Editorial de Jean-Marc Lévy, vice-Président d’Israël is Forever Alsace
« L’antisionisme est une incroyable aubaine, car il nous donne la permission – et même le droit, et même le devoir – d’être antisémite au nom de la démocratie ! L’antisionisme est l’antisémitisme justifié, mis enfin à la portée de tous. Il est la permission d’être démocratiquement antisémite. Et si les juifs étaient eux-mêmes des nazis ? Ce serait merveilleux. »
Vladimir Jankélévitch (1903-1985), in L’imprescriptible, 1967
L’antisémitisme n’est pas une maladie que l’on guérit mais un mal que l’on combat.
Jacques Kupfer (1946-2021), Natsiv Betar de France, Président fondateur d’Israël is Forever et co-Président du Likoud mondial
L'insincérité criante d'un président qui pense laver ses ignominies vis-à-vis des juifs vivants en défendant ceux qui sont morts. En reconnaissant l'État de Palestine, en n'assistant pas à la marche de novembre 2023, en abandonnant cette minorité religieuse à la brutalité du… https://t.co/Se2l3C3o5k
— Noémie Halioua (@NaomiHalll) February 13, 2026
L’antisémitisme actuel en France peut être résumé en quelques chiffres : 1400% de hausse depuis 2017 (SPCJ – Ministère de l’Intérieur), une agression antisémite tous les trois jours dans un pays où l’antisémitisme motive 55% des agressions ciblant un groupe ethnico-religieux estimé à 0,7% de la population totale. Ce chiffre de 0,7% est d’ailleurs assez largement surestimé, puisqu’il y a un autre chiffre qui n’est jamais cité : selon l’historien Georges Bensoussan, 100000 Juifs ont quitté la France en 25 ans, depuis l’an 2000, en raison de la résurgence d’un antisémitisme que l’on croyait révolu. Durant le quinquennat de François Hollande (2012-2017) où eurent lieu les attentats de Charlie Hebdo et de l’HyperCacher, 50000 Juifs ont, en effet, choisi de quitter la France pour Israël, non par peur (l’argument anti-Alya favori de tous les « représentants » communautaires qui ont un appartement en Israël), mais parce que ces Olim sont arrivés à la conclusion logique d’une analyse que ces « représentants », dont la communauté est la parnassa, se refusent à admettre publiquement : celle de la dégradation irréversible d’une situation qui ne s’améliorera pas, du fait du laxisme et du double langage des pouvoirs publics, d’un communautarisme devenu fou, d’un système médiatique lévogyre qui, sous couvert d’antisionisme politique, a versé depuis trente ans de l’huile gauchiste sur le feu islamiste réhabilitant ainsi un antisémitisme quasi résiduel et, enfin, du fait du laxisme d’une justice inique qui a fait de l’antisémitisme une maladie psychiatrique, c’est-à-dire une circonstance atténuante. Tout se passe en effet comme si la justice française, instrumentalisée par des juges rouges et acquise à une idéologie d’extrême-gauche, avait pris désormais le parti de dépénaliser l’antisémitisme – près de 60% des actes antisémites ne donnant lieu à aucune condamnation – tandis qu’elle met un zèle tout particulier à participer à un djihad judiciaire et à poursuivre deux Franco-Israéliennes dans un pays souverain, Israël, et une inertie non moins fanatique à faire traîner les plaintes déposées pour antisémitisme ou pour enterrer les poursuites intentées, au nom de l’article 40, pour apologie ou financement du terrorisme depuis le 7-octobre-2023. Après le parcours du combattant pour faire reconnaître le caractère antisémite du meurtre de Mireille Knoll, après le déni de justice relatif à l’affaire Sarah Halimi, après l’allégement de peine d’un des violeurs antisémites d’une jeune fille juive de 12 ans, comment nier l’existence d’un statut implicite des Juifs de France en France qui ne sont plus considérés par la justice comme des citoyens à part entière, mais comme des dhimmis dans leur propre pays, notamment lorsqu’ils portent plainte contre des antisémites souvent issus d’une immigration musulmane pléthorique dont la culture est imprégnée d’un antisémitisme atavique et de la haine d’Israël, rappelant ainsi cruellement le statut soi-disant protecteur que les Juifs sépharades avaient connus dans les pays arabo-musulmans où ils ne pouvaient être ni témoins ni poursuivre en justice des musulmans, et où, entre 1948 et 1979, ils ont été spoliés de leurs bien avant d’en être chassés quand ils n’ont pas été tués ? Visionnaire, le regretté Jacques Kupfer (zal) avait expliqué cette dérive politico-médiatico-judiciaire de la société française comme le passage de « la politique arabe de la France à la politique de la France arabe ».
Au risque de me répéter, j’explique depuis longtemps, avec régularité et opiniâtreté, tout ce que l’antisémitisme du XXIè siècle doit à la gauche en général et à la gauche médiatique en particulier. Je rappelle depuis près d’une décennie, que si l’antisémitisme ne cesse d’augmenter, c’est parce qu’il n’est pas réellement combattu. Comment pourrait-il d’ailleurs être combattu lorsqu’il est assimilé à une maladie psychiatrique qu’une justice idéologisée excuse depuis des décennies et qu’elle s’imagine pouvoir calmer par son indulgence et sa mansuétude envers des antisémites qui ne peuvent que se sentir confortés et encouragés ? L’antisémitisme n’est pas une maladie que l’on peut guérir ; c’est un mal qu’il faut combattre. Mais comment pourrait-il être combattu quand tous les discours, tous les vœux pieux, toutes les incantations « plus jamais çà » ne sont jamais suivis d’actes ? Comment l’antisémitisme pourrait-il être combattu, quand des « représentants » ou des « responsables communautaires », choisissent sciemment de réhabiliter des antisémites au cours de cérémonies ou de commémorations de victimes de l’antisémitisme instrumentalisées alors par pur narcissisme ? La pusillanimité des « responsables communautaires », le narcissisme de « représentants » sans scrupules, la complaisance judiciaire et la démission criminelle d’un Etat de moins en moins démocratique ne feront pas baisser l’antisémitisme. Au contraire. Si l’antisémitisme était réellement combattu et les antisémites dissuadés, cela se saurait et cela se verrait !
