Il fallait que je réponde à ce crétin parce que tout crétin qu’il est il ne fait que mettre en « rimes » ce que LFI tente de faire croire à cette jeunesse de banlieue pour la manipuler par les affects de la colère et de la rage. Et parce que, pour en venir, je sais que c’est ce que pensent nombre de personne issue de l’imigration africaine en banlieue, hein KERY JAMES ? C’est pour cela que j’ai pris une bonne heure pour produire ce texte.
Malheureusement, en banlieue, les rappeurs sont plus écoutés que les livres lus.
Je commence donc ma réponse à Kalash Criminel et à tous les crétins qui prennent ce qu’il dit pour la réalité, gauchistes y compris (Toi aussi Jean-Luc Melenchon, le blanc tout moche que je suis te répond.).
Alors commençons par dire que proférer la fable qui voudrait que la France serait riche parce qu’elle aurait simplement pillé l’Afrique, c’est prendre une formule de rap militant – de mauvaise qualité en plus – pour une analyse historique, c’est-à-dire substituer le slogan à l’intelligence, et le ressentiment à la structure.
La France n’est pas devenue un pays puissant au moment où elle aurait mis la main sur l’Afrique ; elle était déjà, bien avant l’empire africain tardif, une vieille construction politique, administrative, agricole, urbaine et savante.
Le Collège de France est fondé en 1530, et l’Académie des sciences en 1666 : ces deux dates suffisent presque à elles seules à ruiner la fable selon laquelle la richesse française serait née d’un simple prélèvement colonial, car elles montrent qu’avant même la conquête de l’Afrique au XIXe siècle, la France avait déjà entrepris ce qui fait la force réelle d’une civilisation durable : organiser le savoir, former des esprits, instituer la recherche, et transformer l’intelligence en puissance collective – l’addition des Conatus dirait Spinoza.
La vérité, au fond, est plus simple et plus profonde : la richesse française est d’abord le produit d’une longue civilisation de la raison. Ce qui distingue la France, ce n’est pas seulement un territoire ou une accumulation de richesses matérielles, c’est une tradition intellectuelle, philosophique et méthodique qui a donné sa forme à la science, puis à la technique, puis à l’administration, puis à la productivité.
Avec Descartes, la France a contribué à imposer une exigence de clarté, d’ordre, de méthode, de démonstration, autrement dit une discipline de l’esprit sans laquelle il n’y a ni science sérieuse, ni ingénierie solide, ni décision rationnelle, ni institutions efficaces.
Une civilisation qui apprend à douter méthodiquement, à décomposer les problèmes, à vérifier, à prouver, à mesurer et à corriger, finit par produire des savants, des médecins, des juristes, des ingénieurs, des ponts, des laboratoires, des réseaux, des écoles, des administrations et des machines. La richesse n’est jamais qu’une conséquence lointaine de cette chaîne.
Même au niveau militaire la France n’a pas été la plus violente mais elle a une tradition militaire stratégique qui n’est rien d’autre qu’une rationalisation de « l’art de la guerre ».
C’est ici qu’il faut être franc et sans fausse pudeur. Le problème d’une grande partie de l’Afrique contemporaine n’est pas un problème de nature humaine ; c’est un problème de structures. Là où la France a accumulé pendant des siècles de l’État, du droit, des écoles, des institutions savantes, une haute administration, une culture de l’écrit, de la preuve et de la transmission, une grande partie de l’Afrique subsaharienne reste handicapée par la faiblesse ou l’irrégularité de ces médiations – la croyance, le tribalisme, les guerres religieuses, etc…
Quand les règles sont moins stables, quand l’État est moins consolidé, quand l’arbitraire local ou factionnel pèse davantage, quand la scolarisation supérieure reste faible, quand la lecture de base n’est pas assurée, quand la conflictualité entrave la continuité économique, il ne faut pas s’étonner qu’il y ait moins de richesse.
Ce n’est pas une insulte ; c’est une grammaire de la puissance. La Banque mondiale rappelle que l’accumulation de capital humain est décisive pour la croissance, et ses données comme celles de l’UNESCO montrent que l’Afrique subsaharienne reste dans une situation de fort retard scolaire et universitaire : la pauvreté des apprentissages y atteint 86 %, et le taux brut de scolarisation dans le supérieur n’est que de 9 %, contre 43 % au niveau mondial. Une civilisation qui lit peu, forme peu, stabilise mal et transmet insuffisamment produit mécaniquement moins de science, moins de technique, moins d’industrie, donc moins de richesse durable.
Voilà pourquoi il faut corriger une autre imbécilité : non, la richesse ne vient pas d’abord de la rapine. La rapine peut enrichir localement, ponctuellement, parasitairement ; elle ne fabrique pas à elle seule une civilisation productive. Ce qui enrichit durablement un peuple, ce sont des institutions sûres, une prévisibilité juridique, la protection des droits, un marché relativement unifié, une administration capable, une école exigeante, des savoirs transmissibles, des élites formées, des infrastructures et une culture de la méthode.
Le FMI souligne que les institutions de qualité, la protection des droits de propriété et l’État de droit comptent parmi les ressorts fondamentaux de la croissance.
C’est exactement ce que la France a patiemment construit, tandis qu’une partie importante de l’Afrique contemporaine demeure prise dans l’instabilité institutionnelle, la fragmentation politique ou la difficulté à transformer le pouvoir en ordre productif. La différence n’est donc pas n’est pas morale, elle est structurelle entre la France et l’Afrique.
