Tribune Juive

Horvilleur, Finkielkraut et Cie. Ces Juifs parvenus qui attaquent Israël en pleine guerre. Par Pierre Lurçat

Alors qu’Israël mène sa guerre la plus longue et la plus difficile depuis 1948, un nouveau front s’est ouvert depuis plusieurs mois, à l’intérieur même du peuple Juif. Des voix minoritaires, mais bien organisées, expriment au grand jour leurs dissensions et leurs critiques radicales envers le gouvernement, l’armée et le peuple d’Israël, tout en bénéficiant d’une résonance médiatique disproportionnée. Ce phénomène grave ne constitue pas seulement une nouvelle illustration du manque de loyauté et de patriotisme de certains membres de notre peuple, en pleine guerre : il s’agit d’une véritable défection.

Georges Bensoussan a raison de parler, à propos de ces dirigeants et notables juifs qui critiquent Israël en pleine guerre, d’une “posture sociale et d’une imposture morale”. Il s’agit bien d’une posture sociale, et plus précisément, d’une prise de position motivée par l’intérêt social, c’est-à-dire par l’intérêt d’une caste qui entend protéger avant tout ses privilèges (Marx aurait dit : ses “intérêts de classe”…).

Il suffit de lire la liste des signataires de la « Lettre ouverte de leaders juifs du monde entier au Président Herzog » pour s’apercevoir que ce qui réunit les signataires ne relève pas tant de la politique, ni d’un quelconque engagement communautaire ou juif, que de l’appartenance et de la position sociale. Tous font tous partie d’une certaine caste : ils sont rabbins (réformés en général), professeurs, ambassadeurs… Ils habitent aux Etats-Unis, en Angleterre, (Delphine Horvilleur est une des rares signataires en France). Certains exhibent leurs décorations et leurs « médailles »: ils sont Sir, chevalier de la Légion d’honneur, ou « Commandeur de l’Ordre de Saint‐Michel et Saint‐Georges ».

Leur positionnement est bien ainsi celui de Juifs « parvenus » (pour reprendre l’expression rendue fameuse par Hannah Arendt), et leurs critiques visent en réalité des Juifs qu’ils considèrent comme des « parias »: les habitants juifs de Judée-Samarie. La plupart des signataires n’ont sans doute jamais mis les pieds en Judée et en Samarie, dans les localités juives où vivent les meilleures familles de notre petit-grand peuple, celles qui ont payé (en valeur relative) le plus lourd tribut à la guerre existentielle que mène Israël pour sa survie.

Pendant que des jeunes Israéliens de vingt ans combattent et sacrifient leur jeunesse, et parfois leur vie pour défendre leur pays, ces Juifs parvenus au sommet de leur carrière font cause commune avec les ennemis d’Israël pour défendre leur statut, leur notoriété médiatique (ainsi d’Alain Finkielkraut, qui est interviewé chaque semaine et qui proclame urbi et orbi avoir « honte d’Israël »), ou leurs relations (tel ce grand-rabbin de France qui a été décoré, en pleine guerre, par le président français avec lequel il entretient des relations amicales, ce même président qui incite à la haine d’Israël en plein dimanche des Rameaux).

Ces Juifs parvenus sont, au demeurant, des gens d’apparence très respectable. Certains ont écrit des livres intelligents (d’autres moins). La plupart ont réussi sur le plan professionnel, social, médiatique, etc. En les écoutant s’exprimer, en les regardant pérorer dans les médias, je repense à cette phrase du philosophe juif Theodor Lessing, qui m’avait jadis encouragé à faire mon alyah : “Honte à tous ces fils qui préfèrent embrasser une carrière académique, ou “entrer en littérature”, dans le luxe et le confort des grandes villes d’Occident, au lieu de porter les pierres sur la grande route de Yeroushalayim”.

Oui, honte à tous ces Juifs parvenus qui joignent leurs voix au chœur de nos ennemis, pendant que nous nous battons pour notre survie ! L’histoire juive se souviendra de tous nos fils et nos frères, tombés pour que vive Israël. Elle oubliera les noms de ces parvenus, Juifs honteux, Erev rav, Juifs de cour (peu importe le nom qu’on leur donne…) Hag Herout Saméakh!

© P. Lurçat


A regarder:

La police israélienne a empêché le Patriarche latin de Jérusalem ainsi que le père de l’église du Saint-Sépulcre d’entrer dans le lieu saint pour célébrer la messe du dimanche des Rameaux, affirme le Patriarcat latin. Dans un message publié sur son compte X, Emmanuel Macron « apporte son « plein soutien au Patriarche latin de Jérusalem et aux chrétiens de Terre Sainte » et « condamne » la décision de la police israélienne.

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