Tribune Juive

Aujourd’hui beaucoup savent que c’est François Hollande qui a dissuadé Glucksmann de tenter de bloquer à l’été 2024 l’accord LFI /PS. Par Paul Germon


Un ami pourtant bien au fait des affaires politiques ( ENA , 80 ans ) me déclara hier à ma stupéfaction:

«  J’ai un ami qui était là quand Hollande a convaincu Gluksmann de soutenir le front républicain. Mais s’il n’y avait pas celui-ci le RN serait au pouvoir depuis 2 ans, l’Europe ne soutiendrait plus l’Ukraine et la France serait le vassal de Trump. »

A-t-on sacrifié le pays à la guerre d’Ukraine et à une hypothetique vassalité à Trump ( qui n’était pourtant que candidat en 2024 et que tous les media français et autres donnaient perdant . )

Un raisonnement pervers type, pas une analyse.

Ce raisonnement est pervers, et surtout une manière de donner une noblesse artificielle à un comportement profondément méprisable : celui d’un politique qui n’est grand que par le tour de taille, et qui se drape dans la vertu pour masquer ses manœuvres.

François Hollande a méthodiquement torpillé la gauche humaniste non par conviction, mais par ambition personnelle, en se jouant d’un benêt politique dont le vide idéologique ambiant avait permis l’ascension et conféré un prestige largement immérité.

Hollande, épaulé par Olivier Faure, incarne cette petite politique intrigante, complotiste au sens médiocre du terme, indifférente au sort réel de la France, obsédée par la survie d’un appareil, de quelques carrières , la leur en particulier .

Les « si » et les « si encore » dont ils se parent ne sont que des suppositions élevées au rang de dogme, utilisées pour terroriser moralement l’opinion et interdire toute alternative.

À force de jouer avec le feu, on a déjà vu ce scénario : au nom d’intérêts personnels, certains ont cru pouvoir favoriser l’extrême, légitimer ses milices, ses jeunesses fanatisées — aujourd’hui incarnées par Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise — en pensant les instrumentaliser.

Le Rassemblement National, qui s’est pourtant largement assagi (je n’en suis pas partisan), sert alors de cause morale commode, de repoussoir sacralisé, permettant de justifier la médiocrité abyssale de la classe politique en place.

L’histoire nous a appris où mènent ces calculs cyniques.
Adolf Hitler n’est jamais arrivé seul : il a toujours trouvé des alliés objectifs, des opportunistes, des lâches, prêts à lui servir la soupe pour préserver leurs intérêts immédiats.

Oui, Hitler est toujours “aux portes” quand les intrigants remplacent la morale par la tactique, la France par leur carrière, et le peuple par le mépris.

Et oui, je le dis sans détour :
Je ne suis pas un groopie de ce petit intrigant politicien qu’est François Hollande, il est vrai que dans ce domaine il excelle et a toujours deux coups d’avance sur l’adversaire .
Dommage qu’il ne mette pas ce talent au service de la France

© Paul Germon

Quitter la version mobile