Ne vivant pas sur le territoire de la Confédération helvétique et ne payant donc pas de redevance au service public de ce pays qui m’a vu naître et dont je me sens proche, je ne me permettrais pas d’exprimer la moindre opinion au sujet de la votation imminente qui concerne le montant de cette taxe.
C’est depuis le Moyen-Orient que je m’interroge néanmoins sur une disproportion qui à mon sens relève du symptôme et mérite débat, en ce qu’elle expose, caricaturalement, une problématique susceptible d’intéresser chacun des votants.
L’EXEMPLE DE « HAUTES FRÉQUENCES » SUR LA RTS – Radio Télévision Suisse:
👉La Constitution fédérale (art. 93) et la LRTV imposent à la RTS de « refléter équitablement la diversité » et de servir « l’ensemble de la population ».
« Hautes Fréquences » se définit comme émission sur « le monde complexe des religions et spiritualités ».
Or, au moins 14 émissions sur 100 (14%) traitent du conflit Gaza-Israël, sans compter les innombrables micro-interventions à ce sujet, à sens unique.
Il se trouve que ce conflit, appelons-le israélo-arabe pour simplifier comme aiment à le faire certains médias, concerne directement une douzaine de millions de personnes sur 8 milliards (0,15% de l’humanité). En proportion démographique, il mériterait 0,1 émission par an. Il en reçoit 70 fois plus. Pendant ce temps : hindouisme (1,2 milliard, 15% de l’humanité), bouddhisme (520 millions, 7%), persécutions des Chrétiens en Orient ou au Nigeria (20 000 morts en 2 ans): minimum du minimum syndical
👉Sur 14 émissions « Gaza/Israël », 10 sont de la géopolitique (« carnage », « conflit importé », « Grand Israël »), pas de la spiritualité, même en adoptant une définition très large de ce mot fourre-tout.
L’émission détourne sa mission : il suffit d’écouter précisément les contenus en question et de s’intéresser aux agendas idéologiques des personnes interviewées pour constater qu’il s’agit là d’une tribune palestiniste sous couvert religieux.
👉Budget estimé consacré : 140 000 CHF publics pour la promotion d’une idéologie donnée, manque flagrant d’équilibre dans la présentation du conflit (notamment mise en avant d’opinions israéliennes ou juives ne reflétant absolument pas le mainstream). Violation de l’égalité de traitement (art. 8 Cst.).
👉L’auditeur reçoit une vision radicalement faussée du panorama religieux mondial et, en passant, des messages unilatéraux. 14 émissions en 2 ans sur un même conflit constituent un manquement caractérisé aux articles 4 et 24 LRTV.
👉D’où ces questions à Pascal Crittin:
Comment expliquer qu’une qu’une émission censée être centrée sur les spiritualités mondiales consacre 14% de son temps à un conflit régional, en ignorant de nombreuses victimes chrétiennes et en ne proposant – imposant ? – qu’une seule grille de lecture?
La disproportion actuelle ne viole-t-elle pas le mandat constitutionnel, en invisibilisant des milliards de croyants?
Merci!
Le palestinisme est-il une religion? Par Joel Hanhart
