Évolution de l’immigration : une recomposition du phénomène
Depuis le 7 octobre 2023, tous les services de sécurité européens constatent une hausse massive des actes antisémites. Mais pour comprendre la situation actuelle, il faut analyser trois facteurs simultanément :
- L’évolution de l’antisémitisme (actes, agressions, crimes).
- L’évolution démographique et migratoire en Europe.
- La réponse pénale et policière des États.
C’est la combinaison de ces trois facteurs qui explique la nouvelle situation européenne.
1. Une explosion des actes antisémites dans toute l’Europe
Dans la quasi-totalité des pays d’Europe occidentale, les actes antisémites ont atteint des niveaux historiques depuis le 7 octobre.
Ordres de grandeur (2023–2025) :
- Allemagne : plus de 8 000 actes antisémites en 2024.
- Royaume-Uni : plus de 4 000 actes en 2023, plus de 3 500 en 2024.
- France : environ 1 600 actes en 2024.
- Autriche : plus de 1 500 actes en 2024.
- Pays-Bas : forte hausse, violences collectives en 2024.
- Belgique : menaces et attaques visant institutions juives.
Mais les chiffres seuls ne suffisent pas. Il faut distinguer :
- Les insultes et menaces,
- Les attaques contre synagogues et écoles,
- Les agressions physiques,
- Les crimes de sang.
Sur ce dernier point, la France reste le pays le plus marqué par les meurtres antisémites depuis 20 ans, ce qui la place dans une catégorie particulière en Europe.
2. France : une spécificité liée aux crimes de sang et aux agressions physiques
La France est le seul pays européen ayant connu une série continue de meurtres antisémites depuis les années 2000 :
- Ilan Halimi (2006)
- Toulouse – école juive (2012)
- Hyper Cacher (2015)
- Sarah Halimi (2017)
- Mireille Knoll (2018)
Depuis le 7 octobre, la France connaît :
- de nombreuses agressions physiques,
- des menaces quotidiennes,
- une forte pression dans les écoles,
- des départs de familles juives de certains quartiers,
- une hausse des demandes d’émigration vers Israël.
La caractéristique française est la suivante :
l’antisémitisme y passe plus souvent à la violence physique qu’ailleurs en Europe occidentale. Les dernières élections municipales le confirment clairement. Violences, menaces, injures sont devenus le lieu commun. On invoque désormais « la nouvelle France » dont les habitants actuels ( ceux de l’ancienne France)seraient « blancs et moches » On peut constater que la France n’a rien à envier à l’AFD allemande, dont les résultats continuent à progresser. Elle a son équivalent à l’extrême gauche.
3. Allemagne : le pays où l’antisémitisme est le plus massif malgré des lois très sévères
L’Allemagne est un cas très important car c’est le pays d’Europe où les lois contre l’antisémitisme et le nazisme sont les plus dures :
En Allemagne :
- Le salut nazi est interdit.
- Les symboles nazis sont interdits.
- La négation de la Shoah est un crime.
- L’incitation à la haine raciale est très sévèrement punie.
- La police surveille étroitement les groupes néonazis.
- Les synagogues sont protégées en permanence par la police.
Malgré cela, l’Allemagne est aujourd’hui le pays où le nombre d’actes antisémites est le plus élevé.
Cela montre une chose importante :
La répression pénale ne suffit pas à faire disparaître l’antisémitisme.
En Allemagne, les services de sécurité distinguent plusieurs sources d’antisémitisme :
- Extrême droite néonazie (historiquement la principale source),
- Antisémitisme d’extrême gauche radicale,
- Antisémitisme islamiste,
- Antisémitisme lié aux manifestations anti-Israël.
L’Allemagne cumule aujourd’hui toutes les formes d’antisémitisme, ce qui explique les chiffres très élevés.
4. L’évolution de l’immigration en Europe depuis 2015 et son impact
On ne peut pas analyser la situation sans regarder la démographie.
Depuis 2015, l’Europe a connu une immigration importante en provenance :
- de Syrie,
- d’Irak,
- d’Afghanistan,
- d’Afrique du Nord,
- du Sahel,
- et plus récemment d’Ukraine.
Quelques ordres de grandeur (2015–2024) :
- Allemagne : environ 6 à 7 millions d’entrées nettes.
- Royaume-Uni : environ 4 à 5 millions.
- France : environ 2,5 à 3 millions.
