Tribune Juive

Le vertige. Par Thierry Amouyal

Je ne me trouve pas en équilibre au-dessus d’un vide vertigineux, non je suis tranquillement installé dans mon bureau ici en Israël. Cette pièce est aussi la pièce blindée de la maison, l’abri qui protège les miens des attaques des sauvages islamistes libanais et iraniens.

Je n’ai pas peur pour ma vie car je vis dans un pays gouverné par des hommes et des femmes engagés pour leur population, protégé par une armée populaire efficace, puissante et dévouée.

Aujourd’hui si je suis saisi d’un vertige c’est parce que j’écoute les discours d’hommes et de femmes politiques dirigeant un autre pays, celui où je suis né, celui dont je parle la langue, celui dont je partage avec bonheur l’esprit, la culture et la vieille et riche civilisation : la France.

Qui sont ces barbares qui font la chasse aux Juifs ?

Qui sont ces lâches qui s’associent à eux ?

Quelles sont ces « autorités » qui autorisent toutes ces outrances à l’encontre de mon peuple alors que les derniers survivants des camps de la morts respirent encore parmi nous ?

Quel est ce « gouvernement » qui ne gouverne pas ?

Quel est ce « président » qui ne préside pas ?

Quels sont ces parlementaires « démocrates » qui siègent aux côtés de militants nazis ?

Quelle est cette justice qui ne punit pas les meetings antijuifs ?

Quel est ce peuple qui accorde massivement sa confiance aux descendants d’Hitler et de Khameneï ?

Devant tant d’indécence et d’indignité, j’ai juste le vertige, je n’ai pas le vertige pour moi car mon nouveau pays se tient debout comme un lion puissant et déterminé, et je partage sa route avec confiance et bonheur, non , j’ai le vertige pour vous mes frères français, Juifs et non Juifs , Chrétiens , Musulmans ou athées, car si vous ne distinguez pas le précipice devant vos pieds, nous d’ici nous le voyons très clairement.

Ce soir j’ai le vertige pour la belle France, celle de ma jeunesse heureuse et épanouissante, celle de mes amitiés chaleureuses, celle des beaux partages que le génie de ce pays avait rendu possibles.

Il reste quelques instants pour se ressaisir, juste quelques petits instants pour se sauver et ne pas tomber.

© Thierry Amouyal

Hadera

En alerte rouge à l’instant où j’écris.

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