Sauver leur accès aux garden-party à l’Élysée: D. Horvilleur et Macron
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Sauver leur accès aux garden-party à l’Élysée: D. Horvilleur et Macron
Nos frères Juifs de diaspora traversent des jours difficiles en France… Je ne parle pas de ceux qui habitent dans le 93, le 95 ou les autres banlieues chaudes, où l’existence juive est menacée jour après jour par un lot quotidien d’insultes, d’incivilités et d’agressions antisémites. Non, je pense à ces Juifs « sublimes »*, qui habitent les beaux quartiers du cinquième arrondissement de Paris et fréquentent régulièrement les studios de radio et de télévision français, bien plus assidûment que les synagogues.
On a peine à imaginer les difficultés de leur existence paisible de Juifs parvenus, vivant dans les quartiers les plus agréables de Paris, mais qui doivent quotidiennement répondre des « crimes » d’Israël… On les interpelle à chaque instant et il faut avouer que l’État juif ne leur facilite pas la vie, avec sa manie de se défendre contre ses ennemis sans tendre l’autre joue et de remporter victoire sur victoire, ce qui complique beaucoup l’existence des Juifs sublimes!
Lorsque leur existence médiatique est en danger, ils n’ont plus d’autre choix que de montrer patte blanche, en rappelant jour après jour, inlassablement et avec une endurance qui force l’admiration, qu’ils sont de bons Juifs républicains, démocrates et progressistes… Pendant que nous courons d’abri en abri, de miklat en mamad, sous le blitz iranien, eux courent de studio en studio, pour faire la promotion de leurs derniers livres, en proclamant leur « cœur lourd » et leur honte d’Israël.
Leur vie n’est certes pas menacée, mais leur réputation est en péril et ils se réveillent chaque matin avec l’angoisse au ventre, ignorant s’ils seront encore invités sur France Culture, ou si leur fidèle lectorat ne va pas les délaisser… Pris entre le marteau et l’enclume, entre Mélenchon et Macron (qu’ils soutiennent coûte que coûte, pour sauver leur accès aux garden-party à l’Élysée), ils endurent les blessures d’amour propre et les tourments du Juif de l’exil, et résistent avec courage aux appels de leurs cousins d’Israël qui les incitent à quitter les palais de l’exil pour les rejoindre et participer à l’aventure de l’État juif…
Assaillis, accusés, salis et même « souillés » (selon le témoignage de première main recueilli auprès de l’académicien Alain Finkielkraut), ils sont contraints de se défendre pied à pied. Non, pas en se montrant solidaires d’Israël, ce pays qui les empêche de dormir et qu’ils défendent de plus en plus mollement… Ce sont les « marmites de viande de l’Egypte », c’est leur bifteck qu’ils défendent! Opiniâtrement, ils gardent la tête haute et le cœur lourd et s’efforcent de tenir bon, en se remémorant les souffrances (authentiques celles-ci) de leurs ancêtres en Pologne ou ailleurs, pour se donner du courage.
Parfois, quand la Knesset vote une loi particulièrement révoltante prévoyant la peine de mort pour les terroristes du Hamas, ils ont envie de renoncer, d’abandonner le combat pour l’âme d’Israël et de devenir chrétiens (religion qui les fascine, comme l’avoue Finkielkraut avec une franchise déroutante) ou, à D. ne plaise, de déserter la galout pour rejoindre le confort d’Israël en guerre…
Mais résistant à leur mauvais penchant, ils se ressaisissent et, loin de sombrer dans le désespoir, ils envoient courageusement un article au vitriol au journal Le Monde, ou signent une pétition contre le danger du fascisme israélien. Puis, avec le sentiment du devoir accompli, ils s’accordent un moment de répit, lisant la dernière BD de Johann Sfar en sirotant un bon vin de Bourgogne ou de Loire, avant de reprendre le dur combat quotidien du Juif sublime pour l’âme d’Israël et pour les petits fours.
© Pierre Lurçat
* L’expression « Juifs sublimes » a été forgée par Daniel Sibony, pour décrire des figures comme celle de Delphine Horvilleur. Georges Bensoussan l’a reprise à son compte en citant D. Sibony dans un article paru dans Causeur en juin 2025.

Avec fine ironie ces choses sont dites ! Personnellement, je préfère mes amis juifs de Paris (11è, 20è) et de banlieue (non, pas Versailles) aux garden parties de l’Elysée. Ceci dit, je ne suis pas une intellectuelle…