Tribune Juive

Toulouse : la ville rose… de honte. Par Michel Dray

Je connais bien Toulouse. J’aime cette ville qui se baigne imprudemment dans la Garonne, un bien étrange fleuve qui, sous ses ondulations faussement calmes, est capable du pire, autant dire de la plus impitoyable noyade pour le quidam aventureux qui s’aventurait sur ses berges. Car, la Garonne ne pardonne pas. Avec elle, la tricherie ça ne marche pas. Parfois, j’écoute Nougaro et sa chanson en hommage à la ville Rose, l’une des plus belles déclarations d’amour faite à une cité.  Sa mélodie m’emporte, m’enlace, me donne des fourmis dans les jambes. Et mentalement je me promène, tranquille, dans les rues menant à l’église St Sernin, plus forteresse cathare que lieu de culte catholique, mais surtout trace indélébile d’une histoire qui remonte très loin dans l’agenda des Hommes.

Pourtant, mes mots ne sont pas couleur de carte postale, loin de là ! Depuis hier soir, en regardant la télévision, j’ai le vocabulaire larmoyant — c’est comme ça ! il y a des mots qui suintent la tristesse parce qu’ils vous rappellent ce qui n’est plus. Ce qui risque de ne plus jamais être. Par exemple cette grande et majestueuse place du Capitole, terriblement belle, fichtrement imposante, incroyablement royale. L’endroit a toujours été un lieu de pouvoir, un centre décisionnel comme on dit aujourd’hui. Capitoul au moyen âge jusqu’à l’Ancien Régime, Mairie depuis que la République des Lumières est la fille aînée de la Tolérance, les Toulousains n’échangeraient leur maison républicaine pour rien au monde. Et pourtant, cette si jolie place du Capitole risque de devenir au lendemain du second tour des municipales le « bunker de la honte » où se tapiront pendant six ans des staliniens à la petite semaine. Les oies du Capitole ne seront plus blanches mais brunes fortement teintées d’islamo-gauchisme.

Le temps est à l’orage. À défaut de « nuit des Longs couteaux » on risque fort de vivre la « nuit des faux-culs », hélas le genre de nuit après laquelle on se réveille la gueule de bois. 

Pour le prix — entendez l’émolument accordé aux édiles — d’une bonne place municipale, on oublie tout, surtout sa conscience, parce que pour ce qui est de l’âme, comme Gogol, je dirais qu’elle est morte depuis belle lurette !  Alors qu’Olivier Faure dans une conférence de presse où la tartufferie se mêle à l’ignominie en annonçant urbi & orbi « qu’il n’y aura pas d’accord avec LFI », à Toulouse Jean-Luc Moudenc (PS) maire sortant et François Piquemal (LFI) n’ont aucun état d’âme à organiser ensemble, une conférence de presse démontrant, s’il en était encore nécessaire que les promesse — ou les paroles, ce qui revient au même — n’engagent que ceux qui les écoutent.

Où es-tu gauche que j’ai aimée ? Où es-tu Jaurès ? Où es-tu Blum ? Où es-tu Mendes-France ? Dans les limbes, voilà où malheureusement vous êtes désormais tous misérablement relégués. L’histoire du PS d’aujourd’hui c’est un tiers de pusillanimité, un tiers de politicaillerie, un tiers de mensonge, un tiers de roublardise ; et que Pagnol ne vienne pas me dire que tout dépend de la grosseur des tiers, car les socialistes d’aujourd’hui ne savent plus l’arithmétique : la preuve, ils sont obligés de « compter » sur le parti le plus antisémite de France pour se faire élire. Comme aurait dit Shakespeare « mon honneur pour une mairie »

Alors, je dis à ceux qui sont encore socio-démocrates comme Glucksmann de divorcer au plus vite d’avec des camarades qui, tôt ou tard — victimes d’une contamination LFIste sans doute — l’accuseront d’être un sale juif à défaut d’être un bon islamo-gauchiste.

Toulouse ne s’est peut-être pas noyée dans la Garonne, mais à coup sûr dans la honte. Le deuxième tour évitera peut-être que la ville jadis rose, devienne rouge. Il faut si peu à l’Histoire pour se noyer dans les mauvais courants idéologiques.

Toulouse, désormais la ville rose … de honte

                                                                                   Michel Dray

                                    

                                                                       Historien,

Ancien conseiller pour les affaires européennes de Jack Torczyner vice président du Congrès Juif à New-York,

Ancien Chargé de Mission pour les relations inter méditerranéennes près le Comité Marseille – Méditerranée,

                        Contributeur de la Critique de la déraison antisémite (éditions Intervalles, Paris, 2025)

                        Contributeur de Il est une fois Boualem Sansal (éditions Frantz Fanon, Paris 2025)


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