Tribune Juive

François Hollande, la dignité en option. Par Paul Germon




François Hollande a la mémoire courte. Ou la conscience élastique. Ancien président de la République, il se drape aujourd’hui dans les grands principes. LFI ? « Tout sauf un barrage contre l’antisémitisme ». Les alliances avec Mélenchon ? Des « compromissions ». Le cordon sanitaire ? « Indispensable ». Les mots sont fermes. Le ton, présidentiel. Le geste, noble.

Pendant ce temps, soixante-dix communes PS-LFI concluent leurs petits arrangements. Tranquillement. Méthodiquement. Sous ses yeux.

Où est la sanction ? Où est l’ultimatum ? Où est le coup de poing sur la table qu’un ancien chef d’État se doit d’asséner quand ses propres troupes piétinent ses propres lignes rouges ?

Nulle part. Hollande « donne un avis ». Pas une consigne. La nuance est savoureuse. Elle est surtout révélatrice : l’homme des grandes déclarations ne dirige rien, ne tranche rien, ne sanctionne rien. Il commente. Comme un éditorialiste. Avec le titre d’ancien président en bandoulière.

Il y a pire. Hollande siège à l’Assemblée nationale grâce à qui, exactement ? Grâce aux voix NUPES, grâce aux logiques NFP, grâce aux mécaniques électorales que Mélenchon a construites. Il a mangé à ce râtelier. Il le condamne désormais avec componction. La posture morale est d’autant plus confortable qu’elle ne coûte rien.

La charge d’ancien président de la République n’est pas un titre honorifique. Elle implique une ligne. Une constance. Une capacité à dire non — vraiment non — quand les principes sont bafoués. Pas un « avis » suivi d’un haussement d’épaules.

Ce que Hollande pratique, c’est autre chose. C’est l’art de paraître sans agir. De tonner sans frapper. De condamner le lundi ce qu’on laisse prospérer le vendredi.

La gauche républicaine mérite mieux que ça. La République aussi.​​​​​​​​​​​​​​​​

© Paul Germon

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