Pour en finir avec l’indigne souvenir de l’Ayatollah Khomeiny à Neauphle-Le-Château. Par Daniel Salvatore Schiffer

A l’heure où une coalition composée de deux des plus grandes démocraties du monde libre et occidental, Israël et les Etats-Unis d’Amérique, entendent faire tomber à juste titre, par la puissance de leur intervention militaire, l’abominable, tyrannique et sanguinaire régime des mollahs de la République Islamique d’Iran, libérant par la même occasion le peuple iranien de cet enfer obscurantiste, un courageux groupe formé d’une vingtaine d’associations féministes et laïques se bat légitimement, avec force, lucidité et conviction, pour mettre enfin un terme, en France, à l’indigne souvenir du père fondateur précisément, l’ayatollah Khomeiny en personne, de cette infâme théocratie d’un autre âge.

Quand la République Française accordait un exil doré à l’ayatollah Khomeiny, père fondateur de l’abominable République Islamique d’Iran

Car, que l’on s’en souvienne bien, effectivement, en cet épineux et douloureux dossier sociopolitique : c’est la France de Valéry Giscard d’Estaing, alors Président de la République, qui, à la fin des années 70, d’octobre 1978 à janvier 1979 pour l’exactitude, accorda généreusement à ce même Khomeiny, dans la petite mais riche commune de Neauphle-le-Château, située dans le département des Yvelines, un exil doré.

Le fourvoiement des intellectuels français, aveuglés par leur sectarisme idéologique, matrice conceptuelle de l’islamo-gauchisme d’aujourd’hui

Pis : nombreux furent alors les intellectuels français, issus pour la plupart d’entre eux de l’extrême gauche, tels des philosophes pourtant aussi prestigieux que Jean-Paul Sartre (duquel la grande Simone de Beauvoir, féministe avant la lettre, se distancia aussitôt, à raison, sur cette question essentielle pour la cause des femmes), Michel Foucault ou Pierre Bourdieu, qui encensèrent à l’époque, aveuglés par leur propre sectarisme idéologique, sinon leur manichéisme étriqué, matrice conceptuelle de l’islamo-gauchisme d’aujourd’hui, cet effrayant barbu enturbanné, au regard inquisiteur et la bouche accusatrice, pour cette seule (dé)raison qu’ils voyaient en lui une alternative crédible au règne du Shah d’Iran, complice supposé, toujours selon eux en ces turbulentes années post soixante-huitardes, du capitalisme comme de l’impérialisme américains !

C’est ainsi donc que l’ayatollah Khomeiny, avec la bénédiction de la France politique et intellectuelle de ce temps-là, effectua, au début de l’année 1979, sa tristement célèbre « révolution islamique » en atterrissant, grâce à un avion affrété avec une identique largesse par Air France là encore, à Téhéran, où l’acclama, à son accueil triomphal, une foule en délire plus encore qu’en liesse : quatre millions de personnes, dont la plupart étaient des hommes non moins fanatisés, parfois accompagnés de femmes enfermées dans cette prison ambulante qu’est le voile intégral, qu’on l’appelle « niqab » ou « burka » !

La République islamique d’Iran, pourvoyeuse et commanditaire du terrorisme international

On connaît, hélas, la suite, pour l’indicible malheur du peuple iranien en son ensemble : femmes soumises à l’impitoyable diktat des hommes, homosexuels châtiés et pendus en place publique, dissidents torturés ou assassinés, une opposition complètement muselée, à l’arbitraire merci des féroces « Gardiens de la Révolution » (les Pasdaran) et autres, non moins cruels, Bassidjis. Et puis, en ce qui nous concerne plus directement, la constante menace, sur notre propre sol européen ou au regard de nos divers intérêts géo-stratégiques à travers le monde, du terrorisme international, dont cette même République Islamique d’Iran s’est faite, parmi ses plus sordides spécialités depuis son mortifère avènement, il y a plus de 47 ans à présent, la principale pourvoyeuse et commanditaire tout à la fois.

