
L’extraction d’Oron Shaul ז״ל depuis la bande de Gaza en janvier 2025 a stupéfié Israël et le monde entier. Mais de nouveaux détails publiés par « Yediot Aharonot » révèlent que, dans ce cas précis, la réalité dépasse toute imagination. Shaul a été rapatrié en Israël à la suite d’une opération de renseignement exceptionnelle, à laquelle ont participé des représentants du Shin Bet, du renseignement militaire (Aman), du Commandement Sud, des unités d’élite, ainsi qu’un collaborateur palestinien qui a, en fin de compte, sauvé l’opération.
Oron Shaul ז״ל, combattant de la brigade Golani, est tombé au combat entre le 19 et le 20 juillet 2014, lors de l’opération « Bordure protectrice » à Gaza. Les premiers indices ayant permis de localiser Oron sont apparus le deuxième jour de Roch Hachana 2024. Lors d’un raid de Tsahal, un ordinateur saisi comme butin a été découvert ; il contenait une correspondance entre un membre du Hamas et le chef de la branche militaire du Hamas à Gaza, Izz al-Din Haddad. Dans cet échange, le militant du Hamas avertissait Haddad :
« Fais attention, parmi les détenus que les Israéliens ont à l’hôpital Shifa, il y a l’un des nôtres qui sait où se trouve ‘le soldat de rang' », surnom donné à Oron ז״ל.
En Israël, les services de sécurité ont compris qu’un détenu possédait des informations sur l’endroit où Oron était retenu. Après avoir examiné tous les détenus provenant de Shifa, les autorités ont identifié un suspect précis. Celui-ci a été soumis à un nouvel interrogatoire, durant lequel il a nié toute implication. Cependant, après un interrogatoire intensif, il a déclaré qu’un Gazaoui nommé Ibrahim Hilo le détenait.
Selon « Ynet », Ibrahim Hilo était chef de section du Hamas en 2014, mais dix ans plus tard, il travaillait comme commerçant et vivait dans le quartier de Sheikh Radwan. D’après le témoignage du détenu interrogé, Hilo gardait Oron dans l’une des trois boutiques situées sous son immeuble. Une vérification de Tsahal a révélé que des forces israéliennes étaient déjà passées dans ce bâtiment, mais n’avaient pas inspecté cet endroit précis.
Au sein de Tsahal, il a été compris qu’il était impossible de lancer un raid militaire bruyant contre la maison, car il existait une forte probabilité que des otages vivants se trouvent à proximité et puissent être blessés. Il a donc été décidé d’enlever Hilo de manière discrète, sans que son entourage ne sache qu’il avait été capturé, car dans le cas contraire, Oron aurait été déplacé ailleurs.
Les agents israéliens ont convaincu Hilo de se rendre à un entrepôt où il avait l’habitude d’aller récupérer de la marchandise. Parallèlement, une force israélienne se préparait à l’enlever sur place. Toutefois, ce soir-là précisément, Hilo a refusé de se rendre à l’entrepôt. Finalement, il est sorti en direction de l’entrepôt avec son neveu. En chemin, alors que la force israélienne se préparait à l’enlèvement, Hilo a fait demi-tour, est retourné à Deir al-Balah, et le processus de persuasion a dû recommencer.
À la dernière minute, Hilo a accepté et s’est dirigé vers l’entrepôt. À ce moment précis, le signal a été donné à l’unité infiltrée, mais la camionnette destinée à l’opération n’a pas démarré. Après de longues minutes de tension extrême, le véhicule a finalement démarré et la force a réussi à enlever Hilo.
Lors de l’interrogatoire, mené sous une pression temporelle énorme, Hilo ne s’est pas brisé et n’a rien avoué, niant tout lien avec l’affaire. À un stade relativement avancé, il a fini par craquer et a admis :
« Le soldat est chez moi, sous la maison ».
Afin de ne pas mettre en danger d’éventuels otages vivants présents dans la zone, ni les soldats, il a été décidé d’envoyer un collaborateur palestinien au domicile de Hilo. Ce collaborateur s’est rendu seul à la maison de Hilo dans la nuit de samedi à dimanche, entre le 18 et le 19 janvier 2025, quelques heures seulement avant l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. Il est arrivé sur place et a localisé le réfrigérateur, mais a découvert que l’endroit était verrouillé par un cadenas. Il a décidé de rentrer chez lui pour se procurer du matériel de cambriolage, tout en avertissant l’agent du Shin Bet qui le supervisait qu’une tentative de forçage du cadenas en pleine nuit risquait de réveiller tout le quartier.
À Tsahal, il a alors été décidé de bombarder à l’artillerie des zones ouvertes à proximité, afin de créer suffisamment de bruit pour permettre au collaborateur palestinien de briser le cadenas sans être repéré.
Sous le couvert du vacarme de l’artillerie, le collaborateur a brisé le cadenas et exfiltré Oron, qui a été remis aux forces de Tsahal et évacué à bord de véhicules blindés.
© David Germon
