L’Institut Catholique de la Méditerranée développe plusieurs recherches. Il invitait lors de ce colloque à « Repenser la relation au peuple juif », un enjeu crucial pour la théologie chrétienne. Depuis le Concile Vatican II (1962-1965), l’Église catholique a réexaminé en profondeur sa relation au judaïsme et au peuple juif. Pour ce faire, elle a courageusement nettoyé les traces explicites de la théorie de la substitution selon laquelle l’Église a pris la place du peuple juif. Pourtant, nous constatons que ce travail a atteint ses limites. Nous nous heurtons à un plafond de verre qui nous empêche d’avancer dans la recherche et d’approfondir notre réflexion sur la place actuelle du peuple juif dans la Révélation.
Forts de ce constat, nous avons acquis la conviction que le cadre dans lequel l’Église catholique envisage la place du peuple juif a été pensé à un moment où celui-ci avait disparu du panorama théologique. Lui refaire une place dans un espace imaginé sans lui, voire contre lui est au fond impossible. Nous sommes désormais convaincus qu’en nous basant sur les avancées de l’Église catholique depuis soixante ans, nous devons inventer un nouveau cadre. Nous cherchons une nouvelle façon de penser qui mettrait en lumière le rôle joué par le peuple de Jacob-Israël dans la Révélation de Dieu et permettrait de mieux rendre compte de la foi chrétienne.
Notre tâche est double. Il s’agit d’une part de montrer en quoi l’ancien cadre n’est plus adéquat et, d’autre part, de poser les bases justes d’un nouveau référentiel qui redonnerait toute sa place au peuple juif et déplacerait la théologie chrétienne. Nous souhaitons que le dialogue entre Dieu et le peuple de Jacob-Israël soit le lieu théologique à partir duquel penser toute la richesse de la Révélation chrétienne.
La fête juive de Pourim, 2 et 3 mars, et sa signification
Pourim est une des fêtes juives les plus joyeuses, célébrée chaque année le 14 du mois hébraïque d’Adar. Elle commémore les événements racontés dans le Livre d’Esther, où les Juifs de l’Empire perse ont été sauvés de l’extermination grâce au courage de la reine Esther et de son oncle Mordechai. Esther avait des origines juives que son mari Assuérus, roi de Perse, ignorait. Alors qu’il avait validé un décret préconisant l’extermination du peuple juif, l’intervention d’Esther permit qu’Assuérus ne mit pas en exécution le texte. C’est cet épisode que célèbre Pourim à une date qui tombe tantôt en février, tantôt en mars selon le calendrier grégorien. Le nom de la fête qui signifie “tirage au sort” fait référence au fait qu’Haman, l’homme à l’origine du décret, avait tiré au sort la date prévue pour massacrer les juifs.
Le soir de Pourim, les familles juives se rassemblent autour d’une belle table. Et, durant la journée, la bonne humeur est de rigueur. La veille de Pourim, les juifs ont l’habitude de jeûner, là encore pour rendre hommage à Esther. Celle-ci avait demandé à son peuple de jeûner trois jours durant avant d’intervenir auprès du roi. Et le soir et le matin de Pourim, le Livre d’Esther, qui raconte cette histoire, est lu en entier dans les synagogues. Pourquoi ne pas le relire nous aussi à cette occasion et nous associer à la joie de nos frères et sœurs juifs.
Pourim se conclut par un repas généralement copieux, dont la composition peut varier selon les traditions. Certains préparent, par exemple, des pâtisseries en forme de triangle appelées « oreilles d’Haman », d’autres familles optent pour un repas végétarien, car Esther aurait été végétarienne. Quoi qu’il en soit, c’est toujours un repas de fête, un repas qui sort de l’ordinaire.
© Pour l’Église catholique Monseigneur Benoît Bertrand, Gabriel Kepeklian.

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