Les fachos, ou, autre nom qu’on peut leur donner, les nazis (ou encore les néonazis, ou les nazillons) sont-ils parmi nous ? La réponse est oui. Et pas qu’un peu. Au point que ces salopards sont en mesure de gagner l’élection présidentielle. Mais ne vous inquiétez pas. Ils auront beau gagner l’élection, ils ne prendront pas le pouvoir : La France Insoumise et son alliée militarisée La jeune garde (ou un autre nom si sa dissolution est confirmée par le Conseil d’État) veillent. C’est Mathilde Panot qui nous l’a dit.
En effet, le 23 février 2026, moins de dix jours après la mort de Quentin Deranque lynché par au moins trois anciens membres de cette jeune garde « antifa », Mathilde Panot, la présidente du groupe La France Insoumise à l’Assemblée nationale, nous a rassurés. Elle a dit merci aux « antifas » : « Moi, je dis merci aux antifascistes, et nous en sommes, la France insoumise est antifasciste ; l’antifascisme c’est d’abord la résistance au fascisme, c’est de dire que nous n’accepterons jamais dans notre pays que le fascisme prenne le pouvoir légalement par les urnes, ce que veut faire Marine Le Pen entourée de tous ces (ou ses ? c’était à l’oral, on ne peut pas savoir) groupuscules d’extrême droite qui pullulent autour d’elle. »
Un moment de silence, tout de même, pour bien prendre la mesure de ce qui a été dit. Ça y est ? Vous avez digéré la chose ? La France insoumise n’acceptera pas le résultat du vote à la présidentielle si c’est le candidat du RN qui l’emporte. C’est rassurant, non ?
Argument : Hitler a pris le pouvoir par les urnes (33% aux législatives). La gauche l’a laissé faire. Hitler c’est le mal et les fachos aussi. Donc, cette fois-ci, on ne se fera pas avoir une deuxième fois : la rue doit renverser l’urne. La rue contre l’urne : c’est un classique à gauche. Voyez, dans le passé récent, en France. La réforme des retraites : elle avait été annoncée par le candidat Macron, lequel a gagné l’élection, mais elle a été pratiquement empêchée, rabotée par la rue mobilisée par la gauche. Ou voyez Israël : en 2022, Netanyahu et ses alliés font compagne avec entre autres dans leur programme la réforme du système judiciaire ; ils gagnent l’élection ; aussitôt ils commencent la réforme ; et aussitôt la gauche embrase la rue et la réforme s’enlise. Parenthèse sur la légitimité (évidemment illégitime) de la rue, pour ce dernier exemple. Vous interrogez ChatGPT sur ce point, pour être bien sûr de ne pas raconter n’importe quoi : Netanyahu et ses alliés ont-ils, oui ou non, annoncé qu’ils réformeraient le système judiciaire, cour suprême comprise, s’ils gagnaient ? Réponse (gênée) : oui. Gênée car affectée d’un bémol : mais ce n’était pas le point essentiel de la campagne. Sous-entendu : ce n’était pas très clair et donc la protestation dans la rue était légitime. Elle participa sans doute, ou peut-être, à l’incroyable passivité de Tsahal le 7 octobre, mais c’est un autre sujet.
Le sujet, c’est les fachos. Sont-ils parmi nous, oui ou non ? Ou alors, puisqu’ils sont si nombreux au point de gagner une élection présidentielle, est-ce que c’est nous qui sommes parmi eux ? On a vu que les réponses de Mathilde Panot étaient oui aux deux. Question préalable, bien sûr : qu’est-ce qu’un facho ? Un néonazi en chemise presque brune, adepte de la violence, un raciste radicalisé ? Ça existe en effet, et ils sont parmi nous. Les services de renseignements chargés de surveiller ces gens effectivement dangereux en ont repéré environ 1000, peut-être 1500. C’est imprécis car les chiffres ne sont pas communiqués. Mais en tout état de cause, ça ne fait pas un tsunami. Sauf que la définition est extensive. J’ai personnellement un ami qui, quand il est énervé, c’est-à-dire tout le temps, traite de facho le premier qu’il croise et qui ne vote pas à gauche. Ou qui trouve que oui, il y a trop d’immigrés en France. Ça fait du monde, évidemment. Est-ce que ceux qu’il traite généreusement de fachos font silencieusement et passivement le lit du fascisme, le vrai ? Ça pourrait arriver en effet qu’ils s’énervent un jour, à force d’être traités de fachos. Et ça pourrait arriver aussi qu’ils s’énervent si les prétendus « antifascistes » à la Panot prétendent imposer leur loi par la force de la rue. Et pire, des armes. Et qui auront été les incendiaires ? Les Panot.
Concluons. Poutine et Panot sont dans un bateau. Panot tombe à l’eau. Qu’est-ce qui reste ? Poutine. Pas grave : lui aussi est un obsédé de la dénazification, lui aussi voit des nazis partout. Ça fait quatre ans qu’il essaie de dénazifier le juif de Kiev. En avril ou mai 2027, si ça tourne mal pour Panot, et si elle est toujours là, elle pourra toujours l’appeler à la rescousse pour dénazifier Paris.
PS : merci à ma chirurgienne qui se reconnaîtra.
© Julien Brünn
Journaliste. Ancien correspondant de TF1 en Israël
Dernier ouvrage paru :
L’origine démocratique des génocides. Peuples génocidaires, élites suicidaires. L’harmattan. 2024
