Tribune Juive

Iran : le prix d’un pouvoir qui sacrifie son peuple. Par Thomas Eric

Alors que les tensions régionales s’intensifient, une réalité s’impose avec une clarté croissante : la principale victime des choix stratégiques du régime iranien reste le peuple iranien lui-même. Derrière la rhétorique idéologique et les démonstrations de force, c’est une crise profonde — économique, sociale et politique — qui s’enracine durablement dans le pays.


Depuis plusieurs années, les autorités iraniennes ont fait le choix d’une politique de confrontation et d’expansion régionale, mobilisant des ressources considérables au-delà de leurs frontières. Ce choix stratégique s’est accompagné d’un déséquilibre croissant : alors que les investissements extérieurs se multiplient, l’économie nationale s’affaiblit, marquée par une inflation persistante, une dévaluation continue de la monnaie et un chômage élevé, notamment chez les jeunes.


Les conséquences sont visibles dans la vie quotidienne des Iraniens. Le pouvoir d’achat s’effondre, les classes moyennes s’érodent et une part importante de la population bascule dans la précarité. L’accès aux services essentiels — santé, éducation, logement — devient de plus en plus difficile, tandis qu’une jeunesse qualifiée se retrouve confrontée à un horizon limité, souvent réduit à l’exil comme seule perspective.


Si les sanctions internationales contribuent à aggraver la situation, elles ne sauraient à elles seules expliquer l’ampleur de la crise. Celle-ci est également le produit de choix internes : gouvernance opaque, inefficacité économique, corruption persistante et priorisation d’objectifs politiques et idéologiques au détriment du développement national. La responsabilité du régime dans cette trajectoire est aujourd’hui largement pointée, y compris par une partie croissante de la société iranienne.
Dans ce contexte, la logique de tension permanente joue un rôle aggravant. Elle justifie un renforcement sécuritaire, oriente davantage de ressources vers les dépenses militaires et réduit encore les marges d’investissement dans les secteurs essentiels. Elle contribue également à maintenir un climat de contrôle et de restriction des libertés, éloignant davantage le pays des aspirations exprimées par sa population.


Les mobilisations observées ces dernières années témoignent d’un malaise profond. Elles traduisent une demande de dignité, de justice sociale et de réorientation des priorités nationales. Ce décalage entre la société et ses dirigeants constitue aujourd’hui l’un des enjeux majeurs de la situation iranienne.


L’Iran ne se résume pas à son régime. C’est une nation riche d’une histoire millénaire, d’un capital humain considérable et d’un potentiel économique réel. Pourtant, tant que les choix politiques continueront de privilégier la confrontation extérieure et le maintien d’un système de pouvoir fermé, le coût humain et social pour la population restera élevé.
La question demeure entière : jusqu’à quand une nation entière devra-t-elle supporter les conséquences d’une gouvernance qui privilégie ses logiques de pouvoir au détriment des besoins fondamentaux de son propre peuple ?

© Thomas Elric

‌Source: https://opinionmondiale.com/iran-le-prix-dun-pouvoir-qui-sacrifie-son-peuple/

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