La dette morale et politique de la France à l’égard du peuple iranien

C’est dire, en ces tragiques conditions, et avec le recul historique nécessaire en pareille circonstance, l’incommensurable dette morale et politique de la France, aujourd’hui, à l’égard de l’imposante majorité des Iraniens, lesquels n’aspirent plus désormais, surtout après la violente répression qui s’abattit sur eux en janvier dernier lors de leurs différentes protestations en rue (entre de 30.000 et 40.000 morts officiellement recensés), à un pays enfin pacifié, démocratique, tolérant, moderne et laïque !

Une honteuse et criminelle « fatwa » à l’encontre de Salman Rushdie, l’un des plus grands écrivains, et bel esprit, de notre temps face au fondamentalisme religieux de ces fous d’Allah

Cet épouvantable Khomeiny, implacable fer de lance de l’islamisme le plus radical, ne s’arrêta cependant pas là dans l’oppression la plus effroyable  : le 14 février 1989, dix ans donc après son arrivée au pouvoir, il décrétait en effet une abjecte « fatwa », mise à mort sans date limite, à l’encontre de l’un des plus grands écrivains de notre temps, Salman Rushdie, pour avoir publié quelques mois auparavant avec un succès planétaire, ses « Versets Sataniques » (paru en 1988), livre auquel le fondamentalisme religieux de ces fous d’Allah, dangereusement ignares pour la plupart d’entre eux, n’avaient bien évidemment rien compris, ou si peu, pour autant, certes, qu’ils l’aient même lu !

C’est d’ailleurs en hommage à cet immense écrivain, l’un des plus beaux esprits au sein de la culture orientale, mai aussi pour le défendre comme il se doit après l’attentat meurtrier dont il fut victime il n’y a guère si longtemps, le 12 août 2022, dans l’Etat de New York, mais auquel il réchappa fort heureusement malgré de graves blessures, que fut publié dès le mois de novembre de la même année, conjointement par les Editions de l’Aube et la Fondation Jean Jaurès, un important livre collectif, sous ma direction autour de 26 intellectuels majeurs au sein de l’intelligentsia française, intitulé, tout simplement quoique très significativement, « Penser Salman Rushdie » (https://editionsdelaube.fr/catalogue_de_livres/penser-salman-rushdie/).

Le juste et courageux combat des associations féministes, démocratiques et laïques, pour la suppression des hommages rendus, à Neauphle-le-Château, à l’ayatollah Khomeiny

Ainsi, parvenus au terme de cette réflexion critique, est-ce avec un enthousiasme non dissimulé et même ouvertement partagé que, pour ma modeste part, je me range sans hésiter, fièrement, aux côtés de cette vingtaine d’associations féministes, démocratiques et laïques, au sein desquels figure notamment la « Ligue du Droit International des Femmes » (LDIF, fondée naguère par Simone de Beauvoir et présidée aujourd’hui par mon amie Annie Sugier), dans leur très méritoire combat pour demander que soit enfin mis un terme à cet honteux souvenir de l’ayatollah Khomeiny à Neauphle-le-Château : commémorations en grande mais scandaleuse pompe qu’organise encore régulièrement de nos jours, contre l’avis même des autorités administratives de cette municipalité, l’ambassade, à Paris, de cette monstrueuse République Islamique d’Iran.

Quand d’admirables femmes sont, par leur courage et leur lucidité, l’honneur de la France

Mieux : ces femmes, par leur vaillance, leur détermination et leur clairvoyance, sauvent ainsi, de manière particulièrement admirable, l’honneur de la France, à l’inverse de la pusillanimité, sinon lâcheté, affichée par l’actuel Président de la République dans cette juste guerre menée par Israël et les Etats-Unis à l’encontre de ce barbare et phallocrate régime des mollahs de Téhéran ! 

DANIEL SALVATORE SCHIFFER*

*Philosophe, écrivain, auteur d’une cinquantaine de livres, dont « La Philosophie d’Emmanuel Levinas » (Presses Universitaires de France), « Grandeur et misère des intellectuels – Histoire critique de l’intelligentsia du XXe siècle » (Editions du Rocher), « Oscar Wilde » (Gallimard – Folio Biographies) et directeur de nombreux ouvrages collectifs, dont récemment « L’humain au centre du monde – Pour un humanisme des temps présents et à venir » (Editions du Cerf), « Critique de la déraison antisémite – Un enjeu de civilisation, un combat pour la paix » (Editions Intervalles).

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