Alors que le monde détourne souvent le regard, Israël se trouve aujourd’hui confronté à une menace subtile mais persistante : l’influence financière du Qatar à l’intérieur de ses frontières. Ran Yishai, directeur du département de recherche de l’Institut de Jérusalem pour la politique appliquée, avertit dans un entretien accordé à Israel National News – Arutz Sheva que le royaume du Golfe utilise des milliards pour orienter l’opinion publique et soutenir des réseaux liés aux Frères musulmans. Ce phénomène n’est pas nouveau à l’échelle mondiale, mais son implantation à proximité du cœur de l’État juif prend des proportions préoccupantes.
Selon Yishai, les fonds qataris transitaient auparavant par des organisations telles que Qatar Charity, aujourd’hui officiellement fermée, mais rapidement remplacée par d’autres canaux moins transparents. Les donations affluent vers des universités, écoles, hôpitaux et programmes sociaux, avec pour objectif stratégique de créer une dépendance et un alignement idéologique favorable au Qatar.
L’exemple le plus frappant est celui de l’Hôpital français à Jérusalem, qui reçoit des millions de dollars pour son expansion, via un transfert discret par une banque de l’Autorité palestinienne. L’initiative se déroule à quelques pas du siège de la police israélienne, qui, faute de directives claires, se retrouve limitée dans sa capacité d’investigation.
Cette situation illustre aussi la complaisance française. La reconnaissance unilatérale de la Palestine par la France n’a suscité aucune réaction israélienne, donnant un signal implicite : nul besoin de freiner les ambitions diplomatiques et financières. Pendant ce temps, d’autres pays – Turquie, Italie, Royaume-Uni – continuent d’agir sur le terrain à Jérusalem d’une manière qui compromet la souveraineté israélienne, qu’il s’agisse de donations suspectes ou de projets de construction illégale à Khan al-Ahmar.
Yishai souligne l’impossibilité de séparer totalement le civil du militaire dans ces opérations : les fonds destinés à des projets humanitaires peuvent indirectement soutenir le terrorisme, à l’image des institutions contrôlées ou influencées par le Hamas et des agences comme UNRWA ou Al Jazeera. Loin de représenter des informations classifiées, ces données sont publiques et exigent une action ferme.
La leçon, affirme Yishai, est limpide : Israël doit choisir entre la complaisance et la fermeté. Tant que les consuls étrangers et les financements étrangers ne sont pas confrontés, les ingérences étrangères continueront, mettant en péril l’indépendance et la sécurité de l’État. Comme le dit le chercheur : « Le peuple d’Israël a appris qu’il vaut mieux vivre durement que mourir facilement. »
© Jean Vercors
