Tribune Juive

Tout ce que l’on doit aux « escrologistes »! Par Jean-Marc Lévy

Au-delà des 100 millions de morts commis au nom des totalitarismes rouges, le communisme s’est toujours caractérisé, à mes yeux, par la volonté idéologique d’abolir toute frontière entre la vie privée et l’espace public. A cet égard, la scène du film « Le Docteur Jivago », où le héros, Youri Jivago, de retour du front, retrouve sa maison de Moscou, réquisitionnée par le nouveau régime et découpée en « appartements » donnés aux prolétaires et aux camarades du parti, est édifiante.

On aurait tort cependant de croire cette tentation révolue : l’idée que le pouvoir puisse s’étendre toujours davantage sur la vie privée réapparaît depuis plusieurs années, drapée dans les habits de l’écologie politique ou de ses alliées de gauche ou du centre. Les thèmes de l’environnement, de la qualité de la vie et de la nature qui étaient pourtant à l’origine des préoccupations conservatrices chères à la droite, ont été préemptés par la gauche au cours des années 1970-1980, et notamment par des communistes défroqués en apparence et refroqués en militants à la pâquerette. A l’échelle européenne, l’emblème de ce tour de prestidigitation est évidemment la transformation de Dany (Cohn-Bendit) le Rouge devenu en quinze ans Dany le Vert. Mais contrairement à la position historique des communistes, les écologistes ont toujours été foncièrement contre le nucléaire, qu’il soit militaire ou civil, les Verts allemands, pacifistes revendiqués, s’étant fait connaître en 1983 par leur opposition au déploiement des missiles Pershing américains et, de ce fait, alliés objectifs – faut-il s’en étonner – de Moscou, quand ils n’étaient pas des crypto-communistes instrumentalisés par le régime soviétique.

Néanmoins, au cours de leur crise d’adolescence qui aura tout de même duré une trentaine d’années, l’écologie politique aura pu se targuer d’avoir durablement installé dans le débat public les problématiques environnementales et de santé, et d’avoir contribué à alerter sur les dangers possibles des OGM ou des farines animales au moment de la crise de la vache folle. C’est bien tout ce qu’on trouvera à mettre à l’actif d’une écologie politique qui, ayant infusé au sein de tous les partis politiques et n’ayant donc plus le monopole du discours écologique, s’empressa de développer les idées les plus délirantes avant de se radicaliser vers une écologie punitive.

On doit ainsi au scientisme des écologistes les premières ampoules à économie d’énergie contenant du mercure, liquide hautement polluant et toxique s’il en est. On doit aussi à l’écologie dogmatique la dégradation de paysages entiers défigurés par des pools d’éoliennes qui, par définition, ne peuvent produire que de l’énergie intermittente – donc quand il y a du vent – et qui ne fonctionnent jamais toutes ensembles et dont le rendement annuel est finalement très faible. Alors que l’énergie nucléaire est l’énergie qui offre à la fois le meilleur pouvoir énergétique (le plus de Mégawatt générés par kilogramme de combustible) par rapport au charbon (filière thermique) ou par rapport à l’eau (filière hydro-électrique) et qui est de surcroit la moins chère du marché et la moins émettrice de CO2, le président François Hollande a liquidé la filière nucléaire française pour un accord bassement électoral signé sur le coin d’une table avec les écologistes. Ce faisant, c’est non seulement la souveraineté et l’indépendance énergétique de la France qui ont été sacrifiées, mais aussi un savoir-faire industriel reconnu et une expertise commercialisée dans le monde entier.

Alors qu’il y a une quinzaine d’années encore, la France couvrait largement ses besoins énergétiques par la filière nucléaire parvenant au plus fort des pics de consommation hivernaux à vendre son surplus à l’Allemagne, cela n’est plus le cas depuis plusieurs années. Désormais, en cas de manque, la France achète son courant en Allemagne, un courant produit par des centrales thermiques au charbon que les écologistes poussent Angela Merkel à rouvrir après la catastrophe de Fukushima, tout en convainquant sans peine François Hollande – qui voulait s’assurer le soutien des écologistes – de fermer la centrale nucléaire de Fessenheim, alors fraichement remise à neuf et qui pouvait garantir encore une quarantaine d’années de fonctionnement. Le caractère intermittent des énergies « propres » n’est pas sans causer de sérieux problèmes, lorsque celles-ci sont injectées dans le réseau, pouvant créer des surtensions voire des blackouts complets comme celui survenu le 28 avril 2025 dans la péninsule ibérique, ce qui vient d’être confirmé par un rapport publié par le panel d’investigation européen.

Il y a également dans l’écologie politique un rapport tout à fait particulier à la beauté et à la propreté, ou plus exactement à la laideur et à la saleté, que l’on retrouve chez leurs alliés politiques : les parcs d’éoliennes en mer, non contents de défigurer les paysages, détruisent la faune et la flore. Les composteurs pour le stockage des déchets végétaux et les collecteurs de déchets organiques dans les villes puent pour satisfaire l’ego de quelques bobos. A Paris, la politique d’Anne Hidalgo aura transformé la ville lumière : la gestion catastrophique des ordures ménagères a permis la prolifération de 4 rats par habitant, rats que la novlangue «escrologiste » préfère renommer surmulots. Le radicalisme anti-véhicules de certains maires de gauche ralliés à «l’escrologie » a conduit également à supprimer des voies de circulation dans les villes et à créer artificiellement des bouchons : pour des raisons dogmatiques, le choix a été vite fait entre qualité de l’air et pollution ! Et l’idée délirante d’interdire certains centres villes aux véhicules à moteur durant la pause méridienne est en train de tuer l’économie de ces mêmes centres villes ; mais il est vrai que la Gauche aime tellement les pauvres qu’elle ne cesse de les multiplier !

