La première ronde technique pour un accord de libre-échange entre Israël et l’Inde vient de s’achever, au moment précis où Narendra Modi posait le pied en Israël pour sa deuxième visite depuis 2017. « Nous finaliserons bientôt un accord mutuellement bénéfique », a-t-il déclaré aux côtés de Netanyahu.
Quelques éléments d’analyse…
Le commerce bilatéral en 2024-2025 s’est établi à 3,6 milliards de dollars.
C’est à la fois beaucoup et presque rien quand on mesure ce que ces deux économies pourraient s’apporter.
L’Inde est la cinquième puissance mondiale, avec 1,4 milliard d’habitants et des droits de douane parmi les plus élevés de la planète. Israël y exporte déjà pour 2,1 milliards chaque année, avec une progression de 56% en quatre ans sur l’ensemble des biens et services.
Un accord de libre-échange ne ferait pas que réduire des tarifs : il ouvrirait une porte que personne n’a encore franchie.
Car la complémentarité des deux économies est presque parfaite.
Israël concentre une des densités d’innovation les plus élevées au monde, notamment en cybersécurité, agritech, medtech et intelligence artificielle.
L’Inde dispose du plus grand vivier d’ingénieurs de la planète, d’une base manufacturière en expansion rapide et d’une classe moyenne de plusieurs centaines de millions de personnes. Ce n’est pas deux rivaux qui négocient un partage de marché mais bien deux économies complémentaires qui tentent enfin de s’articuler.
Depuis septembre 2025, les signaux se sont accumulés à une vitesse inhabituelle : accord bilatéral de protection des investissements signé à New Delhi, délégation indienne de 100 représentants en Israël en novembre, MOU officiel, Terms of Reference signés, et maintenant cette première ronde technique conclue en quatre jours, sur des chapitres aussi précis que les règles d’origine, les mesures sanitaires, la propriété intellectuelle et les procédures douanières.
Le momentum est réel.
Piyush Goyal, ministre indien du Commerce, a résumé la chose avec une franchise désarmante lors de la signature du mémorandum : « A match made in heaven. »
À suivre…
© Joel Hanhart
Joel Hanhart is Ophthalmologist @ Shaare Zedek | Head of the Medical Retina Unit. Jerusalem
