Ce matin j’ai la gueule de bois !
Au-delà du fait qu’Israël n’était même pas à la table des négociations lorsque des décisions concernant le cœur de notre sécurité nationale ont été prises.
D’un côté cela me paraît logique puisque cet accord était sous l’égide du Pakistan, pays qui ne reconnaît pas l’État d’Israël et cette logique-là fait partie aussi du problème.
Voici les dix points proposés et ce qu’ils impliquent réellement :
-1. Le passage par le détroit d’Ormuz est coordonné avec l’Iran.
-2. Fin de la guerre contre tous les groupes armés soutenus par l’Iran.
-3. Retrait des forces de combat américaines de toutes leurs bases dans la région.
-4. Mise en place d’un protocole de sécurité formel pour la navigation dans le détroit d’Ormuz, également supervisé par l’Iran.
-5. Indemnisation intégrale de l’Iran pour les dommages subis pendant la guerre.
-6. Levée de toutes les sanctions primaires et secondaires.
-7. Abrogation des résolutions de l’AIEA et du Conseil de sécurité des Nations unies contre l’Iran.
-8. Déblocage de tous les avoirs financiers gelés à l’étranger.
-9. Adoption d’une résolution contraignante du Conseil de sécurité des Nations unies officialisant l’ensemble des points.
-10. Transformation de cette résolution en droit international contraignant.
Autrement dit : une normalisation totale, sans contrepartie stratégique claire, et avec, en toile de fond, une légitimation de pratiques qui remettent en cause des principes fondamentaux comme la liberté de navigation car une autre question s’impose : comment la communauté internationale, si prompte à invoquer le droit, pourra-t-elle accepter qu’un axe stratégique mondial comme le détroit d’Ormuz soit, de facto, placé sous conditions iraniennes ? Jusqu’où ira la complaisance ? Jusqu’à légitimer une forme de chantage permanent ? Cédera-t-elle à ces méthodes de pirates?
Sur le dossier libanais, le flou demeure. Car en Israël, la colère est réelle, nourrie par un sentiment d’injustice profond : celui d’un peuple qui a tenu, résisté, encaissé et d’une armée qui a rempli chaque mission pour finalement découvrir que les lignes ont été redessinées sans lui. Cette situation exigera des explications plus particulièrement pour les populations du nord d’Israël.
Et puis il y a les Iraniens Des dizaines de milliers de morts, des vies brisées, des sacrifices immenses dans l’espoir d’un changement. Que leur reste-t-il aujourd’hui ?
Ne nous trompons pas : l’Iran ne disparaît pas, il va temporiser, va se faire tout petit, discret, le temps de reconstruire ses capacités, de renforcer ses arsenaux de missiles et de drones, de poursuivre son programme nucléaire jusqu’au seuil critique et, le moment venu, de revenir sur le devant de la scène.
Ces quinze jours de cessez-le-feu ? Une illusion. Ils s’inscriront dans la durée, jusqu’au jour où l’on regardera en arrière en disant : “si on avait su”…Mais il sera trop tard.
Oui, ce matin, le réveil est difficile, je me dis tout ça pour ça…
Quid de la sécurité d’Israël menacé depuis 47 ans par cet état terroriste….? Sans parler des pays du golfe…
Ce matin, j’ai vraiment la gueule de bois.
© Stéphane Gozlan
