
Ce n’est pas un scoop sensationnel mais la démonstration qu’Israël progresse dans ses actions diplomatiques, notamment avec des pays musulmans. Après la reconnaissance inattendue du Somaliland, voici l’Albanie avec qui se confirme une improbable amitié, voire au futur une forme d’alliance sur le continent européen.
Edi Rama, Premier ministre d’Albanie, s’est rendu en visite officielle en Israël du 25 au 27 janvier 2026. Cette visite a duré deux jours pleins et a été organisée dans un format de visite de travail, avec des rencontres de haut niveau et des discours institutionnels.
Des critiques lui ont reproché d’avoir ignoré les souffrances des Palestiniens lors de sa récente visite en Israël. Pourtant, lui et son homologue israélien, Benjamin Netanyahu, perçoivent tous deux des avantages à un rapprochement.
« Le Premier ministre Rama est un grand ami du peuple juif, un grand ami de l’État juif, et j’ose dire aussi un grand ami personnel », a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, saluant son homologue albanais à Jérusalem.
Edi Rama a reçu une ovation debout à la Knesset, le parlement israélien, pour un discours dans lequel il a condamné le Hamas comme une force oppressive et a rappelé la détermination des Albanais à protéger leurs Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.
Mais les réactions à sa visite en Israël furent moins enthousiastes. Certains critiques reprochèrent à Rama de minimiser les souffrances des Palestiniens à Gaza en s’abstenant de condamner les violences perpétrées par les forces israéliennes.
Objectifs et contexte
La visite était motivée par plusieurs facteurs convergents :
• renforcer les liens bilatéraux entre Tirana et Jérusalem, fondés sur une longue mémoire historique de solidarité ;
• participer à l’International Conference on Combating Antisemitism, un événement diplomatique et symbolique central organisé en Israël pendant cette période ;
• affirmer le soutien de l’Albanie à Israël dans un contexte régional tendu, y compris face aux menaces iraniennes ;
• soutenir la coopération en matière de sécurité, cybersécurité et investissements bilatéraux.
Programme officiel (25-27 janvier)
Selon le programme publié par le gouvernement albanais :
Jour 1 – 25 janvier
• Arrivée en Israël avec délégation officielle.
• Début des rencontres bilatérales et visites symboliques (lieux de mémoire, espaces de recueillement après les événements d’octobre 2023).
Jour 2 – 26 janvier
• Rencontre en tête-à-tête avec le Premier ministre israélien, Binyamin Netanyahu, à Jérusalem.
• Réunion élargie entre les délégations albanaise et israélienne.
• Discours devant une session spéciale de la Knesset, un honneur réservé à très peu de dirigeants étrangers, suivi d’un accueil protocolaire avec hymnes et honneurs militaires.
• Visites de la Vieille Ville de Jérusalem, notamment le Mur des Lamentations et le Saint-Sépulcre, dans un registre à la fois diplomatique et mémoriel.
Jour 3 – 27 janvier
• Discours au conférence internationale contre l’antisémitisme organisée par Israël, en présence notamment du président israélien.
• Clôture officielle de la visite.
Messages diplomatiques clés
La visite n’a pas été un simple acte de représentation cérémonielle : elle a transmis des messages politiques clairs :
✔️ Soutien affiché à Israël
M. Rama a exprimé un soutien clair, notamment sur les questions de sécurité et face aux menaces régionales, soulignant une coopération avec Israël dans les domaines de la cybersécurité et de la stratégie de défense.
✔️ Dimension mémorielle et symbolique
La visite de lieux symboliques et le discours devant la Knesset font écho à la mémoire partagée (solidarité des Albanais envers les Juifs durant la Shoah) — ce qui donne une profondeur historique au lien bilatéral.
✔️ Coopération pratique renforcée
De part et d’autre, des engagements ont été exprimés pour :
• élargir les relations commerciales et touristiques ;
• poursuivre des initiatives de sécurité et technologies ;
• approfondir les cadres institutionnels de coopération entre les deux gouvernements.
Enjeux politiques internes
La visite a suscité des réactions contrastées en Albanie. Par exemple, une manifestation pro-palestinienne a eu lieu à Tirana quelques jours avant le départ de M. Rama, reflétant des tensions internes liées à l’opinion sur le conflit au Moyen-Orient.
Cela illustre comment, même dans un pays avec une relation bilatérale historiquement positive avec Israël, les questions du Moyen-Orient continuent d’interagir avec les dynamiques politiques locales.
• Le message a été fortement politique et symbolique, axé sur une coopération stratégique renouvelée et une mémoire historique partagée
Projection post-Munich 2026 (13-16/02/2026)
Israël–Albanie dans un ordre transatlantique recomposé
Point de départ
À l’issue de la Munich Security Conference (13–15 février 2026), un fait devrait s’imposer : le centre de gravité occidental se déplace vers une logique de puissance assumée, portée avant tout par les États-Unis, tandis que l’Europe peine à transformer ses normes en leviers stratégiques.
Dans ce cadre, la relation Israël–Albanie apparaît moins comme une curiosité que comme un prototype d’alliance fonctionnelle.
