardé. Et je n’ai rien osé photographier.
Mais peut-être est-ce un tort de dédaigner tout témoignage sensoriel, car dès le début un signe est apparu sur nos visages, marquant les uns après les autres, et je constate maintenant que nul n’y aura échappé, nous voilà tous avec ce regard en dedans !
Et je prends ma seule photo de la journée, un homme depuis longtemps immobile, la quarantaine, costaud, bras croisés très serrés sur la poitrine, se tenant le menton dans la main. Que fait-il sinon se recueillir, et peut-être même les recueillir ?
À Auschwitz, il faut impérativement rater ses photos. Je veux dire, ne rien concéder à l’esthétique. Si art il doit y avoir, il faut qu’il soit sacré, que toutes les photos prises soient celles d’un art sacré, d’une piété filiale et iconique, qui ne serve qu’à ouvrir sur l’au-delà où la mémoire des disparus peut résider — Eux, prototypes !
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Fin d’après-midi à Auschwitz I, mais je ne sais pas où est Ariane ! La dernière fois qu’elle était avec moi, c’était dans la salle aux crayonnages d’enfants. On y voyait ici un garde en tout petit, son fusil à l’épaule, là le contour tout simple d’un wagon, ou une minuscule jardinière de fleurs avec écrit Pour Maman. J’ai dû y rester trop longtemps, a-t-elle suivi les autres ?
À moins qu’elle soit repartie dans la salle des convois arrivés de France, ou dans celle aux liasses pour y chercher les noms d’autres parents encore ? Elle en avait retrouvé un, et avait frissonné. Je la cherche à la buanderie des uniformes rayés, aux cachots aveugles du Block 11, dans la cour aux fusillés, vers la potence des pendus, je repars au portail Arbeit macht frei. Où dois-je encore aller, mais elle n’est nulle part ! Je refuse de l’imaginer retourner seule au crématoire !
Le jour tombe, notre groupe n’est plus visible. La question abstraite que je posais du centre d’Auschwitz me revient cette fois dans l’affolement : où Ariane avait-elle rendez-vous avec elle-même ? Ce que, d’angoisse, je reformule ainsi : où ai-je perdu Ariane à Auschwitz ?
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Mais est-ce moi qui suis resté derrière ? Bien sûr, elle est avec les autres à l’entrée du complexe ! Alors je cours, je cours, j’arrive au groupe, Ariane est là ! Sa main se tend vers moi pour m’offrir un caillou, de ceux qu’on avait foulés ce matin à la Judenrampe.
Inavouable autant qu’inévitable fétiche, car inévitable besoin de repartir en emportant quoi que ce soit imprégné d’eux.
© Paul Memmi 3 avril 2026
