David Reinharc, éditeur courageux, en butte incessante aux insultes et menaces pour son catalogue libre et engagé, vient de publier dans sa maison d’édition un ouvrage, LFI. Anatomie d’une perversion, qu’il coordonne lui-même et que dirige l’une des plus grandes figures intellectuelles contemporaines, Pierre-André Taguieff.
Ce livre, contre lequel une véritable armée de trolls s’est déversée et se déverse actuellement sur les réseaux sociaux, avec une violence inouïe, réunit une cinquantaine des plus grands intellectuels, de diverses sensibilités politiques, pour analyser sans complaisance la nature profonde d’un parti, La France insoumise (LFI), qui s’est imposé comme une force de rupture. À travers des regards croisés, le livre propose une analyse critique rigoureuse d’une machine idéologique redoutable, imprégnée d’influence islamiste.
Un des messages laissés par ce livre est de montrer que l’extrême gauche d’aujourd’hui, consciemment ou non, réhabilite Carl Schmitt où la distinction entre l’ami et l’ennemi devient le principe structurant de sa vision du monde. L’humanité se trouve ainsi divisée en deux camps irréconciliables. Ceux qui ne souscrivent pas aux thèses de cet extrémisme radical sont aussitôt assimilés à des nazis ou à des fascistes et se voient, par là même, exclus de l’humanité « propre ».
Une telle logique constitue une idéologie féroce et mortifère, transformant l’adversaire politique en ennemi du genre humain. Dès lors, s’en débarrasser devient une œuvre de salubrité publique. Tous les coups sont permis. Les robespierristes anti-génocidaires cherchent à faire payer aux Éditions Reinharc le fait qu’ils aient publié un tel livre.
Mais à ceux des extrêmes qui le combattent, alors que semble se profiler de sombres temps, Reinharc répond : même pas peur ! L’éditeur, érudit et intelligent, est connu pour ses combats qui s’inscrivent dans ce que Jan Patocka avait appelé « la communauté des ébranlés », ceux qui s’émancipent de ce qui les rive au quotidien pour exercer pleinement leur liberté d’homme.
Ce que démontre ce volume, analysé au scanner, c’est la manière dont ce groupe guette le moindre fait susceptible d’alimenter le grand récit binaire du Bien et du Mal, et par là de déclencher l’incendie, de mettre en mouvement cette jeunesse, qui ne demande qu’à exploser. La mise à l’index régulière des Juifs, sous le couvert de l’antisionisme, par LFI s’inscrit dans ce besoin d’intrigue manichéenne. Ce qui leur importe en premier lieu dans la « cause palestinienne », montre Bérénice Levet dans le livre, est de leur fournir un carburant. Dans le Grand Retournement actuel, les Juifs, les « sionistes » disent-ils pour se donner « bonne conscience », sont les nouveaux nazis, voués donc à être mis hors monde et les Palestiniens, les nouveaux Juifs. Nous vivons en direct le remplacement du présent par son réel inversé. Il faut lire l’époque à l’envers.
Pierre-André Taguieff montre qu’il s’agit de la part des Insoumis d’un fascisme paradoxal, puisque le discours de propagande est centré sur la dénonciation du « retour du fascisme » en France ou de la « fascisation » de la société française. Ce mouvement extrême, machine à fabriquer des élus mus par la violence, incarne ainsi un néofascisme à un paradoxal visage démocratique et antifasciste. Pour ces gens, à la langue créolisée nouvelle, place au peuple nouveau, à l’homme nouveau, qui n’accepte pas celui qui n’est pas comme lui.
sous la direction de Pierre-André Taguieff
(Éditions David Reinharc, mars 2026)
Pour en comprendre tous les ressorts idéologiques, il faut lire ce livre que conclut Alain Finkielkraut : de Jean-Yves Camus à Marc Knobel, de Noëlle Lenoir à Robert Redeker, de Philippe Val à Abnousse Shalmani ou encore de Raphaël Enthoven à Samuel Fitoussi, Xavier Gorce ou Caroline Yadan, l’ouvrage analyse l’antisémitisme, la connivence avec l’islamisme, l’entrisme dans les facs, la vision de la justice ou encore le lien avec le fascisme.
Un livre à lire d’urgence, et à offrir, car, comme le souligne Alain Finkielkraut, dans la nouvelle France que ce mouvement appelle de ses vœux, nous n’avons notre place ni comme Français ni comme Juifs, si ces gens arrivaient demain au pouvoir, nous n’aurions vraisemblablement pas d’autre choix que faire nos valises.
© Dr Didier Nebot, président d’honneur de MORIAL, Mémoire et traditions des Juifs d’Algérie
Source: Le CRIF
Le Docteur Didier Nebot, stomatologiste à l’OSE (Œuvre de secours aux enfants), est président d’honneur de l’association MORIAL, mémoire et traditions des juifs d’Algérie. Il fut le premier vice-président de l’INSSEF, Institut Européen du Monde Séfarade. Il fut également membre de la « commission mémoires et vérité » instituée par le président de la République, Emmanuel Macron, sous la direction de Benjamin Stora. Il a remis, en son temps, un document de dix pages à la commission concernant la « mémoire juive en Algérie ». Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Les bûchers d’Isabelle la Catholique (Éditions Erick Bonnier, 2018), Mémoire d’un dhimmi (Éditions Des Rosiers, 2012), 10 commandements et les tribus oubliées d’Israël (Éditions Erick Bonner, 2020). Il a obtenu en 1992 le Prix littéraire Émile Roux.
