Comment une protestation politique a infiltré la rue haredi pour la faire exploser de l’intérieur
D’après le reportage diffusé sur la chaîne 14 – Film de Hagai Siman Tov
Ce qui se passe aujourd’hui dans la rue haredi n’est pas une révolte.
Ce n’est pas une colère spontanée.
Et ce n’est pas un simple désaccord religieux autour de la conscription.
C’est une opération organisée.
Une opération pensée, financée et exécutée par des réseaux issus de Kaplan,
introduite délibérément au cœur de la société juive religieuse,
avec un objectif précis : la fracturer de l’intérieur.
Le reportage de la chaîne 14 ne se contente pas de dénoncer.
Il dévoile un mécanisme.
Un slogan qui n’est pas le leur
Tout commence par un slogan martelé dans la rue :
« Nous mourrons plutôt que de nous enrôler ».
Pour Yaakov Asher, député de Shas, et pour les autres responsables haredim interrogés, ce slogan est un signal d’alerte majeur.
Même les courants historiquement opposés à la conscription – y compris les plus radicaux –
n’ont jamais utilisé la mort comme slogan politique.
Yaakov Asher est catégorique :
« Si mon petit-fils prononçait ces mots, je l’emmènerais immédiatement consulter. Ce n’est pas un langage normal. »
Selon lui, ce slogan ne vient pas du monde haredi.
Il vient d’une instrumentalisation cynique de la guerre,
d’une volonté de frapper là où la douleur est maximale,
sans nuance, sans responsabilité.
Une contestation sans précédent dans le monde haredi
Le reportage insiste sur un fait central :
ce type de mobilisation n’a aucun précédent historique dans la société haredi.
Jamais auparavant :
- des manifestations nocturnes sous les domiciles privés de députés haredim,
- des intimidations visant les familles,
- des jets d’œufs, des cris, des menaces dans des immeubles résidentiels,
- une violence dirigée contre des représentants internes.
Yaakov Asher le dit clairement :
« Ce n’est pas notre culture. Ça n’a jamais existé. »
Ce qui se déroule aujourd’hui n’est donc pas une colère organique.
C’est une importation de méthodes étrangères à ce monde.
Une campagne structurée, pas une explosion spontanée
Les témoignages convergent :
ce qui se passe est organisé, coordonné, financé.
Les intervenants parlent :
- de milliers d’affiches,
- de bus affrétés,
- de manifestations synchronisées,
- d’un relais médiatique précis,
- et surtout de moyens financiers considérables.
« Ce n’est pas de l’argent haredi. Ce sont des poches profondes. »
Les affiches, souvent conçues pour imiter les codes internes du monde haredi, sont décrites comme des leurres, destinés à donner l’illusion d’une révolte venue de l’intérieur.
La cible réelle : les jeunes
Le cœur de l’opération est identifié sans ambiguïté.
Environ 70 % de la société haredi est jeune, en âge de conscription.
C’est cette population qui est ciblée.
Le reportage décrit :
- le contournement systématique des rabbins et des éducateurs,
- des tentatives de contact direct avec des élèves de yeshivot,
- l’utilisation de lignes téléphoniques parallèles,
- la collecte de numéros de téléphone et de cartes d’identité.
Objectif décrit par les témoins :
👉 rompre le lien entre les jeunes et leur autorité spirituelle,
👉 les retourner contre leurs représentants politiques,
👉 créer une génération haredi sans cadre interne.
Quand Kaplan parle sans filtre
Le moment le plus explosif du reportage survient lorsque des militantes associées aux réseaux de Kaplan parlent elles-mêmes.
L’une d’elles, liée à Imahot BaHazit, affirme :
- que rien n’est fait seul,
- que les actions sont coordonnées entre plusieurs organisations,
- que 99 % du travail doit rester invisible.
Et surtout, elle explique que l’objectif n’est pas l’enrôlement.
L’objectif est que :
- la société haredi se radicalise,
- les rabbins restent dans une ligne dure,
- toute solution politique devienne impossible.
Autrement dit :
le chaos n’est pas un accident.
C’est la stratégie.
Le mensonge central mis à nu
Dans l’opinion publique, Kaplan est présenté comme voulant « partager le fardeau ».
Le reportage révèle autre chose.
Selon les témoignages :
- ce qui est recherché, ce sont des rues en feu,
- une société haredi fracturée,
- un gouvernement paralysé,
- et un conflit interne sans issue.
Yaakov Asher résume la ligne de fracture :
« Nous sommes contre cette loi pour ce qu’elle a de non-juif.
Eux sont contre cette loi pour ce qu’elle a de juif. »
Conclusion – Une ligne a été franchie
Ce reportage ne rend pas de verdict judiciaire.
Il ne condamne pas pénalement.
Mais il révèle une réalité inquiétante :
👉 une ingénierie de déstabilisation interne,
👉 une exploitation cynique du traumatisme national,
👉 une importation de méthodes de lutte étrangères au monde haredi.
Quand une protestation politique décide de briser une société de l’intérieur,
ce n’est plus une contestation.
C’est une ligne rouge franchie.
Et ceux qui pensent que ce feu s’arrêtera à la rue haredi se trompent.
Ce qui brûle aujourd’hui n’est pas né là.
© David Germon
