Tribune Juive

Iran : l’épreuve morale des intellectuels français. Par Paul Germon

Il y a des moments où l’histoire pose une question simple. Pas une question géopolitique. Pas une question de nuance.

Une question morale.

L’Iran a été l’un de ces moments.

Quand des femmes ont été tuées pour un voile, quand des adolescents ont été pendus pour une chanson, quand un peuple a défié une théocratie à mains nues, il fallait choisir : parler ou se taire.

Les intellectuels français ont répondu. Mais pas tous de la même manière.

Ceux qui ont parlé (clairement, sans ambiguïté). Ils ont pris le risque de la clarté, parfois au prix de leur confort idéologique :

• Bernard-Henri Lévy

• Élisabeth Badinter

• Caroline Fourest

• Abnousse Shalmani

• Kamel Daoud

• Marek Halter

• Boualem Sansal

• Pierre-André Taguieff

• Gilles Kepel

• Pascal Bruckner

• Philippe Val

• Riss

• Sophia Aram

• Fiammetta Venner

• Raphaël Enthoven

• Mohamed Sifaoui

• Antoine Vitkine

*. Sarah Cattan

*. Tribune juive

On peut discuter leur style, leurs combats, leurs obsessions. Mais ils ont parlé. Et c’est cela que l’histoire retient toujours.

Ceux qui ont parlé… mais avec détour, prudence ou retard mais ils ont parlé et soutenu . Ils ont fini par dire quelque chose parfois tard, parfois abstrait, parfois à distance du feu:

• Michel Onfray

• Marcel Gauchet

• Emmanuel Todd

• Dominique Schnapper

• Alain Finkielkraut

• Pierre Manent

Ils ont analysé. Ils ont contextualisé. Ils ont expliqué. Mais ils n’ont pas crié avec les femmes iraniennes.

Ceux qui se sont tus (ou presque)

Et puis il y a le silence. Un silence massif. Un silence idéologique. Un silence qui restera. Ils se reconnaitront. Ils parlent d’universel. Mais pas quand l’universel dérange leur camp.

Ce que l’Iran a révélé

L’Iran a agi comme un révélateur chimique. Il a fait apparaître une vérité crue : L’universalisme français est devenu conditionnel. On défend les femmes… sauf quand leurs bourreaux sont islamistes. On défend la liberté… sauf quand elle contredit le logiciel postcolonial. On défend les opprimés… sauf quand ils sont mauvais pour la narration.

Alors on se tait. Et on appelle ça « la nuance ».

L’histoire, elle, ne nuancera pas Elle dressera des listes. Comme toujours. Et sur ces listes, il y aura des noms. Ceux qui ont parlé. Ceux qui ont hésité. Et ceux qui se sont tus.

L’Iran restera leur ligne de partage.

© Paul Germon

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