La force européenne n’a jamais consisté dans l’absence de guerre ; l’Europe s’est longtemps battue avec une violence extrême. Mais sa supériorité historique a été de mettre en place plus tôt des mécanismes de stabilisation entre puissances, c’est-à-dire des formes diplomatiques, juridiques et étatiques de sortie relative de la guerre permanente. Le traité de Westphalie, en 1648, marque l’un des grands moments de cette maturation : reconnaissance plus nette des souverainetés, formalisation des rapports entre États qui ne se feront plus la guerre pour des raisons religieuses, prévisibilité plus grande du jeu international.
Le point décisif n’est donc pas que l’Europe aurait été, de tout temps, paisible, mais qu’elle a appris plus tôt à discipliner la violence par le droit, la diplomatie et l’équilibre.
Un exemple, hors d’Europe, pour illustrer un peu plus le propos. L’exemple le plus embarrassant pour tous ceux qui prétendent que la richesse d’un pays viendrait d’abord du pillage, c’est la Corée du Sud. Ce pays était misérable dans les années 1960, sans empire africain, sans rente coloniale décisive, sans trésor exotique à siphonner ; ce pays est pourtant devenu l’une des économies les plus puissantes du monde. Pourquoi ? Parce qu’il a fait exactement ce que font les civilisations productives : il a misé sur l’école, sur la discipline intellectuelle, sur l’industrie, sur l’ingénierie, sur l’État organisateur, sur la recherche, sur la montée en gamme technique de sa population. Autrement dit, la Corée du Sud est la preuve expérimentale supplémentaire qu’un peuple devient riche non parce qu’il vole mieux, mais parce qu’il apprend mieux, structure mieux, produit mieux et pense plus rigoureusement le réel. Si un pays sans empire colonial africain a pu passer de la pauvreté à la puissance par l’éducation, la technique et l’organisation, alors cela prouve d’autant plus que la richesse française ne s’explique pas principalement par l’Afrique, mais par une logique beaucoup plus profonde : l’école, la science, l’État, les institutions, la méthode, la transmission et le travail long des siècles. Mais cela montre aussi que les ex empires coloniaux auraient pu faire comme la Corée du Sud si comme elle ils avaient créé un ministère du Savoir, des écoles et des université au lieu de Mosquées et de guerres fratricides.
Une partie importante de l’Afrique, elle, paie encore le prix de structures étatiques fragiles, de conflits récurrents, de coups d’État, d’insurrections et de guerres idéologiques ou religieuses qui empêchent l’accumulation lente, régulière et impersonnelle du capital. On n’industrialise pas sérieusement un espace politique quand le territoire, le droit et la sécurité ne tiennent pas.
Il faut dire aussi ce que beaucoup n’osent plus dire alors même que c’est vérifiable. Oui, il existe encore en Afrique des formes de servitude et d’esclavage modernes ou héréditaires. En Mauritanie, le Département d’État américain signale encore des victimes de traite et des formes persistantes de servitude, tandis que d’autres rapports officiels évoquent explicitement le problème de l’esclavage héréditaire. Oui, il existe encore dans plusieurs zones du continent africain des conflits à forte dimension religieuse ou para-religieuse. Oui, cela a des conséquences directes sur la richesse, parce qu’une société qui consomme son énergie dans la domination immédiate, la peur, la violence, l’allégeance ou l’idéologie ne la consacre ni à l’école, ni à la recherche, ni à l’industrie, ni à la prévisibilité des échanges.
La France, en effet, ne s’est pas contentée de parler du savoir ; elle l’a organisé, financé, hiérarchisé et mis en production. Le Collège de France, l’Académie des sciences, puis toute la chaîne des grandes écoles, des corps techniques, de la recherche, de la médecine, de l’administration et de l’ingénierie racontent la même histoire : celle d’un pays qui a compris que la puissance n’est pas seulement militaire ou commerciale, mais d’abord cognitive – l’intelligence.
Aujourd’hui encore, la France consacre une part importante de son PIB à la recherche et développement, 2,23 % en 2022 selon la Banque mondiale. C’est cela, une civilisation productive : une civilisation qui pense, qui transmet, qui démontre, qui expérimente, qui outille, qui construit. Une civilisation qui produit des vaccins, des laboratoires, des trains, des réseaux, des normes, des ingénieurs, des institutions, des systèmes. Une civilisation qui préfère le réel démontrable au récit incantatoire et autres fables religieuses.
On peut donc le dire sans honte, et même avec une certaine fierté à laquelle nous n’avons pourtant plus le droit, si la France est plus riche qu’une grande partie de l’Afrique, ce n’est pas parce qu’elle aurait mieux pillé, c’est parce qu’elle a mieux produit ; mieux organisé le savoir ; mieux construit l’État ; mieux stabilisé le droit ; mieux discipliné l’intelligence ; mieux transmis l’école ; mieux transformé la philosophie en science, la science en technique, la technique en industrie, et l’industrie en puissance.
La pauvreté d’une grande partie de l’Afrique ne s’explique pas par une essence, mais par un retard structurel sur les ressorts décisifs de la prospérité moderne : l’instruction de masse, la rationalité institutionnelle, la stabilité politique, le capital humain, la recherche, la méthode et l’État capable. Tant que ces leviers resteront plus faibles, l’écart restera largement compréhensible.
Pour conclure et répondre à ce crétin qui n’aura sans doute pas les capacités – de concentration, de syntaxe et autres… – pour comprendre ce texte on pourrait le résumer ainsi :
La France n’est pas riche parce qu’elle aurait simplement pillé l’Afrique ; elle est riche parce qu’elle a bâti une civilisation de l’école, du droit, de la science, de l’ingénierie, de l’administration et de la raison. Ce qui fait la richesse durable d’un peuple, ce n’est pas seulement ce qu’il prend, c’est ce qu’il sait produire.
© Cyril Chevrot
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