Tribune Juive

De quel bord sont certains psychanalystes, intellectuels de gauche lacaniens, et autres citoyens, concernant le Moyen-Orient ? Par Jean-Jacques Moscovitz

Disqualification de la psychanalyse et faute éthique  …

Comment utiliser la psychanalyse en se servantde l’affect de la honte pour soutenir une inversion accusatoire : le génocide est celui des Juifs et non pas celui du Hamas ? Nous ne sommes pas de ce bord-là comme celles et ceux qui cultivent une telle inversion accusatoire.

         Certes cette guerre fait des morts, du côté Gazaouis et du côté Israéliens. Mais parler de génocide de la part des Juifs est le signe même d’une erreur de jugement éthique afin de mettre au pilori Israël, en position d’accusé définitif, accusé de commettre un crime de génocide.  Cette inversion accusatoire est propre au terroriste, qui accuse l’autre de ce qu’il fait lui-même. Et cela fait masse à travers la Terre entière et de façon unitaire comme l’indique l’usage du slogan Free Palestine Place de la République à Paris. Message inversé de « à mort les Juifs ».

         Pour réouvrir un débat, il nous suffirait, comme le dit le daienou du récit de la sortie d’Égypte des Hébreux,  que ces intellos psy concernant l’Ukraine,   renoncent  à des propos prônant le fait que l’Ukraine devrait se rendre à la Russie de peur d’une guerre atomique, alors que pour ce qui nous concerne, nous leur envoyons le Chant des Partisans qui dit combien l’Ukraine résiste comme la France a résisté pendant la guerre de 1939-1945.

         Cela nous suffirait de les entendre dire leur accord pour considérer que l’Ukraine se défend en résistant, non pour détruire la Russie mais pour sauver la Démocratie, tout comme Israël et les Juifs défendent leur EXISTENCE contre le TERRORISME de   l’Iran, du Hamas et du Hezbollah qui veulent mettre les Juifs Hors-Monde, au point qu’ils n’aient jamais existé ?

Cela nous suffirait de les entendre dire que sur cette même Place de la République à Paris, symbole de liberté, de fraternité et d’égalité, il n’y a pas eu de manifestation de leur bord pour condamner l’Iran et son génocide de 30.000 iraniens début janvier 2026.

         Cela nous suffirait de les entendre dire que condamner Israël de génocide c’est pour ne pas mettre en avant les actes de torture et de violences génocidaires du Hamas et de l’Iran

         Cela nous suffirait de les entendre dire que la guerre du Hamas contre Israël et les Juifs est non pas une guerre de résistance, mais une guerre de destruction qui utilise sa population comme bouclier humain et que cette guerre est une faute éthique génocidaire gravissime.

         Cela nous suffirait pour nous rencontrer de les entendre dire que si le Hamas avait rendu les armes, et n’avait pas pris des otages, les choses n’en seraient pas là.

         Cela nous suffirait de réentendre dire qu’au nombre des morts gazaouis, il y a des morts de maladie, morts des combattants, morts des civils utilisés comme des boucliers humains.

Cela nous suffirait de les entendre dire qu’ils renoncent à leur palestinisme , à l’usage du terme d’islamophobie, qui est une invention des Frères musulmans pour nous accuser nous tous et le monde entier d’avoir peur de l’islam. 

         Cela nous suffirait de les entendre dire qu’ils n’ont pas peur ni honte que les islamistes veulent que nous soyons terrorisés au point de nous soumettre à la Charria. S’y soumettent-t-ils, pleins de la honte qu’ils éprouvent ? Car l’épouvante islamiste est l’arme du terrorisme pour nous faire honte et plier alors qu’il n’en n’est pas question, ni même d’être effaré de honte face aux horreurs qu’ils invoquent.  Leur honte serait témoin, comme si nous-mêmes nous ne serions pas témoins de ce qui a lieu à Gaza.  Pas de honte, mais considérer cette guerre pour qu’elle aille vers la paix. Mais le terrorisme islamiste la refuse. 

Cela nous suffirait de Les entendre dire que nous ne sommes pas de ce bord-là, celui qu’ils prônent, d’avoir peur, d’avoir honte, de ne pas savoir qu’il s’agit pour Israël d’une guerre de défense.  Nous sommes libres de savoir tout ce que comporte une telle guerre, une guerre moderne, une guerre où on frôle le massacre à tout instant des deux côtés. Utiliser le terme de   génocide comme ils le font est une façon d’annuler la portée historique et juridique de ce terme. 

Cela nous suffirait de les entendre dire qu’user de ce terme de génocide contre Israël importe plus à certains que ce que fait Tsahal pour se défendre dans cette guerre.

         Cela nous suffirait de les entendre dire que ce n’est pas la Shoah qui a fondé Israël, que tout était prêt dès 1936, le nom d’Israël compris, pour que cet Etat surgisse, parmi les nations. 1948 fut sa guerre d’indépendance, un acte de décolonisation des Juifs, un acte pour retrouver le droit à la violence pour se défendre. Ce qui lui avait été interdit depuis 2000 ans.

