Tribune Juive

Sans rien pour recevoir, rien ne s’allume. Par Nicolas Carras

Un photon peut traverser l’espace pendant des milliards d’années sans jamais rencontrer quoi que ce soit.

Dans le vide, il ne brille pas, il ne « s’allume » pas.

il transporte seulement une quantité d’énergie et une fréquence, comme un message sans destinataire.

La lumière que nous percevons n’apparaît qu’au moment où ce photon interagit avec de la matière — un atome, une surface, la rétine de l’œil. C’est cette rencontre qui déclenche une réaction physique. Un électron change d’état, une molécule s’excite, un signal nerveux naît.

Sans ce support matériel, il n’y a pas de lumière vécue, seulement un flux invisible de particules traversant les ténèbres. L’obscurité n’est donc pas forcément un monde sans photons, mais un monde sans interactions capables de transformer leur énergie en phénomène visible. La clarté n’est pas contenue dans le photon lui-même, elle naît du choc entre son voyage et la matière.

Les ténèbres adviennent quand il n’y a rien pour recevoir. Tout peut être là, l’énergie, les photons, les trajets innombrables à travers l’espace, mais sans matière pour répondre, il n’y a pas de lumière.

La clarté n’est pas une substance autonome, elle est une interaction.

© Nicolas Carras

Nicolas Carras – Créateur (vidéo – son – photo), artiste, poète
https://nicolascarras.wordpress.com/

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