Il y a également dans l’écologie politique une aversion jamais démentie pour les agriculteurs et le monde paysan : alors que la France ne contribue que pour 1% des émissions de dioxyde de carbone de la planète, après avoir liquidé la filière nucléaire et en passe de liquider la filière automobile, les écologistes sont prêts à liquider l’élevage français, parce que les vaches flatulent. Y compris au moyen du traité Mercosur et avec l’aide active de la Commission européenne ! La question que pose la suppression possible de la filière d’élevage – et le développement de steaks de laboratoire à 3000 € le kilo – est identique à celle posée par la disparition des véhicules thermiques et leur remplacement par le tout électrique, ou même l’idée délirante d’imposer un quota de vols par personne : qui mangera de la viande et qui n’en mangera plus ? Qui roulera et qui ne roulera plus ? Qui prendra l’avion et qui ne le prendra plus ?

Ce que les écologistes veulent imposer en réalité, c’est une société à deux vitesses et un paradigme : la décroissance. Or ce paradigme est dangereux : comme pour tous les pays basés sur une économie de marché, la croissance est une course obligée et sans fin, basée sur le crédit, c’est-à-dire sur la confiance en un avenir imaginaire mais en partie planifié, qui nous permet de construire le présent aux dépens du futur en postulant des ressources à venir supérieures aux ressources actuelles. Telle est la condition du progrès. La décroissance engendre le déclin. A cette écologie punitive, il faut opposer résolument le développement durable, qui concilie croissance et respect de l’environnement.

L’abstention électorale ayant toujours favorisé les extrêmes, c’est donc tout naturellement qu’avec 60% d’abstention du corps électoral aux élections municipales de 2020, l’écologie politique arrive à la tête des exécutifs municipaux dans des villes de province, moyennes ou grandes : Lyon, Marseille, Bordeaux, Strasbourg, Poitiers, Annecy, Besançon,… Il n’aura pas fallu attendre très longtemps pour s’apercevoir que la peau verte de la pastèque était très fine et que sous le vernis vert d’un retour à la nature et aux circuits courts ou bio se cachait une gauche plus rouge que rose où règnent en majesté la connivence avec les mouvements indigénistes, communautaristes ou woke et la soumission idéologique à l’islamo-gauchisme. Dans une action politique coercitive et punitive, les écologistes ont mis en œuvre leurs initiatives foireuses, en salissant, en enlaidissant et en saccageant des villes dans lesquelles, parfois, ils n’habitent pas. Au bêtisier des maires ou des conseillers municipaux écologistes : le refus de subvention à deux aéroclubs au motif que l’aérien ne doit plus faire partie des rêves d’enfants (Poitiers) !, le refus de subventionner un club de voile (Vincennes) à cause de la pollution (sic), le tour de France jugé machiste (Lyon), l’éviction du sapin de Noël (Bordeaux) qui est un arbre mort !, la subvention à la mosquée de Strasbourg,…

Last but not least : l’antisémitisme. Les écologistes, comme leurs grands frères communistes, ont toujours pris parti pour le peuple « palestinien » dès les années 1990. Trente ans plus tard, c’est par le négationnisme, le révisionnisme, l’antisémitisme et la haine des Juifs vivants donc d’Israël que s’exprime ce parti-pris. A Strasbourg, ville européenne, siège de plusieurs institutions européennes, la maire Jeanne Barseghian, qui avait déjà rejeté la définition IHRA de l’antisémitisme en mars 2021, recevait fin mai 2025, tout sourire et aux anges, un « cadeau » d’une délégation « palestinienne » ayant la forme d’une carte de géographie négationniste et révisionniste du Proche-Orient, sans Israël – la « Palestine » de la rivière à la mer. L’égérie des « escrologistes », Greta Thunberg, non contente de partager cet antisémitisme « écologique » et anti-capitaliste, apparaît aussi comme une véritable imposture : la passionaria suédoise serait financée par Aileen Getty, riche héritière de la compagnie pétrolière Getty Oil et quand Greta rejoue la croisière s’amuse sur sa « flottille pour Gaza » et se fait intercepter par la marine israélienne, elle se débarrasse sans ciller de son smartphone et de sa batterie : une pollution que la mer mettra quatre à cinq siècles à dégrader !

L’écologie est un sujet suffisamment sérieux pour qu’il ne soit pas travesti par une escroquerie idéologique en bandes politiques organisées. Profiter des élections pour congédier et renvoyer ces khmers verts à leurs chères études au profit d’une écologie de croissance durable serait assurément un grand pas pour l’Homme et un grand pas pour l’humanité !

 © Jean-Marc Lévy, vice-Président d’Israël is Forever Alsace

Quitter la version mobile