Tribune Juive

Lois et Traditions juives relatives aux dépouilles… Par Thérèse Zrihen-Dvir

LE SOLDAT D’ISRAËL RAN GVILI Z »L

Tant de dépouilles de soldats morts durant leur service militaire, lors des guerres, des conflits armés, ou simplement accidentés, n’ont jamais déclenché un branle-bas aussi excentrique, comme c’est pour le cas des soldats israéliens. La majorité des chefs militaires, des dirigeants d’États, ont rapidement résolu le problème, en érigeant des monuments aux morts…le soldat inconnu etc… surtout lors de la contrainte d’enterrements dans des fosses communes.

Pour le juif, la dépouille d’un soldat mort sur le champ de bataille, ou lors d’un attentat/accident, c’est toute une autre histoire.

Dans la religion juive, les soldats morts en défendant le peuple d’Israël sont considérés avec un grand respect. Ils sont souvent perçus comme étant morts en sanctifiant le nom de Dieu, en protégeant leurs frères. Bien que le judaïsme privilégie la vie, le sacrifice pour la patrie est honoré, et le soldat est réputé pour avoir une âme s’élevant directement auprès de Dieu. 

Les aspects clés de la religion juive concernant un soldat mort :

Le soldat est honoré non pas comme un « martyr » au sens classique, mais comme quelqu’un qui a donné sa vie pour la survie et la sécurité du peuple juif. 

Ce n’est pas sans raison qu’un certain écrivain arabe avait salué Israël pour sa considération, pour l’honneur qu’Israël accorde à ses fils et ses filles sous le drapeau, sous une grimace d’envie…

Mais aussi que dit la religion juive sur la dépouille d’un juif, de tout juif ?

La dépouille mortelle est traitée avec le plus grand respect, considérée comme sacrée car elle a abrité une âme divine. Le corps doit être inhumé rapidement (idéalement dans les 24h), en pleine terre, après une toilette rituelle (tahara) et vêtu d’un linceul blanc simple (takhrikhin) pour marquer l’égalité de tous dans la mort. 

Voici les points clés concernant la dépouille dans le judaïsme :

La dépouille est traitée avec déférence car, selon la tradition, l’âme continue de planer autour du corps jusqu’à l’enterrement. 

Mais aussi, selon le prophète Ezekiel, la résurrection… d’où le besoin du corps complet pour le temps de la résurrection lors de la venue du Messie.

Le prophète Ezéchiel nous livre dans l’Ancien Testament une de ses nombreuses visions, celle saisissante d’ossements ramenés à la vie, une anticipation de la résurrection du Christ riche d’enseignements…

Dans un passage des plus étranges du Livre d’Ezéchiel, le prophète se trouve transporté par la main du Seigneur au milieu d’une vallée remplie d’ossements desséchés. Alors Dieu interroge Ezéchiel : « Fils d’homme, ces ossements peuvent-ils revivre ? « Ce à quoi le prophète répondit : « Seigneur Dieu, c’est toi qui le sais ! » La puissance divine indiqua alors à l’homme de Dieu de prophétiser ainsi sur ces ossements : « Ossements desséchés, écoutez la parole du Seigneur : Ainsi parle le Seigneur Dieu à ces ossements : Je vais faire entrer en vous l’esprit, et vous vivrez. Je vais mettre sur vous des nerfs, vous couvrir de chair, et vous revêtir de peau ; je vous donnerai l’esprit, et vous vivrez. Alors vous saurez que Je suis le Seigneur.  » (Ez 37, 3-6). Alors que le prophète répétait ces paroles, une scène incroyable se produisit : un bruit et une violente secousse précédèrent le rapprochement des ossements qui se couvrirent de nerfs et de chair avant de retrouver leur peau… 

Francisco Collantes (1599-1656), La vision de la vallée des ossements desséchés

C’est pour toutes ces raisons que le juif réclame la restitution des corps… et c’est aussi la cause principale derrière cette course infernale de ramener les otages vivants ou morts pour être enterrés en terre d’Israël, selon le rituel biblique.

Aujourd’hui, le peuple juif d’Israël se sent enfin libéré de son saint devoir en ramenant la dépouille du dernier héros d’Israël, Ran Gvili, que Dieu ait son âme.

Et que le Messie ne tarde pas à venir pour sauver l’humanité entière.

© Thérèse Zrihen-Dvir

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