Aimez votre peuple. Aimez votre pays. Soyez solidaires. Soyez tolérants. Soyez positifs. Soyez bâtisseurs. Essayez, pour voir. Au lieu de vous complaire dans la jalousie, de ruminer la haine, de transformer le ressentiment en identité politique, et la détestation en métier à plein temps.
Construisez quelque chose, n’importe quoi. Une école. Un hôpital. Une entreprise. Une démocratie qui tienne plus d’une décennie. Un projet qui ne soit pas une plainte. Une fierté qui ne soit pas une dénonciation. Mais non. Vous avez choisi Israël comme alibi de votre vide.
Car le vrai crime d’Israël n’est pas la guerre. Ni l’armée. Ni la puissance. Ni même la victoire. Son crime, c’est la réussite.
Dans les années 60, Israël était un pays pauvre, fragile, rationné, entouré d’ennemis. Aujourd’hui, son PIB par habitant dépasse celui de la France. Oui, la France, patrie de la leçon morale permanente et de l’impuissance administrée.
Sans pétrole. Sans profondeur stratégique. Sans paix. Sans répit.
Et pourtant : universités, start-up, médecine de pointe, intelligence artificielle, cybersécurité, agriculture de précision, dessalement, biotechnologies, recherche, défense.
Israël ne commente pas le monde. Il le fabrique.
Depuis 78 ans, Israël vit en état de guerre. Et pourtant, il vote. Il débat. Il conteste. Il juge. Il proteste.
Essayez donc : une guerre existentielle permanente et une démocratie vivante. On en reparle.
Mais Israël devrait être parfait, n’est-ce pas ? Car le Juif qui se défend est toujours suspect, et le Juif qui gagne est insupportable.
Qui sont les détracteurs d’Israël ? Des journalistes fatigués. Des universitaires recyclés. Des militants en quête de pureté. Des États qui n’inventent plus rien. Des sociétés qui ne savent plus aimer les leurs. Des élites qui ont remplacé la construction par le commentaire.
Ils ne produisent rien. Ils ne bâtissent rien. Ils ne transmettent rien. Alors ils haïssent.
Parce que la haine coûte moins cher que l’effort. Parce qu’accuser est plus simple que créer. Parce que délégitimer est plus confortable que réussir.
C’est le désir mimétique à nu : on détruit ce qu’on ne peut égaler, on salit ce qui révèle sa propre inanité.
Le problème d’Israël n’est pas sa force. C’est son attachement.
Un peuple attaché à sa terre. À ses morts. À ses enfants. À sa langue. À son avenir.
Un peuple qui s’aime encore — et cela est devenu insupportable dans un monde qui a désappris l’amour du pays.
Car tout commence là.
Ce que vous avez perdu commence par l’amour de votre pays.
Un pays, ça se défend avant de se juger. Ça s’aime avant de se dénoncer. Ça se construit avant de se haïr.
Vous avez inversé l’ordre. Vous avez fait de la distance une vertu, du mépris un diplôme, de la critique une identité, et de la haine une posture morale.
Pendant que vous haïssez, Israël vit. Pendant que vous parlez, Israël fait. Pendant que vous boycottez, Israël invente. Pendant que vous déconstruisez, Israël bâtit. Pendant que vous renoncez, Israël continue.
Israël n’est pas votre problème. Il est votre miroir — et c’est pour cela que vous le brisez.
Parce qu’il vous rappelle, chaque jour, qu’un peuple qui s’aime, qui se tient, qui travaille, et qui refuse de disparaître gagne toujours.
© Paul Germon
