Il existe des leaders qui transforment la réalité et d’autres qui se contentent d’y ajouter des notes en bas de page.
Macron a choisi son camp.
Dans une allocution solennelle à la nation, le président Emmanuel Macron a dénoncé « une violation du droit international » après l’opération américano-israélienne, affirmant que la France ne pouvait l’accepter.
Dans le même temps, il s’est opposé à une guerre contre l’Iran, tout en annonçant l’envoi d’un porte-avions au Moyen-Orient cinq jours après le début du conflit…
Une posture ambiguë, alors même que, dès le premier jour du conflit, des avions britanniques intervenaient aux côtés d’Israël et des États-Unis pour intercepter missiles et drones iraniens.
Le président français a également mis en garde Israël contre toute incursion terrestre au Liban, qualifiée “d’erreur stratégique”.
En matière de stratégie, cela fait longtemps qu’Israël n’attend plus rien de la France et n’attend aucune leçon de prudence donnée depuis Paris, loin des menaces quotidiennes subies par les populations du nord d’Israël.
Sur le terrain, pourtant, Israël assume ce que la communauté internationale n’a pas su faire : contenir et désarmer le Hezbollah, là où la FINUL, largement financée par la France, a échoué ou tout simplement n’a pas voulu faire le « sale boulot ».
Si Jérusalem avait suivi les conseils du Quai d’Orsay, ses habitants auraient payé le prix du sang.
Concernant l’Iran, parler de « violation du droit international » face à un régime qui a assassiné des milliers de civils en Occident, y compris en France, et près de 40 000 de ses propres citoyens, relève de l’absurde. Faire de la morale face à un pouvoir fondé sur la terreur n’est pas de la diplomatie : c’est de l’aveuglement.
Après les massacres du 7 octobre, ce sont ces mêmes responsables qui exprimaient leur solidarité avec Israël tout en lui imposant, aussitôt, des injonctions à la « proportionnalité »…
Aujourd’hui, Macron cherche à exister dans un conflit dont il a été exclu. Ni consulté, ni associé, ni concrètement dans la « boucle », il tente de monter dans un train déjà lancé. Comme souvent, avec retard. Comme toujours, dans la confusion.
Il s’agit moins d’une stratégie que d’une opération de communication, destinée à ménager des partenaires arabes qui, eux, n’ont pas attendu la France pour définir leur position.
La guerre est trop grave pour être confiée à l’improvisation et aux calculs d’image.
Quand on refuse de nommer clairement le mal, on finit toujours par le servir.
Il existe des leaders qui transforment la réalité et d’autres qui se contentent d’y ajouter des notes en bas de page.
Macron a choisi son camp.
© Stéphane Goldin

Pleinement en accord avec vous, Monsieur Goldin.
Je réside en France, pays qui se délite de l’intérieur, et qui donnerait des leçons à l’extérieur. Faire en bonne et due forme une déclaration de guerre à un pays qui n’en a eu cure pour, entre autres, des attentats imprévisibles et meurtriers. Et le 7 octobre 2023, quelle déclaration a été faite avant cette sauvagerie ?