Tribune Juive

LFI : La France infâme face au meurtre de Quentin

Par Daniel Salvatore Schiffer

Rien, absolument rien, jamais et en aucune circonstance, ne peut justifier le meurtre d’une personne, quelle qu’elle soit, pour ses seules idées, fussent-elles, pour se référer au traditionnel clivage politico-idéologique, de « gauche » ou de « droite » ! Prétendre le contraire serait verser, en opposition à tout véritable et respectueux débat démocratique, dans un terrorisme intellectuel rappelant, de sinistre mémoire, les pires heures de la Terreur, cette fanatique et violente période historique qui ensanglanta, au lendemain de la Révolution Française, les années 1792-1794.

Terrorisme intellectuel et assassinat politique

C’est pourtant là – un assassinat politique – ce qui vient de caractériser, tragiquement, la mort, en marge d’une conférence prononcée par Rima Hassan (antisémite notoire, proche des terroristes islamistes, responsables du massacre du 7 octobre, du Hamas) à Science Po Lyon, du jeune Quentin Deranque, tué à l’âge de 23 ans seulement, lynché de la manière la plus lâche qui soit, par une horde de militants appartenant à la tristement célèbre « Jeune Garde ».

La Jeune Garde : un groupuscule, autoproclamé « antifa » et se réclamant ouvertement de l’extrême gauche, jadis fondé par Raphaël Arnault, député de LFI (La France Insoumise) et, à ce titre, siégeant officiellement à l’Assemblée Nationale. Pis : cet activiste aux méthodes musclées, de plus en plus contestées au sein de sa propre nébuleuse, est encore aujourd’hui, toute honte bue après cet abominable meurtre, l’indéboulonnable protégé du tout-puissant chef, Jean-Luc Mélenchon, de cette même LFI, dont cette « Jeune Garde » assure, par ailleurs, un marginal mais très agressif service de sécurité. 

Les carences philosophiques de Mélenchon : l’éthique de conviction sans l’éthique de responsabilité, pourtant inséparable binôme conceptuel

Et c’est là, précisément, que le bât blesse, lorsqu’il se dédouane de toute responsabilité morale dans le drame qui vient de toucher le jeune Quentin, en ce qui concerne le prétendu philosophe que revendique être ce triste sire qu’est Mélenchon : s’il avait vraiment lu ses classiques en matière de philosophie, de sociologie aussi bien que de psychologie, il devrait savoir, ce narcissique tribun se complaisant à fanfaronner démagogiquement, plutôt qu’à réfléchir sérieusement quant aux désastreuses conséquences de ses actes et paroles, sur les spécieuses estrades de ses meetings électoralistes et autres bancales scènes médiatiques, qu’il n’est pas, pour une juste et adéquate compréhension de l’engagement politico-idéologique sur le plan plus spécifiquement moral, d’ « éthique de conviction » sans, théoriquement indissociables toujours l’une de l’autre, l’« éthique de responsabilité » comme l’a magistralement bien démontré, dans un livre intitulé « Le Savant et le Politique » (« Politik als Beruf » en est son titre original allemand) un sociologue aussi avisé, dans la première moitié du XXe siècle, que Max Weber (qu’introduisit en France le grand Raymond Aron, esprit subtil et mémorable auteur d’un essai ayant comme emblématique titre – c’est, plus que jamais au vu de cette tragique actualité, de circonstance – « L’opium des intellectuels »). 

Les maîtres censeurs, plus que maîtres penseurs, de l’islamo-gauchisme

Raymond Aron : c’est encore lui, dont la lucidité intellectuelle n’avait d’égale que sa sagesse philosophique, qui, dans ses insignes « Mémoires », fustigeait à juste titre, pour dénoncer les idéologiques maîtres censeurs, bien plus que maîtres penseurs, de tous poils (et pas seulement les barbus encensés par l’islamo-gauchisme), les Fouquier-Tinville (l’épouvantable procureur, pour boucler ici la boucle, de la Terreur post-révolutionnaire, qui, gorgé du plus sanglant des fanatismes politiques, envoya à l’échafaud, après d’expéditifs procès, ceux qui ne partageaient pas ses idées) d’une certaine frange, la plus infréquentable, de l’intelligentsia française !

Mélenchon : le Fouquier-Tinville de la France infâme

Ainsi, en guise de conclusion, à tout tyrannique seigneur tout médiocre honneur : Jean-Luc Mélenchon se révèle bien être aujourd’hui, après le meurtre du jeune Quentin sous l’odieux lynchage de ses sbires lfistes, le Fouquier-Tinville de La France Infâme !

C’est dire si, au bout de ce sordide compte, par son extrémisme caractérisé, son intolérance forcenée en matière de débat démocratique et sa violence dans son mépris assumé des institutions républicaines, Mélenchon aura également perverti – le paradoxe n’est qu’apparent – cette même gauche dont, avec son pseudo « Nouveau Front Populaire » notamment, il se revendique pourtant, quitte, pour cela, à dévoyer et trahir ainsi, par la plus blâmable des impostures politiques et fraudes idéologiques, le beau nom de « Front Populaire » tel que le conçut, à l’origine, cet être éminemment estimable, sinon admirable, que fut, au contraire, Léon Blum.

Oui : une insulte, particulièrement abjecte dans sa malhonnêteté intellectuelle, au sens même, dans le cas présent, de l’Histoire, et non seulement de la gauche en tant que telle !

Quand les supposés « antifas » deviennent les vrais fascistes : pour un cordon sanitaire autour de LFI

Morale de cette pitoyable mais périlleuse fable, où les supposés « antifas » se muent ainsi subrepticement, par d’étranges quoique logiques renversements comportementaux et inversions des valeurs, les réels fascistes : il est grand temps, en effet, que la gauche authentiquement républicaine, dont le Parti Socialiste de feu Jean Jaurès ou Pierre Mendès-France, sans même parler de François Mitterrand ou de François Hollande (je laisserai choir ici un voile charitable sur l’inepte Olivier Faure), se désolidarise publiquement, en rompant définitivement ses liens avec lui, tout en l’entourant d’un efficace cordon sanitaire, de cet effroyable cancer qui est en train de ronger depuis bien trop longtemps, jusqu’au crime donc aujourd’hui avec l’assassinat de Quentin, les fondements mêmes, pourtant acquis de haute et noble lutte, de la démocratie française, sinon de l’Europe elle-même !

Daniel Salvatore Schiffer*

*Philosophe, écrivain, auteur d’une cinquantaine de livres, dont « La Philosophie d’Emmanuel Levinas – Métaphysique, esthétique, éthique » (Presses Universitaires de France), « Lord Byron » (Gallimard-Folio Biographies), « Grandeur et misère des intellectuels – Histoire critique de l’intelligentsia du XXe siècle » (Editions du Rocher), directeur des ouvrages collectifs « Penser Salman Rushdie » (Editions de l’Aube/Fondation Jean Jaurès), « Repenser le rôle des intellectuels » (Editions de l’Aube), « L’humain au centre du monde  – Pour un humanisme des temps présents et à venir » (Editions du Cerf) et « Critique de la déraison antisémite – Un enjeu de civilisation ; Un combat pour la paix » (Editions Intervalles), contributeur de l’ouvrage collectif « LFI : anatomie d’une perversion » (à paraître prochainement aux Editions David Reinharc : https://www.amazon.fr/LFI-France-Inf%C3%A2me-Anatomie-perversion/dp/249357575X).

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