Tribune Juive

Yad Mordekhai aux Assises de Bobigny: Le pire serait que nous continuions à nous taire!!!

L’auteur des violences sexuelles a commis plusieurs faits au sein de la synagogue de Bagnolet. (©Jean-Marc Loos/MAXPPP)

Procès Yad Mordekhai: à Bobigny, la vérité que personne ne voulait entendre sort enfin aux assises

Depuis le 9 mars, à la cour d’assises de Bobigny, se tient un procès dont l’ampleur morale dépasse largement le cadre judiciaire: le procès d’un homme ayant commis des violences sexuelles sur des enfants de la communauté juive à Bagnolet.

Un ancien salarié des institutions Yad Mordekhai y est jugé pour viols et agressions sexuelles sur mineurs: l’homme à tout faire de la synagogue de Bagnolet était un prédateur pédophile.
Derrière un physique diminué, sa surdité et son handicap visuel, Pascal H. cache les instincts d’un terrifiant prédateur. Les faits décrits à l’audience sont d’une gravité extrême. Ils auraient été commis au cœur même de l’établissement scolaire, dans les couloirs, dans les toilettes, à la piscine.
Mais aussi à l’extérieur de l’école.

Pas de pause pour le crime, commis chabbat inclus.

Parmi les victimes, Yacoov n’avait que huit ans lorsque les abus ont commencé.

À la barre, des témoignages bouleversants.

Des adultes racontent l’enfance qu’on leur a volée. Certains pleurent. Certains s’interrompent. Un ancien élève résume l’irréparable : « Il a ruiné mon enfance. »

Mais ce procès ne met pas seulement en lumière les crimes d’un homme. Il révèle aussi le poids d’un silence. Car selon les éléments évoqués à l’audience, des signalements auraient été portés à la connaissance de la direction de l’établissement.

Et pourtant, la justice n’a été saisie que bien plus tard.

Cette question hante aujourd’hui les débats.

Pourquoi les alertes n’ont-elles pas immédiatement conduit à une plainte ? Pourquoi la parole des enfants a-t-elle été si longtemps ignorée ?

Même « chez nous »!!??

Une mécanique du silence courante. Dans toutes les sociétés, dans toutes les institutions, la même tentation existe : éviter le scandale, préserver l’image, espérer que le problème disparaîtra. Chez « nous » aussi.

Mais lorsque le silence s’installe, ce ne sont jamais les institutions qu’il protège.

Ce sont les agresseurs.

À Bobigny, cette semaine, des hommes racontent les blessures des enfants qu’ils étaient. Ils disent enfin ces années de peur. Ces années de honte. Ces années de silence.

Et une question qui devrait tous nous hanter : combien d’enfants auraient pu être protégés si les premiers avaient été écoutés ?

À Tribune juive, nous refusons cette loi du silence.

À Tribune juive, nous refusons cette loi du silence. Parce que la protection d’une institution ne peut jamais passer avant celle des enfants. Parce que la loyauté envers les victimes doit être plus forte que la peur du scandale.

Parce que dire la vérité ne salit pas une communauté. Ce qui la salit, c’est l’omerta.

Le procès se poursuit jusqu’au 16 mars.

La journaliste Véronique Chemla suit les audiences à la cour d’assises de Bobigny.
Son reportage complet sera publié dans Tribune juive et relayé par Sarah Cattan.

Sans omission.

Sans deux poids deux mesures.

Parce qu’il y a des moments où une communauté doit choisir.

Entre le silence.

Et la justice.

Le scandale est que ces crimes aient existé, mais il serait foudroyant si nous continuions à nous taire. C’est terminé.

© Avec Véronique Chemla et C.H.A.R.

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