Tribune Juive

Quentin est mort car il s’opposait à l’entreprise de destruction de l’université menée par l’extrême gauche. Par Fabrice Balanche



Samedi 14 février, Quentin, âgé de 23 ans et étudiant, est décédé des suites de blessures qu’il avait subies l’avant-veille à proximité de l’Institut d’études politiques de Lyon. Il accompagnait des camarades qui manifestaient contre la venue de Rima Hassan dans cette institution. Contrairement à ce que certains médias ont rapporté pour minimiser l’incident, il ne s’agissait pas d’une rixe, mais bien d’un lynchage commis par une horde de militants d’extrême gauche, emportés par la haine et convaincus de leur supériorité morale et de leur impunité totale. À Lyon, ils règnent en maître sur le campus de Lyon-II, couvert de tags, bloquent l’université quand bon leur semble, envahissent les conseils d’administration et agressent tous ceux qu’ils considèrent comme des «fascistes» alors qu’eux-mêmes ne sont que des nazillons. Ils se présentent comme des résistants, alors qu’ils ne sont que de petits nervis.

Quentin et ses compagnons ne faisaient que dénoncer une conférence militante de plus sur le campus avec le consentement de la direction de l’Institut d’études politiques de Lyon. Cette dernière est-elle assez naïve pour croire que Rima Hassan, avec ses insultes et ses mensonges, allait vraiment éclairer les étudiants sur la politique européenne au Proche-Orient ? Le groupe Némésis cherchait à mettre en évidence l’influence dominante de l’extrême gauche, en l’occurrence dans sa version islamo-gauchiste, à l’université. La députée européenne LFI est une figure de proue de ce mouvement. Elle exploite la question palestinienne pour rallier à sa cause une jeunesse universitaire animée par l’équité. Elle leur fait croire que le Hamas est un mouvement de libération digne de respect. La vraie cible, en cette période électorale, ce sont, bien sûr, les populations d’origine arabe ou musulmane, qu’il faut mobiliser en faveur des candidats de la France Insoumise.

Depuis le pogrom du 7 octobre 2023, l’université française, et plus particulièrement celle de Lyon, fait face à une agitation croissante liée à l’importation du conflit israélo-palestinien. Des conférences hostiles à Israël et des séminaires présentés comme scientifiques, mais qui semblent plutôt être orientés idéologiquement, sont de plus en plus fréquents. Les locaux universitaires sont particulièrement prisés par ces militants car ils sont censés apporter une légitimité académique à leur propagande. Aucune place n’est faite au débat ni à la controverse, au sens scientifique. On se contente d’y déverser des slogans face à un auditoire choisi, puisque les étudiants identifiés comme «de droite» ou même juifs se voient refuser l’entrée. Ceux qui tentent d’émettre une opinion contraire sont vite stigmatisés. La meute se charge ensuite de leur rendre la vie impossible sur le campus.

Ces conférences et séminaires ne respectent en rien l’éthique universitaire et ne devraient pas être autorisés par les présidents d’Université. Malheureusement, bien des directions cèdent devant la pression politique interne lorsqu’elles ne sont pas tout simplement complices. En sciences humaines et dans les instituts d’études politiques, l’extrême gauche détient un poids prépondérant dans les conseils d’administration qui élisent ensuite les présidents d’université. Par conséquent, ces derniers sont soit issus de cette mouvance, soit pris en otage. Ils acceptent alors la propagande politique, cèdent devant des occupations de locaux, renoncent à poursuivre les auteurs de blocages, de dégradation des bâtiments. Les liens incestueux entre certains enseignants et des militants leur permettent de prospérer dans certaines facultés et universités, qui deviennent leur territoire exclusif. Ceux qui dénoncent ces dérives sont alors mis à l’index et victime de campagne de dénigrement.

Le 1er avril dernier, mon cours a été interrompu par un commando islamo-gauchiste qui hurlait «racistes, sionistes, c’est vous les terroristes». J’ai constaté un manque de solidarité dans une université favorable à la Palestine idéalisée. La présidente de l’université a même justifié les événements survenus en raison de mes «propos sur Gaza». Effectivement, lorsqu’un vice-président écrit un discours d’hommage pour Hassan Nasrallah et qu’un professeur d’histoire qui dresse une liste de personnalités juives de «vingt génocidaires à boycotter en toutes circonstances», il peut sembler dépassé de s’engager dans la dénonciation de l’islamo-gauchisme. Par ailleurs, cela se révèle suicidaire pour votre carrière, ce qui explique le silence et la soumission des enseignants-chercheurs. N’oublions pas que les recrutements, les promotions, les budgets de recherche et les formations sont désormais tributaires du bon vouloir de l’équipe présidentielle depuis la loi sur l’autonomie des universités de 2007.

Dans ces conditions l’impunité règne pour les militants d’extrême gauche. Les murs de l’université sont couverts de graffitis et de tags, et les plaintes déposées s’empilent sans aucune conséquence. Les enseignants s’autocensurent pour éviter de se voir attaquer par la meute, la plupart des étudiants subissent en silence ou cherchent une autre voie, en s’inscrivant dans des établissements privés par exemple.

L’université publique se délite au profit de l’enseignement supérieur privé, qui, désormais, reçoit près d’un tiers des étudiants. Beaucoup de chercheurs se désinvestissent de ses établissements gangrenés par le clientélisme politique et le terrorisme intellectuel. Les adeptes de la «recherche-action», qu’on peut résumer comme du militantisme, y prennent davantage de place, absorbant ainsi les maigres ressources restantes. 

Le mal est profond et exige du ministère de l’Enseignement supérieur une mise sous tutelle de ces établissements à la dérive. Il ne faut pas se contenter de reprendre en main seulement Sciences Po Paris. Pour la plupart des familles françaises, l’université publique demeure la seule voie de promotion sociale pour leurs enfants. Or, cette extrême gauche nihiliste s’est engagée dans sa destruction. Quentin est mort parce qu’il s’opposait à cette entreprise de destruction.

© Fabrice Balanche

Fabrice Balanche est Maître de conférences chez Université Lumière Lyon 2

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