Dès les années 1950, David Ben-Gourion développa la « doctrine de la périphérie » qui avait pour but de créer des alliances avec des pays ou groupes ethniques non-arabes du Proche et Moyen-Orient, mais aussi de l’Afrique, pour contrer les forces du monde arabe qui étaient les ennemies numéro un d’Israël. C’est ainsi que l’État hébreu s’associa entre autres avec l’Iran et la Turquie…
Ces rapprochements permirent à Israël de créer des alliances par exemple avec les Kurdes d’Irak afin d’aider ses derniers à lutter contre le pouvoir central du Parti Baas irakien qui était leur ennemi et celui de l’État hébreu.
Israël a continué à user de cette doctrine, comme on peut le voir depuis des années avec un pays comme l’Azerbaïdjan, pièce centrale du dispositif du Mossad aux frontières de l’Iran.
Malgré tout, on peut amèrement regretter qu’Israël n’ait pas poussé plus loin cette doctrine en créant des groupes armés se présentant comme indépendants mais qui en réalité auraient été entraînés et financés par l’État juif, afin de recourir à des actions subversives, des sabotages, et des neutralisations physiques d’ennemis de l’Etat d’Israël au sein même de pays comme l’Iran. Le but aurait été de créer le pendant à tous les proxys de la République islamique d’Iran (Hezbollah, Hamas, Houthis, etc.), mais sans évidemment recourir comme eux au terrorisme, c’est-à-dire sans jamais s’attaquer sciemment à des civils.
Si Israël avait créé ses propres « milices » ou groupes armés indépendantistes composés de Kurdes, de Baloutches, d’Azéris, mais aussi de Perses contre la République islamique d’Iran, l’État juif aurait pu depuis longtemps frapper en son sein et en permanence les pouvoirs politiques et militaires de la République islamique sans qu’Israël ne puisse en être rendu «officiellement» responsable. Comprenons-nous bien, je ne parle pas d’agents infiltrés iraniens comme le fait avec une réussite exceptionnelle le Mossad, mais bien de groupes armés aux revendications indépendantistes et/ou révolutionnaires.
L’intérêt aurait été – et on voit comme aujourd’hui cela manque cruellement à Israël et à l’Amérique dans cette nouvelle guerre contre le régime de Téhéran – de créer des mouvements de résistance armée au cœur de l’Iran qui auraient pu être les fers de lance de la révolte des citoyens iraniens contre les forces du régime de Téhéran.
Si les Pasdarans et les bassidjis – organes de répression barbares du régime iranien – savaient qu’en sortant dans les rues pour réprimer des manifestants, ils se retrouveraient face à une résistance armée, ils auraient été bien plus hésitants à tirer à vue sur la population iranienne. L’avantage essentiel de ces proxys israéliens aurait été de constituer ces fameuses «forces de l’intérieur» que le Président Trump et le Premier ministre Netanyahou appellent de leurs vœux afin de réussir une révolution, et un renversement de régime. Le problème pour le moment réside dans le fait que ces forces de l’intérieur n’existent pas et qu’il est difficile de demander à un peuple désarmé de mener une guerre de libération face à une puissance étatique bestialement répressive. Il n’est peut-être pas trop tard (mais, j’en doute) pour qu’Israël et les États-Unis arment une résistance intérieure pour frapper le régime des mollahs, mais cela aurait dû être fait depuis longtemps (on peut encore utiliser la «stratégie» des proxys face à un pays soutien du terrorisme comme la Turquie) !
Il n’empêche que même sans cette force armée intérieure – qui aurait grandement changé le destin d’Israël en semant le trouble depuis des années au cœur de l’État terroriste iranien avec comme conséquence de l’affaiblir-, je ne doute pas que le régime de la République islamique d’Iran tombera à la suite de cette formidable et audacieuse campagne militaire initiée par Israël en coopération avec les États-Unis.
© Frédéric Sroussi

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