Tribune Juive

Iran Update n°26Iran – 23–25 février 2026. Par Hamid Enayat


I. Attaque contre le siège d’Ali Khamenei

• L’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI) a annoncé avoir transmis les noms et les informations d’identité de 16 personnes arrêtées au cours de l’attaque au siège d’Ali Khamenei le lundi 23 février aux Rapporteurs spéciaux des Nations unies ainsi qu’aux organisations internationales de défense des droits humains, afin qu’ils puissent s’informer de leur situation.

• Le site Rouydad 24, proche du régime, écrit :
« Ce qui rend l’affaire (l’attaque contre le siège de Khamenei) plus complexe encore, c’est ce qu’a publié ce matin Bulletin News, un média proche des Gardiens de la Révolution. Ce média a confirmé dans un rapport des “explosions nocturnes dans la rue Pasteur” et a écrit : “Cette question n’est pas celle d’un critique extérieur, mais un cri douloureux venu de l’intérieur.” »
L’auteur s’adresse aux responsables en ces termes : « Messieurs, vous êtes-vous demandé d’où vient l’audace de l’ennemi ? »

• Le même site Rouydad 24 rappelle :
« Le point le plus important et décisif qui a introduit le nom des Moudjahidine du peuple dans le dossier nucléaire iranien sur la scène internationale fut la conférence de presse du 14 août 2002 à Washington, au cours de laquelle leur porte-parole révéla deux sites “secrets” nommés Natanz et Arak. Cette révélation constitua un tournant dans l’histoire de la diplomatie nucléaire iranienne, car elle fit entrer le programme nucléaire iranien dans une phase militarisée, plongeant le pays dans une crise qui se poursuit jusqu’à aujourd’hui. »

• Le service de renseignement des Gardiens de la Révolution, sur son site Mashregh News, a déclaré :
« Pas une seule balle n’a été tirée dans cette zone ! »
« S’il y a eu des arrestations, elles ne sont pas liées à une quelconque opération, mais peut-être à des arrestations habituelles qui ont lieu de temps à autre ! »
Les services de renseignement des Gardiens ont qualifié les affrontements au siège de Khamenei et dans ses environs de « fabrication médiatique » des Moudjahidine.

• Le compte X « Iran Military Media », affilié aux forces armées du régime, a écrit à l’aube du mardi 24 février :
« Aux premières heures de lundi, une tentative a eu lieu. Ils ont infligé des blessures, certes mineures, mais au sens propre du terme, ils ont été écrasés… »

II. Manifestations dans les universités

• Le quotidien gouvernemental Shargh a rapporté le mercredi 25 février 2026 qu’à la suite des rassemblements de protestation récents dans les universités, au moins 180 étudiants à Téhéran ont été convoqués devant des commissions disciplinaires dans un contexte de répression et de climat d’intimidation.

Selon ce rapport, depuis le lundi 22 février, au moins 180 étudiants ont reçu un message les informant que leur participation aux rassemblements était « contraire aux règlements éducatifs et disciplinaires » et qu’ils étaient interdits d’accès aux campus et aux établissements universitaires jusqu’à la tenue de leur audience disciplinaire.

• Le ministre des Sciences du gouvernement Pezeshkian, qualifiant les manifestations étudiantes récentes de « troubles », a averti les étudiants que si la situation persistait, le ministère ne serait plus en mesure de maintenir les universités ouvertes.

III. Identification des victimes des massacres des 8 et 9 janvier

• Jusqu’à présent, l’OMPI a publié les noms de 2 572 martyrs, dont 286 femmes. Parmi ceux dont l’âge est connu, au moins 172 sont des enfants et adolescents de moins de 18 ans. Le nombre réel d’enfants en bas âge serait nettement plus élevé et sera annoncé après vérification complète.

• Javad Tajik, directeur de l’Organisation du cimetière de Behesht-e Zahra à Téhéran, a admis que plus de 70 % des victimes du soulèvement de janvier ont reçu un « coup de grâce ».

IV. Bourse de Téhéran

• L’agence de presse ISNA, citant Habib Arian, chercheur en marchés financiers, rapporte que durant les 24 dernières séances de cotation, un total de 10 780 milliards de tomans de capitaux privés ont quitté la Bourse.

Cette fuite massive de capitaux serait une réponse directe aux incertitudes politiques et aux tensions internationales croissantes.

L’agence ajoute : « L’examen des transactions de détail à la Bourse de Téhéran montre qu’après le 8 janvier, le marché des capitaux est entré dans une nouvelle phase de retrait de liquidités. »

© Hamid Enayat

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