Tribune Juive

Ilan Halimi : l’abattage de l’olivier commémoratif jugé non antisémite en appel

La justice a écarté la qualification d’acte antisémite, faute de preuve d’une intention visant la mémoire de la victime en raison de sa religion.

Fresque pour Ilan Halimi à Paris© YehelJudaica / Instagram

La cour d’appel de Paris a confirmé mercredi les condamnations de deux frères poursuivis pour avoir abattu un olivier planté en mémoire d’Ilan Halimi à Épinay-sur-Seine, tout en écartant la circonstance aggravante d’antisémitisme. Comme en première instance à Bobigny, les juges ont estimé qu’aucun élément ne permettait d’établir que les prévenus avaient connaissance de l’identité ou de l’histoire d’Ilan Halimi, ni qu’ils avaient agi dans l’intention de viser sa mémoire en raison de son appartenance religieuse.

Brahim K. a vu sa peine de huit mois de prison ferme confirmée. Son frère jumeau, Ismaël K., absent lors du procès car expulsé en Tunisie, a été condamné à huit mois de prison avec sursis pour destruction aggravée du bien d’autrui. Les deux hommes font également l’objet d’une interdiction du territoire français pendant cinq ans.


Abattage d’un olivier en mémoire d’Ilan Halimi : les deux frères condamnés en appel à 8 mois de prison

A la suite du jugement rendu en octobre par le tribunal de Bobigny, le parquet avait fait appel des peines prononcées. [THOMAS COEX / AFP]

Par Khalil Rajehi pour CNews

La cour d’appel de Paris a rendu son arrêt, ce mercredi 18 février, contre les deux frères tunisiens accusés d’avoir abattu, dans la nuit du 13 au 14 août 2025, un olivier planté en hommage à Ilan Halimi à Epinay-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis, confirmant les peines prononcées en première instance, soit 8 mois de prison, a appris CNEWS de source judiciaire. 

Un mois après le procès en appel, la justice a rendu sa décision ce mercredi 18 mars à l’encontre de Brahim K. et Ismaël K., deux frères jumeaux de 20 ans, accusés d’avoir abattu dans la nuit du 13 au 14 août un olivier planté à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) en mémoire d’Ilan Halimi, jeune homme de confession juive séquestré et torturé à mort par le «gang des barbares» en janvier 2006. 

Selon une source judiciaire à CNEWS, la cour d’appel a confirmé les peines prononcées en première instance. Si l’infraction antisémite n’a pas été retenue, Brahim K. a été condamné ce mercredi à 8 mois de prison ferme avec maintien en détention et à 5 ans d’interdiction du territoire français. Son frère Ismaël K., expulsé vers la Tunisie dans le cadre de son OQTF (obligation de quitter le territoire français), a quant à lui été écopé de 8 mois de prison avec sursis et d’une interdiction du territoire français pendant 5 ans. 

Pourtant, lors de l’audience du 18 février 2026, l’avocat général avait retenu l’infraction antisémite, demandant un an de prison ferme avec maintien en détention pour Brahim K. et un an ferme sans mandat de dépôt contre Ismaël K.

«Un enfant de France mort parce que juif»

A la suite du jugement rendu en octobre par le tribunal de Bobigny, le parquet avait fait appel des peines prononcées, dénonçant la relaxe sur les faits de violation d’un monument dédié à la mémoire des morts commise en raison de la race, l’ethnie, la nation ou la religion.

Après les faits, plusieurs personnalités politiques, dont le président de la République Emmanuel Macron, avaient fermement condamné l’abattage de l’olivier. «Abattre l’arbre rendant hommage à Ilan Halimi, c’est chercher à le tuer une deuxième fois», avait écrit le chef de l’Etat sur le réseau social X, avant d’ajouter : «La Nation n’oubliera pas cet enfant de France mort parce que juif».


Ilan Halimi avait été enlevé par le «gang des barbares» le 20 janvier 2006. Lorsqu’il avait été retrouvé, il était nu, bâillonné, menotté et portait des traces de tortures et de brûlures. Il avait succombé pendant son transfert à l’hôpital.

Pour rappel, en 2019, deux autres arbres plantés en hommage à Ilan Halimi avaient été vandalisés à Sainte-Geneviève-des-Bois, dans l’Essonne, où il avait été retrouvé agonisant au bord d’une voie ferrée.


Quitter la version mobile