Bon
Mercredi
Je me sens juive.
Très juive.
Est ce que ça signifie qu’on peut être un peu juif?
Sans doute.
Je me sens française.
Très française
Est ce que ça signifie qu’on peut être un peu français ?
Bien sûr.
Et même pas du tout français.
Tout ça signifie que j’ai le plus grand respect pour les catholiques croyants pratiquants qui considèrent que la religion est un vecteur d’humanité, un chemin serpentant dans une société où on peut faire du bien, se sentir utile, croire à des valeurs humanistes qui respectent l’autre, d’où qu’il vienne, quelles que soient ses croyances et ses certitudes.
Certains n’ont pas besoin du regard suprême pour appliquer la morale et vivre une vie d’altruisme délivrée du poids de son propre nombril.
Quentin était catholique.
De droite.
De quoi?
De droite.
La droite, vous savez, ceux qui croient encore au travail, à l’honnêteté, à la loyauté, à la générosité du cœur, pas son ombre idéologique, à l’identité nationale, à la courtoisie, à la culture, à l’histoire, aux racines, à une vision du monde parfois archaïque, ou marginale…
Quentin était de droite.
Le groupe Némésis et sa présidente Alice Cordier sont de droite.
Une idéologie sur laquelle je n’ai jusqu’à ce jour trouvé aucune trace d’antisémitisme , ni de son parapluie: l’anti sionisme.
Je ne revendique pas la moindre admiration pour une extrême droite sectaire, antisémite, xénophobe, calée sur la couette confortable d’une identité frileuse, terrorisée par les éventuels remugles d’une ethnie ou d’une religion différente.
Cette extrême droite violente, querelleuse, menaçante me dégoûte et m’épouvante.
Mais que dire de la gauche, qualifiée d’extrême, porteuse d’une idéologie délétère, faisandée, nostalgique d’une part d’Histoire qu’on aurait voulu ne jamais connaître, se croyant investie d’une mission qu’elle s’est construite seule, marchant du pas militaire plus souvent vu dans les dictatures que dans les démocraties, auto labellisée antifas, groupement qui rappelle dans un frisson d’horreur les turpitudes d’un Reich lobotomisé par les glapissements d’une créature devenue folle.
Les antifas ont tué.
On dit que certains des assaillants de Quentin sont des fils de famille désœuvrés, enflammés par une idéologie mortifère, rêvant d’ en découdre aveuglément avec des susnommés fascistes, cherchant dans cette guerre picrocholine à donner un sens à leur vie béante.
Ils ont assassiné Quentin.
Beaucoup d’assassinats de Juifs sont aujourd’hui commis par des islamistes décérébrés.
Est-ce à dire que les brigades antifas et les islamistes œuvrent à l’amble?
À vous de me dire.
Je demande juste.
Est-ce à dire que le vieil antisémitisme d’extrême droite incarné par Soral et consorts a disparu?
Bien sûr que non.
C’est juste à dire que dans un monde aussi polarisé que celui d’aujourd’hui, être catholique ou être juif peut relever d’un combat commun dont le grand perdant est la démocratie.
Et n’oublions pas le voyage de Laurent Nunez en Algérie, parti sans parapluie propre à éviter les crachats d’un Tebboune arrogant et cynique.
Réveil difficile, je le reconnais…
La pluie sans doute…
Je vous embrasse,
© Michèle Chabelski
