Paris, 29 janvier
L’Observatoire d’Al-Azhar pour la lutte contre l’extrémisme (AOCE), une unité de l’université Al-Azhar du Caire, a tenu la semaine dernière une réunion à la Chaire Anawati de l’Institut dominicain d’études orientales, avec le soutien apparent de l’Union européenne, afin de promouvoir « la paix et le dialogue, en se concentrant sur les problèmes auxquels sont confrontées les communautés musulmanes en Italie ».
Parmi d’autres objectifs, le principal consistait à dénoncer « l’islamophobie » en mettant l’accent sur « l’image déformée du concept de jihad dans la mentalité européenne » ! Ainsi, la méfiance occidentale envers l’islam radical, après des décennies de terrorisme perpétré au nom du « jihad sacré », serait prétendument le fruit de la « mentalité déformée » des victimes, et non la conséquence d’une propagande extrémiste persistante contre les « infidèles » et les Juifs !?
Les intentions affichées de l’AOCE sont de « surveiller les idéologies extrémistes dans le monde » et de « démanteler les discours extrêmes de leur contexte géographique et linguistique ».
Néanmoins, il semble également minimiser et relativiser l’impact de l’incitation à la haine et à la violence émanant de divers milieux arabo-musulmans, dont Al-Azhar est l’un des plus éminents.
Par exemple, le professeur Ahmad Al-Tayeb, grand imam d’Al-Azhar, évoque le « contraste extrême entre le judaïsme en tant que religion divine et le sionisme en tant que mouvement raciste de colonisation de peuplement… », suggérant en fin de compte que la « religion divine » n’aurait le droit d’être pratiquée librement, dans aucun foyer et par aucun peuple.
De telles insinuations inquisitoriales sont régulièrement reprises sur le site de l’AOCE. Le langage diffamatoire inclut l’appellation d’Israël comme « l’entité sioniste », l’affirmation que « le sionisme est une peste » qui aurait « un véritable visage sanglant », que ses « forces terroristes nient toutes les valeurs de moralité et d’humanité », et même qu’elles « ont commis leurs crimes en se fondant sur certains de leurs textes religieux extrémistes »…
Mais de qui, d’où et de quels textes parlent-ils réellement ici ?
Le professeur Mohamed El-Dewini, adjoint du grand imam, dans un discours de septembre 2024 intitulé « Le sionisme : ennemi de la paix », affirme que « le retour d’Al-Aqsa (Jérusalem) aux musulmans est une affaire réglée, dont le moment nous est caché, et peut-être cela se produira-t-il bientôt, si Dieu le veut ! » Cela ne rappelle-t-il pas la manière dont le Hamas a appelé son attaque génocidaire du 7 octobre « Déluge d’Al-Aqsa » ? L’objectif déclaré était d’atteindre et de conquérir Jérusalem !
Dans le même discours, El-Dewini ajoute une appropriation culturelle en déclarant qu’« Abraham n’était ni juif ni chrétien, mais un musulman droit ». À la lumière de ces paroles, quel sens donner aux Accords d’Abraham pour la paix et la normalisation ?
Sur la page Facebook de l’AOCE, l’ensemble du territoire d’Israël est recouvert d’un keffieh palestinien avec le texte suivant : « La Palestine restera arabe ». Cela signifie explicitement nier toute légitimité existentielle juive, à moins que les Juifs ou d’autres ne soient subordonnés. Non merci !
Le même compte Facebook relaie une citation de l’anthropologue égyptien Gamal Hamdan, délégitimant l’État juif en reprenant le trope antisémite selon lequel les Juifs d’aujourd’hui n’auraient aucun lien ancestral avec l’ancien Israël — selon ses propres mots : « aucune relation religieuse, historique ni biologique » — justifiant ainsi la haine et le ressentiment.
Le site « académique » de l’AOCE a également sélectionné un article provenant d’un site d’extrême gauche, daté du 7 octobre 2024 [sic !], rédigé par une étudiante alors en licence, qui, sous couvert de « passer en revue les deux poids deux mesures », nie l’usage par le Hamas de la violence sexuelle comme arme et met en doute de nombreux rapports, entretiens et témoignages à ce sujet. Ce faisant, l’Observatoire d’Al-Azhar exploite une source occidentale douteuse pour blanchir de facto une part significative des atrocités terroristes.
