Par C.H.A.R.
En France, le slogan « Tous unis contre la haine » sonne comme un beau refrain partagé par tous. Pourtant, sur le terrain, en particulier dans les coulisses judiciaires, ce slogan n’est pas suivi des faits. En effet, selon de multiples témoignages et dans des cercles militants, une association spécialisée dans la lutte contre l’antisémitisme chercherait à s’imposer comme l’interlocutrice exclusive, presque officielle, auprès des magistrats?
La formule qui revient le plus souvent dans ses récits ? « Lui, il ne fait pas de terrorisme, de racisme ou d’antisémitisme. »
Une sorte de label de bonne conduite délivré par une seule organisation, comme si la justice avait besoin d’un visa associatif pour trancher…
Ce comportement pose plusieurs problèmes majeurs :
- Un souci quant à l’indépendance de la justice : La République française repose sur la séparation stricte des pouvoirs. Les procureurs et les juges ne sauraient être influencés – ni même guidés – par des appréciations subjectives venues d’une association, aussi légitime soit-elle sur son terrain.
- Le risque de monopole associatif : La lutte contre l’antisémitisme est vitale et doit mobiliser toutes les bonnes volontés. Mais transformer une association en « soleil unique » qui éclipse les autres crée un précédent dangereux. Pourquoi une seule structure aurait-elle le droit exclusif de dire qui est « clean » ou non ? Cela ouvre la porte à des soupçons de favoritisme, de clientélisme judiciaire ou, pire, d’instrumentalisation politique. D’autres associations (contre le racisme, contre toutes les haines confondues) se sentent logiquement mises à l’écart, reléguées au rang de seconds couteaux.
- La confusion entre vigilance et tutelle : Signaler des actes haineux, porter plainte, collaborer avec les autorités : tout cela est légitime et nécessaire. Mais se présenter comme un filtre préalable ou un garant moral auprès des parquets, c’est franchir une ligne rouge. La justice n’a pas besoin d’un « ministère parallèle » pour fonctionner. Elle doit rester indifférencte aux pressions et aux labels.
Contre l’antisémitisme, contre le racisme, contre toutes les haines : oui, tous unis. Mais unis comme des citoyens égaux devant la loi, et non comme des sujets d’un label unique délivré dans l’ombre des cabinets judiciaires?
La République n’a pas besoin d’intermédiaires auto-proclamés pour dire le droit. Elle a besoin de juges indépendants, de parquets impartiaux et d’une mobilisation collective sans exclusive ni exception.