         Cela nous suffirait de de les entendre dire qu’ils refusent un wokisme de psychanalystes -en font-ils partie ? – tout comme celui de Gérard Haddad, qui, après avoir été bien accueilli par Israël, mais pas du tout suffisamment selon lui, se veut être en opposition farouche et assez ridicule au point de parler lui-même de génocide, et de proposer que la France réclame à Israël la bombe atomique qu’elle lui avait pourtant donnée librement. S’agirait-t-il ici de honte ou de haine de l’existence de l’État d’Israël ?

         Les actions menées par l’armée israélienne sont considérées comme un génocide, alors que ceux qui condamnent Tsahal ne considèrent pas comme tel celui commis par l’Iran, les 9 et 10 janvier 2026 où sont perpétrées des atrocités, telles que réclamer la dépouille d’un mort assassiné par l’Iran il est exigé la rançon de 10 000 $ par balle tirée sur le cadavre !!

         Cela nous suffirait de les entendre dire combien depuis toujours persiste quelque reproche envers Israël.

         Ainsi l’antisionisme dont ils font preuve, on en trouve une trace dans l’Ethique de la psychanalyse, le 16 mars 1960, où Lacan avance : « …N’oublions pas ce qu’est effectivement l’histoire des Juifs. Il faut un tout petit peu relire ces anciens livres pour s’apercevoir qu’en matière de colonialisme impérialiste, en Canaan, ils s’y entendaient un peu. Il leur arrive même d’inciter doucement les populations voisines de se faire circoncire puis, profitant dans les délais de cette paralysie qui vous reste après cette opération entre les jambes, de les exterminer proprement. Ceci n’est pas pour faire des griefs à l’endroit d’une période de la religion depuis révolue ».

         On le trouve aussi dans le fameux propos de De Gaulle, plus tardif, qui parle des Juifs comme d’un « peuple fier et dominateur », comme si le peuple français ne l’était pas lui-même !

         Il s’agit là de souligner la présence d’un antisionisme radical, calme, froid et automatique dans la culture européenne, qui n’a fait que persister, voire augmenter.

         Cela nous suffirait de les entendre dire, nos citoyens de gauche, psy wokistes ou pas, qu’ils ne sont pas ou qu’ils le sont, dans cet antisionisme ? Est-ce  prendre en charge l’inconscient et la définition du symptôme, du lapsus, du rêve, qu’affirmer dans leur position qu’Israël est génocidaire est conforme à l’Éthique de la psychanalyse ?

         L’acharnement à se servir de la psychanalyse pour prouver la faute de tout un peuple signifie    qu’il s’agit d’une seule  personne, le JUIF  et  ce qu’il représente dans l’Histoire. Ne serait-ce pas là un symptôme à repérer et à mettre au travail dans l’ensemble de la communauté analytique ?

         L’antisionisme n’est-il pas souvent évoqué dans les cures, comme signe du refus de la différence qu’est la castration, comme l’affirme Freud lui-même, dès 1909 dans le Petit Hans.

          Par contre, le sionisme est le régime politique qui fonde l’État d’Israël, tout comme la République fonde la France.  Ainsi l’accusation de génocide est leur façon de détruire ce régime politique.

Il suffirait de les entendre dire que parler de honte signifie un refus, voire une haine de l’existence de l’État d’Israël, du retour des juifs sur la terre des ancêtres, sur une terre qui leur appartient au niveau politique, c’est une tentative de mettre les Juifs Hors-Monde dans ce qui peut s’appeler un A-sémitisme.  Il n’y a pas trop besoin de la psychanalyse pour prouver cela, au risque de la disqualifier.

Il suffirait de les entendre dire et refuser avec nous combien la OUMMA soit l’existence d’une qualification éternelle de terre d’islam de toutes les terres d’islam, y compris Israël. C’est dire Israël terre d’islam ne peut être gouvernée politiquement par les Juifs. Ne pourrait-on pas,  ensemble, évoquer combien à Islamabad au Pakistan et à Washington, Israël, l’Amérique, l’Iran, l’Hesbollah, enfin acceptent de laisser cette portion de la planète libre d’Islam  et donc d’accepter qu’Israël puisse y séjourner en un ÉTAT EN SÉCURITÉ.

C’est son droit historique.  C’est la dette de l’islam envers Israël, l’islam doit l’accepter. Voilà ce que nous demandons aux politiques qui se retrouvent dans un cessez-le-feu fragile après cette guerre d’Iran, déclenchée ce 26 février 2026.

© Jean-Jacques Moscovitz

Psychanalyste et psychiatre, formé à la Société psychanalytique de Paris, puis membre de l’ex-École freudienne de Paris, Jean-Jacques Moscovitz est membre fondateur de l’association « Psychanalyse Actuelle » et membre d' »Espace Analytique ».

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