Rappelant son vécu professionnel ce vendredi 13 février sur CNEWS, en marge de la commémoration élyséenne à la mémoire d’Ilan Halimi, l’avocate Muriel Ouaknine-Melki témoignait de l’indifférence des magistrats qui « lèvent les yeux au ciel » lorsqu’elle dresse, dans des affaires d’antisémitisme, pour la mémoire et la pédagogie à destination du prétoire et des salles d’audiences, la longue liste des morts français tués, parce que juifs. Il y a aussi une Histoire de la Justice en France : celle d’une institution judiciaire qui, à l’exception notable d’un seul magistrat, Paul Didier, avait prêté allégeance et fidélité au maréchal Pétain, et appliqué, sans état d’âme, les législations d’exception qui transformaient les Juifs en citoyens de second ordre, et qui ont mis en œuvre l’exclusion, la révocation et l’interdiction d’exercer des magistrats juifs de la magistrature et des avocats juifs des barreaux. C’est cette institution judiciaire qui n’a jamais exprimé le moindre regret de son comportement passé qui minore systématiquement l’antisémitisme actuel qui mine la société en niant le caractère antisémite dans des affaires où il est pourtant évident. En effet, si tronçonner des arbres plantés à la mémoire d’Ilan Halimi, si défenestrer un octogénaire juif, si intoxiquer volontairement les membres d’une famille juive, ce n’est pas de l’antisémitisme, alors j’ai un sérieux problème de vocabulaire ! Et je ne devrais pas être le seul !
Ce vendredi 13 février 2026, Emmanuel Macron, le président le plus hostile aux Juifs depuis Pétain, commémorait le vingtième anniversaire de la mort d’Ilan Halimi, premier juif tué en France depuis la Shoah. Planté en catimini dans les jardins de l’Elysée, l’arbre a peu de chance d’être vandalisé et tronçonné ; en revanche, il n’est pas certain qu’il ne soit pas déraciné par le vent mauvais issu d’un parti d’extrême-gauche passionnément antisémite dont les candidats arrivent à être élus directement par l’alliance objective du macronisme avec LFI, ou par désistement à son profit de candidats du parti présidentiel en déroute. Le président de la République qui, en 2017, prétendait lutter contre l’antisémitisme aura passé deux quinquennats à louvoyer, en paroles et en actes, entre une empathie pour les Juifs morts dans le passé, mais néanmoins toujours manipulables et instrumentalisés à son profit politicien, et un mépris pour les Juifs vivants que sa politique a livré à la haine des antisémites ou aux couteaux de l’islamisme. Il restera donc des deux quinquennats d’Emmanuel Macron le simulacre d’une lutte contre un antisémitisme cosmique dont il a toujours refusé de nommer l’origine, et une aversion pour l’Etat d’Israël dont il a personnellement organisé le boycott aux salons aéronautiques d’Eurosatory 2024 et du Bourget 2025. Une politique chaotique menée par un président révisionniste, négationniste, dont les références philosophiques se trouvent chez son mentor Paul Ricœur, philosophe pétainiste dont il fut l’assistant, chez Jürgen Habermas passé par les jeunesses hitlériennes avant de devenir marxiste, et chez Carl Schmitt, juriste nazi et philosophe de l’état d’urgence. Tous les arbres plantés par Emmanuel Macron à la mémoire des victimes juives de la haine antisémite ne pourront faire oublier tout ce que l’antisémitisme actuel lui doit : un inventaire en a été réalisé, qui n’est pas seulement une opinion, mais une démonstration ! Tout le gratin parisien des Juifs de cour accourus sans état d’âme à l’Elysée pour réhabiliter un Président de la République qui s’était rangé du côté des antisémites, le 12 novembre 2023, au moment de la manifestation contre l’antisémitisme, et qui a reconnu un état virtuel islamo-nazi « palestinien » pour Rosh Hachana 5786 (21 septembre 2025) porte aussi sa part de responsabilité. Si cette « représentation » catastrophique des Juifs de France avait l’once d’une colonne vertébrale morale, elle aurait refusé depuis longtemps de participer à ces cérémonies mémorielles devenues des mystifications cyniques d’un grand ordonnateur, Emmanuel Macron, interdit depuis plusieurs mois d’entrée en Israël et persona non grata dans le pays des Juifs vivants !
Ilan Halimi et toutes les victimes de la barbarie antisémite méritent assurément tous les hommages et toutes les commémorations. Mais leur mémoire ne peut devenir la posture morale d’un pouvoir qui a totalement failli, en laissant la haine antisémite prospérer — quand il ne l’a pas lui-même encouragée. Persister à revendiquer cette posture morale relève d’une indécence absolue !
© Jean-Marc Lévy pour Israël Is Forever Alsace
