Tribune Juive

Guerre d’Iran : les pourparlers de l’ultime illusion. Par Sydney Touati

Le président Trump a souhaité observer une courte trève pour donner une ultime chance à la paix et permettre à son armée de se préparer à l’assaut final.
Peut-on négocier avec des fanatiques totalitaires ? C’est la croyance irrationnelle de tous ceux qui conservent quelques illusions sur ce régime mortifère, Union européenne en tête. Pourquoi des pays démocratiques estiment-ils normal de  contribuer à la pérennité d’un pouvoir aux abois, maintenant le peuple dans les fers d’une dictature monstrueuse fondée sur la terreur, les massacres, les viols…?

Au moment où des négociations  s’ouvrent entre l’Iran et les USA, le monde, en proie aux illusions du pacifisme, ne tirant aucune leçon du passé, espère, au prix du sacrifice du peuple iranien et d’Israël,  préserver son approvisionnement en pétrole et dans ce but, fait feu de tout bois, répand calomnies et mensonges, bref pèse de tout son poids pour qu’un accord impossible soit trouvé sur les sujets faisant pomme de discorde, tels  la remise des quelque  400kg d’uranium enrichi, la libre circulation sur le détroit d’Ormuz, le renoncement au terrorisme…

Depuis 47 ans, le régime des mollahs se moque ouvertement du monde, pratiquant « l’art de la savonnette » qui consiste en la maîtrise du double langage, des non-dits, de l’esquive… pour au final promettre tout sans rien lâcher. La probabilité pour que ce régime totalitaire abdique sur ce qui constitue son essence-même est aussi faible que celle d’un singe placé devant une machine à écrire composant un poème de Baudelaire.

Ne nous faisons aucune illusion sur le résultat de ce dialogue de sourds. Sauf miracle, l’Iran n’échappera pas à la règle:  les adeptes d’une idéologie totalitaire ne se rendent jamais. Hitler a préféré le suicide et le sacrifice du peuple allemand à la capitulation. Ben Laden s’est enfui, idem Sadam Hussein, le dictateur converti au djihad; Merah cerné, les oreilles éclatées par les grenades assourdissantes, ne s’est pas rendu,  etc…

Khomeini l’avait annoncé : Les ayatollahs sont prêts à immoler leur peuple  et à détruire leur pays plutôt que de renoncer à leur rêve de  destruction d’Israël et de domination d’un Islam totalitaire sur le monde.
L’impossible cohabitation entre l’Orient et l’Occident conduira-t-elle une nouvelle fois à entendre le  cri attribué à Caton : « Delenda est Carthago »,  lorsque l’immense armada américaine se mettra en mouvement ?

J’espère de tout coeur que cela ne se produira pas et qu’il reste encore dans la tête de ces « fous de Dieu » une étincelle de raison qui les conduira à  capituler sans condition. Ce que firent, in fine, les nazis après le suicide de leur chef et le Japon après avoir reçu deux bombes atomiques. Il est vrai que l’Empereur aimait Kyoto et qu’il ne voulait pas  qu’elle soit la prochaîne ville sur la liste. Les Gardiens de la Révolution aiment-ils Téhéran ?

La réponse est entre les mains des représentants de ce régime honni. 

© Sydney Touati

Avocat, essayiste, Sydney Touati s’intéresse aux transformations contemporaines du droit public, du droit international et à leurs effets sur les États démocratiques. Dernière publication: « De Voltaire à Badinter. Un essai sur la transformation du droit en France »


Venez écouter Sydney Touati au Colloque du BNVCA: « Peut-on encore penser l’Europe sans penser la place des Juifs? » – Avec Jean-Claude Milner, Bat Ye’Or, Marie-Laure Brossier. Un Colloque modéré par Yana Grinshpun

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