Tribune Juive

Les non-sollicités entrent par la porte-arrière. Par Thérèse Zrihen-Dvir

L’initiative soudaine et inopinée de Bibi Netanyahu de se rendre à la Maison Blanche pour rencontrer le président des USA, Donald Trump, provenait apparemment d’un cumul de soupçons qui avec le temps prenaient l’allure d’un abandon à mi-chemin de son allié et ami israélien.

En principe, cela ne devait surprendre personne, puisque le président américain a déjà et à plusieurs reprises démontré une instabilité déconcertante, douteuse et un manque d’adhésion à ses promesses/déclarations publiques.

Les premières s’annonçaient par l’irréalisation de ses menaces d’ouvrir les portes de l’enfer si le Hamas ne capitulait pas… Ensuite vinrent les fameuses conditions promulguées dans le plan de paix de 20 points, qui révélait un nombre incommensurable de failles, dont la première était la libération des otages israéliens emprisonnés par le Hamas… Première étape qui ne devait pas s’étendre sur plusieurs mois, mais qui permit au Hamas de se réorganiser, sous la barbe et le nez des Israéliens.

La deuxième clause était la composition même de ce comité pour la paix, incluant des éléments radicalement antithétiques à Israël : Le Qatar, la Turquie, l’Arabie Saoudite et l’Égypte – en fait ce comité comprend des pays arabes en majorité anti-israéliens.

Pour Bibi, cela devait sonner l’alarme…

Mais cette situation nous est très familière surtout durant la maudite expérience subie lors des Accords de paix d’Oslo, suivie par une frénésie incohérente de la remise des territoires reconquis à l’Autorité palestinienne nouvellement composée par des terroristes arabes de tous bords.

Complaisance, non-défiance, empressement, désinvolture – toute une gamme d’excitations initiales, d’émotions, d’intuitons… tout, hormis une prudence obligatoire et vitale. Mais c’était alors le vent de paix qui soufflait entre les rangs même de ceux qui se disaient être les imbattables protecteurs d’Israël.

Qui a payé le prix ? – Les gens du cru – les soldats, les bébés, les passants qui ne redoutaient rien de ce qui se tramait à leurs flancs.

Puis, c’est la hâte de passer à la clause numéro deux qui exige la capitulation et remise des armes du Hamas… Soyez certains, elles n’auront jamais lieu. Le Hamas a annoncé haut et fort  qu’il ne déposera jamais ses armes.

Oui, mais les adhérents à ce comité pour la paix s’empressent de planter leurs crocs dans les dunes de sable de Gaza. Alors, on cherche des alternatives à la reddition du Hamas… Lui permettre de conserver les armes légères… Les tunnels d’où émergent de temps à autre quelques terroristes venus attaquer les patrouilleurs israéliens… ces mêmes israéliens qui commencent à sentir la moutarde leur monter au nez…

De qui se fiche-t-on ?

Finalement, il faut traiter l’Iran, son nucléaire, ses missiles balistiques, ses menaces… Et Trump, qui observe d’un œil compatissant les Iraniens luttant corps-à-corps contre les milices des gardiens de la révolution iranienne, sort de ses gonds et déclare haut et fort qu’il faut défendre un peuple opprimé depuis plus de 47 ans.

C’est l’armada américaine qui se met en route… Cela requiert du temps et d’un côté, on se demande comment le petit Israël, avec son armée réduite et son arsenal élémentaire, a pu attaquer l’Iran, lui porter atteinte au point de neutraliser ses défenses. Les cieux, disaient les pilotes israéliens, nous appartiennent.

Il nous est permis de nous demander à quoi sert toute cette armada si l’Iran s’est avéré incapable de se mesurer au chétif Israël.

Peut-être que les stratégistes ont leurs petits secrets… mais pourquoi alors ne passent-ils pas à l’attaque ?

Parce que les visées du président des USA, Donald Trump, diffèrent de celles que le commun des mortels – moi, en l’occurrence – ne soupçonne pas. Par contre, je vois mal un américain glisser une seconde fois dans le piège des Ayatollahs iraniens et s’aligner sur un contrat qui ne sera jamais honoré.

Israël et ses craintes ont contraint Netanyahu à se précipiter chez son allié pour obtenir quelques vérités et assurances ? Entrée et sortie par la porte-arrière.

A-t-il réussi sa mission ? Avait-il réellement besoin qu’on lui mette les points sur les i ?

Nous ne le saurons que lorsqu’il sera soit trop tard, soit face au fait accompli.

Je cède cela à votre imagination qui, nul doute, est outrageusement malmenée et exacerbée.

© Thérèse Zrihen-Dvir

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