Nous voilà à préparer Pessah .
Le ménage, la vaisselle à remplacer, les placards à vider.
Les courses au supermarché.
On attend le soleil chaque matin, on vérifie le temps.
On espère ne pas recevoir ce bruit intense sur nos téléphones.
Et puis, les nouvelles qu’on prend dès les premières heures, parfois même à l’aube… parce que le sommeil n’est pas paisible.
Parce que, sans vraiment s’en rendre compte, l’esprit ne dort jamais.
On regarde par la fenêtre.
Un rayon de soleil vient illuminer un peu l’âme, lui offrant un peu de baume au cœur pour continuer.
Et cette manie, insupportable…
Celle de regarder les réseaux avant même de se lever.
Parcourir le monde des autres, l’actualité mêlée aux recettes de cuisine.
Et ces stories qui nous happent, sur fond de musique, comme s’il en fallait une pour nous faire pleurer.
Des visages d’enfants, des sourires.
Des jeunes soldats arrachés à leurs parents.
Encore. Et encore…
Si je me sens quelquefois anesthésiée par la situation,
Si je me retiens de trembler, de douter,
Si je refuse de sombrer, de devenir pessimiste, et que je m’accroche à ce qu’il me reste de foi…
Il y a des matins qui brûlent mon cœur de maman.
Des matins où j’ai envie de pleurer sans m’arrêter.
Lâcher les chevaux.
Sangloter à ne plus respirer.
Me laisser tomber. Tout lâcher.
Jeter aux ordures mes galettes, ma vaisselle, mon ménage…
Et cette fête de Pessah qui nous rappelle sans cesse notre liberté,
la fin de l’esclavage du peuple hébreu…
Mais… ne sommes-nous pas encore esclaves ?
Esclaves de l’angoisse,
de l’attente,
de l’absence.
Alors peut-être que cette liberté dont on parle
n’est pas seulement une histoire passée.
Peut-être qu’elle se conquiert encore,
chaque jour,
dans nos peurs,
dans nos larmes,
dans notre foi.
Et que, même brisés…
nous avançons vers elle.
Hag Pessah…( sameah)😞😞
© Isabelle Didi Oliel
