Comme dans les années 1930, une partie des forces politiques occidentales semble aujourd’hui incapable de prendre la mesure de la nature de certains régimes autoritaires. L’histoire ne se répète jamais à l’identique, mais elle offre parfois des parallèles troublants.
Les positions exprimées depuis le début de la confrontation entre Israël, les États-Unis et le régime iranien sont d’une grande clarté.
D’un côté se trouvent ceux qui considèrent qu’il est nécessaire de faire face au régime iranien. Leur analyse repose sur plusieurs évidences politiques et stratégiques.
La première concerne la question nucléaire. Permettre à un régime théocratique militant, dont les dirigeants proclament ouvertement leur volonté d’effacer Israël de la carte, d’accéder à l’arme atomique constituerait une rupture majeure dans l’équilibre international. L’histoire du XXᵉ siècle a montré ce que peut produire la combinaison d’une idéologie radicale et d’une puissance militaire sans précédent.
La deuxième raison tient à la menace directe qui pèse sur Israël. Depuis plus de quarante ans, la République islamique d’Iran finance, arme et organise des réseaux militaires dans toute la région — du Hezbollah au Liban aux différentes milices présentes au Moyen-Orient. Cette stratégie n’a jamais eu pour objectif la stabilité régionale, mais bien la confrontation permanente. Comme l’Allemagne, nazie son objectif avoué, répété, écrit et proclamé à maintes reprises est la destruction de tout ce qui est Juif à commencer par Israel.
La troisième raison concerne le peuple iranien lui-même. Derrière la rhétorique pseudo révolutionnaire mais totalitaire du régime se cache une réalité beaucoup plus simple : celle d’un système autoritaire qui réprime toute contestation et qui n’hésite pas à emprisonner, torturer ou exécuter ceux qui réclament les libertés les plus élémentaires.
À cela s’ajoutent des enjeux stratégiques globaux : la sécurité des voies maritimes dans le détroit d’Ormuz, la stabilité des États du Golfe et l’équilibre géopolitique d’une région dont dépend une part essentielle de l’économie mondiale.
Il serait enfin naïf d’ignorer le système d’alliances dans lequel s’inscrit aujourd’hui le régime iranien. À travers ses convergences stratégiques avec la Russie et la Chine, Téhéran participe à une contestation plus large de l’ordre international issu de l’après-guerre.
Les arguments sont pesés, étayés et correspondent à une lecture globale de la situation qui n’en néglige aucun aspect.
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Face à cette analyse, un autre discours s’est installé.
Il y a tout d’abord les réactions des chancelleries française, anglaise et espagnole tremblantes et chancelantes qui invoquent, le droit et plus particulièrement l’international, considèrent que c’est une erreur, parlent d’une voie diplomatique de négociations et à des degrés divers, refusent tout soutien à l’opération de purge des Mollahs.
Et puis aussi très largement répandu dans une grande partie de la gauche occidentale un soutien direct au régime fou de Téhéran
Leur prises de position reposent sur un schéma intellectuel bien connu : une hostilité systématique envers les démocraties occidentales, et une indulgence persistante pour les régimes qui s’y opposent.
Ce réflexe idéologique n’est pas nouveau même s’ils ne sont pas les seuls à l’avoir.
Pendant des décennies, il s’est exprimé à propos des régimes communistes. L’Union soviétique, la Chine de Mao ou Cuba furent longtemps entourés d’une indulgence étonnante dans certains milieux politiques et intellectuels européens.
Ceux qui dénonçaient leurs crimes étaient accusés d’exagération ou de propagande. Alexandre Soljenitsyne, qui révéla l’ampleur du système concentrationnaire soviétique, fut longtemps accueilli avec méfiance dans une partie de l’intelligentsia occidentale. Moqué, vilipendé voire insulté ! Gorbatchev a reçu le même sort auprès de ces mouvements de la gauche marxiste européenne.
Dans le même temps, certains responsables politiques, comme le premier Secretaire du Parti communiste français, pouvaient affirmer sans ciller que le bilan de l’Union soviétique était « globalement positif », malgré les dizaines de millions de morts que ce régime avait provoqués.
Aujourd’hui il suffit de voir les vidéos interviews de la mannequin Iranienne Negzzia par les télévisons publiques ou BFM pour mesurer l’ignoble compréhension de cette frange médiatique vis à vis des mollahs.
Aujourd’hui Mélenchon rejoue la même parodie.
Le mécanisme est toujours le même : un soupçon constant envers les démocraties et une indulgence non dissimulée envers les régimes autoritaires dès lors qu’ils se présentent comme adversaires de l’Occident.
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L’histoire européenne offre pourtant un précédent particulièrement éclairant.
Dans les années 1930, une partie importante des élites politiques et intellectuelles refusa de prendre la mesure du danger que représentait le nazisme.
La tentation dominante était celle de l’apaisement. Le traumatisme de la Première Guerre mondiale nourrissait l’espoir qu’un compromis avec les régimes totalitaires resterait toujours possible.
Ce fut l’illusion de Munich en 1938.
Quelques voix seulement s’élevèrent pour dénoncer cette politique. En France,
Georges Mandel fut l’un de ces hommes lucides. Au Royaume-Uni, Winston Churchill occupa une position comparable.
Leurs avertissements furent largement ignorés.
Dans le même temps, le Parti communiste français, aligné sur Moscou, adopta en 1939 une ligne hostile à la guerre contre l’Allemagne après la signature du
Molotov–Ribbentrop Pact entre Joseph Staline et Adolf Hitler.
La guerre fut alors présentée comme un conflit impérialiste entre puissances capitalistes.
L’histoire a depuis jugé ces aveuglements.
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Les crises internationales ont toujours eu cette vertu révélatrice : elles mettent à nu non seulement les alliances stratégiques, mais aussi les alliances idéologiques.
Pendant que certains commentateurs continuent de relativiser la nature du régime iranien, les femmes iraniennes et l’immense majorité de ce peuple, se battent pour leurs libertés les plus élémentaires, les civils israéliens vivent sous la menace permanente des roquettes et le Liban reste fragilisé sous l’emprise du Hezbollah.
L’histoire ne se répète jamais exactement. Mais elle possède une étrange manière de rappeler certaines leçons.
Dans les années 1930, beaucoup pensaient préserver la paix en refusant de voir le danger qui grandissait sous leurs yeux.
On sait aujourd’hui ce qu’il advint de cette illusion.
La question qui se pose désormais est simple : avons-nous réellement appris quelque chose de cette histoire ?
© Frédéric-Joseph Bianchi
Président de l’association TERRA ERETZ CORSICA ISRAËL
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Ce groupe est l’endroit où les membres du groupe TERRA ERETZ peuvent s’exprimer le centre d’une association destinée à développer les liens entre la Corse et Israel – elle reprend en appelation les mots clés : TERRA et ERETZ
LA TERRE EN CORSE ET EN HEBREU pour indiquer que ce qui nous attache ce sont ces deux petits morceaux de Méditerranée que nous voulons faire dialoguer ensemble.
