Tribune Juive

Missiles sur Jérusalem, silence dans le monde. Par Jean Vercors

En ce mois de Ramadan, période que des millions de musulmans associent à la prière, à la retenue et à la réflexion spirituelle, le régime iranien fait exactement l’inverse de ce que la foi prétend enseigner. Il lance des missiles vers Jérusalem.

Oui, Jérusalem. Pas une base militaire obscure, pas un désert vide, mais l’une des villes les plus sacrées de la planète — une ville où se croisent l’histoire, la foi et la mémoire de milliards d’êtres humains.

Les missiles iraniens passent au-dessus du Mur occidental.

Au-dessus de la mosquée Al-Aqsa.

Au-dessus de l’église du Saint-Sépulcre.

Trois lieux saints. Trois traditions. Une seule ville.

Il faut mesurer l’énormité symbolique de cet acte. Car Jérusalem n’est pas seulement une capitale contestée ou un champ de bataille diplomatique. C’est un point de convergence spirituelle unique au monde.

Pour les juifs, c’est le cœur historique du peuple d’Israël.

Pour les musulmans, ils disent que Al-Aqsa est le troisième lieu saint de l’islam pourtant Jerusalem n est pas mentionne une seule fois dans le coran.

Pour les chrétiens, c’est le théâtre de la crucifixion et de la résurrection.

Et pourtant, le régime de Téhéran n’hésite pas à transformer ce symbole universel en cible.

Cette stratégie révèle une hypocrisie profonde. La République islamique prétend parler au nom de la défense des lieux saints musulmans. Elle se présente comme la protectrice d’Al-Aqsa. Mais ses missiles traversent le ciel de Jérusalem sans se soucier de ce qu’ils survolent.

Un régime qui affirme défendre un sanctuaire mais accepte de mettre toute la ville en danger ne protège rien. Il instrumentalise.

Car la réalité est simple : un missile ne distingue pas entre synagogues, mosquées et églises. Il ne distingue pas non plus entre croyants.

Et pendant ce temps, silence radio. Les clowns antisémites professionnels, d’ordinaire si bruyants sur les plateaux, ont soudain perdu leur voix. Les chaînes du service public, elles, regardent ailleurs avec l’élégance d’une autruche sous tranquillisants. Quand Jérusalem est visée, l’indignation médiatique devient subitement très sélective. Comme toujours : certaines roquettes font scandale, d’autres passent à l’antenne en mode discret.

Et puis il y a les grandes consciences internationales. Le Vatican, si prompt à parler de paix universelle, semble étrangement discret. Quant à l’ONU, championne mondiale des résolutions, elle observe avec la prudence bureaucratique qui consiste souvent à ne rien dire de trop clair.

Pourtant, les missiles ballistiques passent au-dessus du Saint-Sépulcre. Mais à force de prudence diplomatique, certaines institutions finissent surtout par ressembler à des spectateurs muets de l’histoire.

En tirant vers Jérusalem, l’Iran ne vise pas seulement Israël. Il menace une ville qui appartient, spirituellement, à une grande partie de l’humanité.

Et c’est peut-être là la vérité la plus troublante : dans cette confrontation, ce ne sont pas seulement des territoires qui sont en jeu. C’est le respect même du sacré ».

© Jean Vercors

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