Ces exemples, parmi tant d’autres, ne correspondent pas au « refus de l’extrémisme et de la violence » proclamé par Al-Azhar, mais confirment son hypocrisie — ou, au mieux, son ambiguïté — qui dissimule ce qui pourrait être perçu comme une propagande à visée génocidaire envers Israël, le peuple juif, son histoire et son identité.
© Shimon Samuels et Alex Uberti
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Al-Azhar: from Propaganda to Genocidal Intent?A Report by Shimon Samuels and Alex Uberti
Paris, 29 January
The Al-Azhar Observatory for Combating Extremism (AOCE), a unit of Al Azhar University of Cairo, held a meeting last week at the Anawati Chair of the Dominican Institute for Oriental Studies, with the apparent support of the EU, to promote « Peace and Dialogue with a focus on problems facing Muslim communities in Italy ».
Among others, the main objective was to denounce “Islamophobia” by focusing on “the European mentality’s distorted image concerning the concept of Jihad”! Therefore, Western wariness towards radical Islam after decades of terrorism meted out in the name of “Holy Jihad”, is purportedly fruit of the victims’ “distorted mentality”, and not sparked by ongoing extremist propaganda against “infidels” and the Jews!?
AOCE’s manifest intentions are to « monitor extremist ideologies globally » and « dismantle extreme speech from its geographical and linguistic context ».
Nevertheless, it also seems to minimize and downplay the impact of incitement to hatred and violence emanating from a number of Arab-Muslim instances, of which Al Azhar is one of the most prominent.
For example, Prof. Ahmad Al-Tayeb, the Grand Imam of Al-Azhar, views the “extreme contrast between Judaism as a divine religion and Zionism as a racist settler-colonial movement…”, ultimately implying that the « divine religion » has no right to be practiced freely, in no home and by no people.
Such inquisitorial hints are consistently repeated on the AOCE website. The defamatory language includes misnaming Israel as “the Zionist entity”, accusing “Zionism is a plague”, that has “a true bloody face”, that its « terrorist forces deny all values of morality and humanness”, and even “committed their crimes depending on some of their extremist religious texts”…
Who, where and what texts are they really speaking about here?
Prof. Mohamed El-Dewini, the Imam’s Deputy, in a speech of September 2024 entitled “Zionism: Enemy of Peace”, lectures that “The return of Al-Aqsa (Jerusalem) to Muslims is a settled matter, its timing concealed from us, and perhaps it will transpire soon, God willing!” Doesn’t this remind us on how Hamas called its 7 October genocidal attack “Al-Aqsa Flood”? The declared objective was to reach and conquer Jerusalem!
In the same speech, El-Dewini adds cultural appropriation by declaring that “Abraham was neither a Jew nor a Christian, but he was an upright Muslim”. In light of these words, what sense is given to the Abraham Accords for Peace and normalization?
On the AOCE Facebook page, the entire land of Israel is covered by a Palestinian keffiyeh with the following text « Palestine will remain Arab ». This explicitly means denying any Jewish existential legitimacy, unless the Jews or others are subordinates. No thanks!
The same Facebook account carries a quote from Egyptian anthropologist Gamal Hamdan, delegitimizing the Jewish State by relaying the antisemitic trope that Jews today have no ancestral link to ancient Israel – in his own words: “no religious, historical nor biological relation” – thus justifying hatred and resentment.
The “scholarly” AOCE website also handpicked an article from a far-left website, dated 7 October 2024 [sic!], authored by a then undergraduate student that, in the guise of “reviewing double standards”, denies Hamas’ weaponizing of sexual violence and doubts numerous related reports, interviews and testimonies. In doing so, the Al Azhar Observatory exploits a dubious western source to de facto whitewash a significant part of the terrorists’ atrocities.
These examples are among many that do not conform to Al Azhar’s proclaimed “refusal of extremism and violence”, but do confirm its hypocrisy – or at best, its ambiguity – that covers up what could be viewed as propaganda for genocidal intent towards Israel, the Jewish people, their history and identity.
© Shimon Samuels and Alex Uberti
