Tribune Juive

Netanyahou cède encore aux pressions de Trump, et tout Israël saute dans l’inconnu. Par Frédéric Sroussi

Photo Javier Muñoz

Donald Trump, le roi des bonimenteurs et des lâches

Une fois de plus ! Une fois de plus, Benyamin Netanyahou a cédé aux pressions de son « ami » Donald Trump, le roi des bonimenteurs et des lâches. 

Netanyahou a été traité comme un moins-que-rien par Trump et les vaniteux de son administration. En effet, pas un merci en public de la part du mythomane de la Maison Blanche pour son seul véritable allié dans le monde qu’est Israël. Pire, comme d’habitude, Trump s’est approprié les exploits militaires de la meilleure armée du monde qu’est Tsahal en disant : « J’ai détruit toutes les têtes du pouvoir iranien ». Non ! C’est Tsahal et le Mossad qui ont réalisé cette prouesse !  Objectivement, dans cette guerre, le maillon faible fut l’armée américaine, engluée dans des problèmes graves : le porte-avion USS Ford devant s’écarter du théâtre opérationnel après plusieurs avaries, des avions américains abattus, y compris par les alliés koweitiens, un pilote perdu dans le désert, et des actions militaires planifiées reportées dans la région afin de le secourir, l’incapacité pour la marine la plus puissante du monde de débloquer le Détroit d’Ormuz, et surtout un Commander-in-Chief complètement dément et erratique qui a dit tout et son contraire y compris à son principal allié israélien. Le Premier ministre Netanyahou – qui se «trumpise » – ment quand il dit qu’il n’a pas été « surpris » par l’annonce d’un cessez-le-feu. On l’a juste prévenu pour lui signifier l’arrêt des combats ! 

En attendant, les négociations en vue d’une prétendue paix durable dans la région se tiendront dans un pays ennemi d’Israël où le djihadisme et l’antisémitisme sont consubstantiels à la politique d’État (rappelons à quel point les Américains se firent manipuler par l’ISI, les services secrets pakistanais, après les attentats du 11 septembre. Rappelons qu’Oussama Ben Laden se cacha au Pakistan à Abbottabad, une ville de garnison de l’armée d’Islamabad…). 

Le destin d’Israël sera-t-il donc décidé et scellé dans un pays islamiste par des négociateurs du régime des ayatollahs, un Vice-Président américain se refusant à condamner l’antisémitisme purulent qui sévit au sein du camp MAGA, et une bande de promoteurs immobiliers complètement nuls concernant les questions internationales ? Imagine-t-on Churchill exclu par Roosevelt de la conférence de Yalta ?! Quel affront ! 

Une fois de plus Netanyahou et Trump, adeptes réguliers du coitus interruptus guerrier se sont retirés avant de finir le travail : tout comme à Gaza, tout comme au Liban, tout comme déjà en Iran en juin 2025…

Si le régime ne tombe pas, et c’était l’un des buts de guerre de Benyamin Netanyahou, la République islamique voudra sa revanche, et cette fois-ci peut-être en achetant la bombe atomique directement aux Pakistanais ou aux Nord-Coréens. 

Netanyahou, devenu le plus fidèle des thuriféraires étrangers de Donald Trump (« Le plus grand ami qu’Israël n’ait jamais eu ») s’est totalement fourvoyé en faisant confiance une fois de plus au bonimenteur en chef de la Maison Blanche. 

J’ai personnellement défendu Benyamin Netanyahou depuis le 7 octobre 2023 par loyauté pour mon pays et son gouvernement que je respecte, mais il est temps qu’Israël trouve un dirigeant de droite (pas celle d’un Bennet qui fit copain-copain avec les Frères musulmans) qui saura terminer les guerres, et cesser de se laisser berner comme un bleu par un Président américain aussi fiable qu’un animateur de bonneteau au Marché aux Puces. 

Notre seul espoir est de voir la République islamique d’Iran, enivrée par son hubris, faire le faux-pas de trop en se cabrant lors des négociations à Islamabad (« Rends-toi chez Pharaon car J’ai endurci son cœur » »). Espérons aussi que la continuation du blocage illégal du détroit d’Ormuz puisse inciter Trump à « finir le job ». 

Benyamin Netanyahou a fait de son mieux, mais force est de constater qu’il s’est encore fait berner par un Trump pourtant prévisible dans son imprévisibilité…

Le peuple d’Israël courageux et résilient mérite enfin d’obtenir le respect et la sécurité ! 

© Frédéric Sroussi 

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