Exécution de deux prisonniers en Iran et renforcement des mesures sécuritaires


Ce matin, l’appareil judiciaire iranien a procédé à l’exécution de deux détenus, Akbar Daneshvarkar et Mohammad Taghavi. Les autorités ont annoncé que ces derniers étaient accusés d’appartenance à l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI) et d’avoir mené des opérations armées à Téhéran.
Akbar Daneshvarkar, 58 ans, ingénieur civil, avait été arrêté en janvier 2024. Mohammad Taghavi, 59 ans, arrêté en 2020, avait déjà passé plusieurs années en détention et avait été auparavant prisonnier politique dans les années 1980. Tous deux avaient été condamnés à mort en décembre 2024 pour « appartenance à une organisation » ainsi que pour « complot contre la sécurité nationale » et « insurrection armée contre l’État ».
Ces exécutions interviennent dans un contexte de fortes tensions internes. Selon des sources de l’opposition, elles s’inscrivent dans une stratégie visant à prévenir un nouveau soulèvement populaire.
Mesures du régime en pleine guerre pour prévenir un nouveau soulèvement
Les autorités iraniennes ont multiplié les mesures sécuritaires, notamment :
• restrictions et coupures d’Internet afin de faciliter la répression
• déploiement de forces armées dans les espaces publics, équipées d’armes lourdes
• ordres de tirer sur les manifestants sans arrestation préalable
• triplement du nombre de patrouilles de sécurité dans les rues
• manœuvres urbaines destinées à instaurer un climat de peur
• recours à des forces supplétives liées aux Gardiens de la révolution, notamment des groupes afghans, pakistanais et irakiens
• menaces directes de responsables sécuritaires, dont le chef de la police, Ahmad-Reza Radan, affirmant que tout manifestant serait traité comme un « agent ennemi »
Renforcement du dispositif sécuritaire à l’échelle nationale
Le mardi 24 mars, le porte-parole de la police iranienne a annoncé que :
- Plus de 129 000 agents sont déployés jour et nuit
- 1 463 points de contrôle ont été installés à travers le pays
- près de 15 000 unités de patrouille sont actives en continu
Ces mesures témoignent d’un climat d’exception et d’un renforcement significatif du contrôle sécuritaire.
Un changement nécessitant une dynamique interne
Les développements récents ont montré que les hypothèses d’un effondrement du régime, par des bombardements extérieurs ou de manière spontanée, restent peu crédibles.
Un changement politique supposerait l’existence d’une force organisée, enracinée dans la société et prête à s’engager sur le terrain. Selon certaines sources, de telles structures existeraient à l’intérieur du pays sous la forme de réseaux organisés actifs depuis plusieurs années.
Au cours de l’année passée ces groupes auraient mené plus de 4 000 actions. Lors des manifestations de janvier, ils auraient joué un rôle dans l’organisation et la protection des protestataires.
Selon ces mêmes sources, plus de 2 000 membres auraient disparu au cours de ces événements, sans que leur sort soit clairement établi.
Opération du 23 février : un tournant symbolique
Un événement marquant a été signalé le 23 février, lorsqu’environ 250 membres d’un groupe d’opposition armé auraient ciblé un complexe associé à Ali Khamenei, considéré comme l’un des sites les plus sécurisés du pays.
Selon ces informations, environ 100 personnes auraient été tuées ou arrêtées, tandis qu’environ 150 auraient réussi à se replier. Les forces gouvernementales auraient également subi des pertes. Les identités de 82 personnes, âgées de 18 à 69 ans, auraient été transmises aux Nations unies.
Cet épisode, survenu quelques semaines après le soulèvement de janvier 2026, est présenté par ces sources comme un indicateur de l’existence d’une capacité organisationnelle interne.
Appel à la mobilisation dans les rues
Selon l’agence de presse Mehr,
Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement, a écrit sur le réseau X, s’adressant aux forces du régime :
« Prenez en main la rue, prenez en main la rue, prenez en main la rue. »
© Hamid Enayat

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