1) Lecture américaine post-Munich : partenaires utiles, pas décoratifs
Après Munich, Washington devrait confirmer trois lignes directrices :
• priorité aux alliés efficaces plutôt qu’aux coalitions normatives,
• délégation accrue de la stabilité régionale à des partenaires fiables,
• tolérance élevée aux coopérations bilatérales discrètes.
Dans cette grille, Israël est un acteur pivot, l’Albanie un multiplicateur discret :
• musulmane, mais alignée,
• membre de l’OTAN,
• sans passif idéologique avec Israël.
Projection : Washington voit d’un très bon œil un approfondissement pragmatique Israël–Albanie, notamment dans les Balkans, zone sensible aux influences concurrentes.
2) Effet Munich sur Israël : diversification sans dispersion
Post-Munich, Israël devrait poursuivre une stratégie claire :
• resserrement stratégique avec les États-Unis,
• multiplication de partenariats secondaires fiables, à faible coût politique.
L’Albanie coche toutes les cases :
• pas de pression normative,
• pas de mobilisation hostile de l’opinion,
• forte valeur symbolique (pays musulman, ambassade à Jérusalem).
Projection : Israël pourrait renforcer la coopération dans :
• cybersécurité et contre-ingérence,
• protection d’infrastructures critiques,
• formation et technologies de sécurité intérieure.
Le tout sans formalisation excessive, pour préserver la discrétion.
3) Position européenne post-Munich : tolérance contrainte
L’Union européenne, après Munich, devrait :
• maintenir un discours normatif,
• éviter les ruptures frontales avec Israël,
• accepter de facto des coopérations bilatérales qu’elle ne contrôle pas.
Dans ce cadre, la relation Israël–Albanie pose peu de problèmes :
• elle ne contredit pas formellement les positions européennes,
• elle s’inscrit dans l’espace OTAN,
• elle ne crée pas de précédent juridiquement contraignant.
Projection : Bruxelles tolère, observe, mais n’influence pas.
4) Les Balkans après Munich : zone de compétition silencieuse
Munich 2026 devrait confirmer que les Balkans restent :
• une zone de compétition d’influence (Russie, Turquie, Chine),
• un espace où l’Occident privilégie désormais des points d’appui fiables.
Dans ce contexte :
• l’Albanie se positionne comme État vitrine du camp euro-atlantique,
• Israël y trouve un partenaire sans exposition politique excessive.
Projection : Tirana pourrait devenir un hub discret de coopération sécuritaire occidentale, avec Israël comme fournisseur de capacités et d’expertise.
5) Ce que chacun gagne après Munich
Pour Israël
• Un allié musulman stable et sans ambiguïté.
• Un relais balkanique à fort rendement stratégique.
• Un argument diplomatique contre la narration de l’isolement.
Pour l’Albanie
• Accès renforcé à des technologies de sécurité avancées.
• Crédibilité accrue à Washington.
• Positionnement comme acteur sérieux dans l’architecture euro-atlantique.
6) Limites structurelles
Cette projection a des bornes claires :
• pas d’alliance formelle spectaculaire,
• pas d’alignement automatique de Tirana sur toutes les positions israéliennes,
• prudence pour éviter de créer des frictions inutiles avec certains partenaires européens.
C’est une relation d’ingénierie stratégique, pas de proclamation idéologique.
Conclusion – Après Munich
Munich 2026 devrait acter un monde où les alliances qui fonctionnent comptent davantage que celles qui s’expliquent.
Dans cet environnement, Israël–Albanie apparaît comme une amitié improbable devenue rationnelle : discrète, asymétrique, mais durable.
Ce n’est pas une alliance qui fait du bruit.
C’est précisément pour cela qu’elle est appelée à durer.
© Francis Moritz
Francis Moritz a longtemps écrit sous le pseudonyme « Bazak », en raison d’activités qui nécessitaient une grande discrétion. Ancien cadre supérieur et directeur de sociétés au sein de grands groupes français et étrangers, Francis Moritz a eu plusieurs vies professionnelles depuis l’âge de 17 ans, qui l’ont amené à parcourir et connaître en profondeur de nombreux pays, avec à la clef la pratique de plusieurs langues, au contact des populations d’Europe de l’Est, d’Allemagne, d’Italie, d’Afrique et d’Asie. Il en a tiré des enseignements précieux qui lui donnent une certaine légitimité et une connaissance politique fine. Fils d’immigrés juifs, il a su très tôt le sens à donner aux expressions exil, adaptation et intégration. © Temps & Contretemps

Nous ne sommes pas seuls !! Israel fait discretement un travail diplomatique formidable .nous renouons avec des pays d amerique latine , les delegations asiatiques se succedent chez nous et le business israelien se deploie au vietnam, en corée ,au japon, en thailande , en inde .si l UE decadente flatte les dictatures arabes et le nain gutteres devoile son amour pour les mollahs , le reste du monde ne s aligne pas et nous traçons notre voie avec succes .
Cette semaine Israel a reçu sa premiere livraison de petrole venezuelien , signe du retournement de ce grand pays grace aux actions de Trump .