Tribune Juive

Colère. Par Lionel Lacour

Je viens d’entendre le nouveau maire de Saint Denis, celui qui affirme que la Nouvelle France n’est pas autre chose qu’une France de l’immigration et de ses enfants. Une Nouvelle France qui travaillerait,  qui aurait construit notre pays, mais qui serait stigmatisée. 

Mais de quoi parle-t-il ? 

Aucun territoire n’a bénéficié d’autant de soins que ces banlieues. Aucune zone rurale n’a bénéficié des équipements culturels ou sportifs comme Vaulx en Velin, La Courneuve ou Sarcelles. Aucun autre territoire n’a reçu autant de moyens pour accueillir des populations dans les logements sociaux et dans les établissements scolaires. 

L’école ? Parlons-en. 

Entre les classes à effectifs plus réduits, des dotations pour des activités culturelles en tous genres, des soutiens pour les enfants ne parlant pas le français, des fournitures financées par les collectivités territoriales, les villes comme Saint Denis ou Vénissieux ont mis tout en œuvre pour permettre une intégration de ces populations d’immigrés, de réfugiés ou de clandestins.

Certains ont joué le jeu. Les migrants asiatiques n’ont jamais été une minorité problématique en tant que groupe. Pas de revendications communautaires. 

D’autres l’ont également joué à titre individuel et chacun connaît des familles reconnaissantes de ce que la France a donné à ceux qui n’étaient pas Français, parfois au détriment des nationaux.

Mais il faut aussi l’affirmer : si ces quartiers vont mal, si les enseignants font tout pour partir de ces cités, si les services publics reculent et les commerces se communautarisent, c’est que beaucoup pensent que tout leur est dû.

L’école gratuite ? Vécue comme un néo-colonialisme. Il faut censurer certains enseignements.

La cantine gratuite ? Insuffisant. Faites nous des repas selon NOS critères. 

Le respect des règles ? Les parents hurlent au racisme et désormais à l’islamophobie si un adulte du système scolaire ose sanctionner un gamin coupable de tricherie, de violence ou d’absentéisme. Et ce quel que soit l’âge du gamin.

Ces cités se comportent en potentats inclus dans le territoire national, demandant sans cesse des moyens sans contrepartie. École, santé, transports, services publics et allocations diverses d’un côté, trafics illicites et exploitation humaine de l’autre. Le tout avec un transfert d’autorité.

Le maire de Saint Denis, par sa déclaration, conclut le dernier pas d’une sorte de sécession territoriale, démographique et politique. Il devient non plus un représentant de l’État démocratique dans un territoire de la République mais un chef d’un territoire autonome qui sera l’interlocuteur des autorités françaises.

L’heure est vraiment grave. Cela ne peut pas finir autrement qu’en un conflit pour rétablir l’ordre républicain et les valeurs françaises ou pour se soumettre à une nouvelle autorité exogène.‌‌

© Lionel Lacour

Historien du cinéma, initiateur et chroniqueur régulier du « Diplomate média » dans la rubrique « Cinéma et Géopolitique ». Créateur de ciné-conférences- et teambuildings cinéma.
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