- Pays-Bas : forte hausse depuis 2016.
- Autriche : très forte proportion par habitant.
- Suède : immigration très importante rapportée à la population.
Tous les rapports de renseignement européens indiquent que le conflit israélo-palestinien est un facteur majeur de mobilisation dans certaines populations immigrées, notamment lors des manifestations et sur les réseaux sociaux.
Mais il faut être précis :
Les actes antisémites en Europe proviennent aujourd’hui de trois sources principales :
- Extrême droite traditionnelle.
- Islamisme radical ou antisémitisme importé du Moyen-Orient.
- Antisionisme radical d’extrême gauche.
Selon les pays, la source principale n’est pas la même.
5. Différences entre pays
France
- Antisémitisme venant :
- d’islamistes radicalisés,
- de délinquance de banlieue,
- d’une partie de l’extrême gauche radicale,
- d’une minorité d’extrême droite.
- Passage fréquent à la violence physique.
Allemagne
- Antisémitisme historiquement d’extrême droite.
- Aujourd’hui : extrême droite + antisémitisme importé + extrême gauche.
- Très grand nombre d’actes mais moins de meurtres qu’en France.
Royaume-Uni
- Antisémitisme très présent dans certaines universités.
- Manifestations très radicales.
- Antisionisme militant très fort.
Belgique / Pays-Bas / Autriche / Suède
- Forte influence du conflit du Moyen-Orient.
- Manifestations violentes.
- Pression sur les institutions juives.
6. Classement global (gravité + violence + climat)
En combinant :
- crimes,
- agressions,
- climat,
- nombre d’actes,
- pression sur la vie quotidienne,
on peut établir le classement suivant :
| Rang | Pays | Caractéristique |
| 1 | France | Violences et crimes antisémites |
| 2 | Allemagne | Nombre massif d’actes |
| 3 | Royaume-Uni | Radicalisation militante |
| 4 | Belgique | Menace terroriste |
| 5 | Pays-Bas | Violences collectives |
| 6 | Autriche | Hausse très forte |
| 7 | Suède | Climat hostile |
| 8 | Suisse | Hausse des menaces |
7. Ce qui a changé depuis le 7 octobre 2023
Le changement majeur est historique :
Avant :
- Antisémitisme surtout d’extrême droite.
- Groupes marginaux.
Aujourd’hui :
- Extrême droite.
- Islamisme radical.
- Extrême gauche radicale.
- Antisionisme militant.
- Réseaux sociaux.
- Manifestations de rue.
- Pression dans les universités.
C’est la première fois depuis 1945 que l’Europe connaît un antisémitisme multiple, venant de plusieurs idéologies différentes en même temps. C’est aussi la première fois que le problème démographique est posé aussi clairement, à la lumière et l’analyse des statistiques disponibles.
Conclusion
Trois conclusions principales ressortent :
- La France est le pays où les Juifs sont le plus exposés à la violence physique.
- L’Allemagne est le pays où l’antisémitisme est le plus massif malgré des lois très répressives.
- Le Royaume-Uni est le centre de la radicalisation idéologique et universitaire.
Même lorsque les réponses pénales, juridiques et sécuritaires sont les plus importantes, on constate que rien n’arrête la vague de la haine. Depuis le 7 octobre, l’antisémitisme en Europe est redevenu un phénomène politique, social et sécuritaire majeur, et la question n’est plus seulement morale ou historique : elle est désormais sécuritaire, démographique et géopolitique.
Nous vivons désormais dans un monde, où la morale et la bienveillance n’ont pratiquement plus leur place.
© Francis Moritz
Francis Moritz a longtemps écrit sous le pseudonyme « Bazak », en raison d’activités qui nécessitaient une grande discrétion. Ancien cadre supérieur et directeur de sociétés au sein de grands groupes français et étrangers, Francis Moritz a eu plusieurs vies professionnelles depuis l’âge de 17 ans, qui l’ont amené à parcourir et connaître en profondeur de nombreux pays, avec à la clef la pratique de plusieurs langues, au contact des populations d’Europe de l’Est, d’Allemagne, d’Italie, d’Afrique et d’Asie. Il en a tiré des enseignements précieux qui lui donnent une certaine légitimité et une connaissance politique fine. Fils d’immigrés juifs, il a su très tôt le sens à donner aux expressions exil, adaptation et intégration. © Temps & Contretemps
