Tribune Juive

« Municipales, la République explosée ». Par Raphaël Nisand

Les résultats des municipales 2026 sont lourds de sens. Ils inquiètent une grande majorité de français à juste titre. D’habitude les municipales ce sont des enjeux locaux qui peuvent se politiser dans certaines grandes villes mais on n’a jamais connu d’élections municipales émaillées d’autant d’incidents.
Certains politologues parlent parfois de l’archipélisation de la société française mais là on est bien au delà.
L’archipel suppose une proximité géographique et une culture commune mais ces municipales nous montrent plutôt une fracture irréconciliable d’une commune à une autre avec des habitants qui ne sont pourtant séparés en principe que de quelques mètres , les limites d’un ban communal.

On n’est plus dans des divergences idéologiques ou  des différences de pratique politique mais sur des postures irréconciliables .

Chez les insoumis, après avoir comme Mélenchon célébré la créolisation de la société française ou le remplacement d’une France par une autre, on en vient à demander ouvertement que les élus ressemblent à leur population. De nombreux élus insoumis mais aussi des verts ou des socialistes confondent l’antiracisme avec un racialisme débridé.

Dans telle ville où la population africaine est importante , il faudrait d’après ces élus de gauche forcément un maire d’origine africaine.

Et ce raisonnement est applicable à toutes les minorités.

Cette dérive rompt totalement avec l’idéal républicain qui met l’universalisme au premier rang des valeurs.

Une fois de plus la France imite ce qu’il y a de pire aux Etats-Unis où l’origine dite raciale est incontournable dans le choix des électeurs.

Il n’est plus question de programme électoral ou de la personnalité  du maire à élire. C’est le clanisme et les notions d’appartenance qui tiennent lieu de débats.

Du coup, l’autre camp politique est diabolisé au point qu’on veut le faire disparaitre par l’invective ou les menaces.

La violence et la force tiennent lieu de débat post électoral.

On a vu la mairie  de Fresnes où il y a eu un changement de majorité être saccagée par un commando d’une vingtaine de cagoulés la veille du conseil municipal.
On a vu des maires devoir s’entourer de la police municipale pour pouvoir quitter l’hôtel de ville en sécurité après leur défaite.

Les pouvoirs publics répètent leur phrase fétiche :  « Quand on attaque une mairie c’est la République qu’on attaque », aussi vaines paroles que lorsqu’ils disent régulièrement « Lorsqu’une école est attaquée c’est la République qu’on attaque » ou encore « Lorsque les Juifs sont attaqués c’est la République qu’on attaque ».

Des propos qui se veulent fermes mais qui sonnent comme un encouragement à continuer.

Nul doute que la République est en danger.
Nul doute aussi qu’il faudrait une véritable politique de salut public qui n’est  pas même esquissée.
Des dizaines de procédures judiciaires ont été engagées dans tout le pays les uns contre les autres mais la Justice n’a aucun moyen de réparer la République.
Ces élections municipales sonnent comme un nouvel avertissement et pas un avertissement sans frais à tous les démocrates qui voient sous leurs yeux cette esquisse de la catastrophe annoncée.
Qui trouvera la parade et cette parade existe-t-elle ? Ce sera l’un des enjeux de l’élection présidentielle.

© Raphaël Nisand

                         Chroniqueur sur Radio Judaïca 

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